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samedi 9 août 2008

Le don de musée : Mariemont, capitale du don

C'est une réflexion sur le don, que François Mairesse poursuit de livre en livre, et que l'auteur applique ici à un musée qu'il connait bien puisqu'il le dirige, le Musée Royal de Mariemont en Belgique. L'institution s'y prête bien, puisqu'elle a pour origine une riche famille d'industriels, les Warocqué, qui léguèrent à l'État la propriété familiale sous certaines conditions. Auparavant, dans la pure tradition paternaliste du XIXème, les maîtres des lieux avaient conduits une action locale très typique de ces grands patrons éclairés d'alors, qui s'employaient à l'essor de l'activité économique, mais qui œuvraient aussi à l'amélioration des conditions de vie locale.

Cela laisse songeur quand on constate la façon dont le capitalisme mondialisé fonctionne aujourd'hui. Quels sont les équivalents des investissements consentis alors pour le territoire, aménagé d'églises, d'écoles, de maternité, d'hospice, de crèche, d'hôpital et d'instituts de recherches, de chauffoirs, de monuments publiques et d'œuvres d'art... par la philanthropie patronale ? Certes, il ne s'agit pas de nier les effets attendus de cette charité, mais il n'empêche que le mécénat (le plus souvent assorti de contreparties) que les grandes entreprises conduisent de nos jours paraissent bien loin du compte. Plus aucun attachement territorial ne semble prévaloir, et seul demeure l'importance accordée à des emblèmes, si possible les plus prestigieuses, pour y inscrire son nom. Il y a matière à relativiser, et François Mairesse de rappeler que la critique du paternalisme ne saurait réduire l'ensemble des actions alors conduites. Celles-ci ne peuvent s'expliquer que par la profonde conviction en des valeurs humanistes, malgré tout partagées (qui font que, ailleurs, certains patrons vont même être proche du socialisme utopique, disciple d'Auguste Comte, comme Godin par exemple, pas très loin de la région ici analysée à Guise).
Si l'ouvrage de Mairesse donne à penser, c'est aussi sur le processus de constitution des collections, sur les donations et les recommandations du légataire, sur la façon dont les amis de musée vont également donner de leur temps et de leur moyen pour enrichir et faire vivre ensuite le lieu. Il rappelle que le don s'actualise à des niveaux multiples de la vie d'une musée. Bref, c'est un beau cas d'étude, richement illustré, qui en fait un livre d'histoire ancré dans le réel, et porteur de réflexions plus générales.
Le livre est à commander sur le site du musée.

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