CayVpNAT7ml2gRzbwqbd/1MvPCt81BAtirczG/NTy3s= MuséoGraphie-MuséoLogie: juin 2008
La Formation en muséologie :

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Master MEM

dimanche 29 juin 2008

Des sculptures dans le vent


Le Grand Café, Centre d’art contemporain de Saint Nazaire, logé dans un bâtiment central et historique, présente une exposition de Zilvinas Kempinas. Artiste lituanien, vivant et travaillant à New-York, ses sculptures vivantes et poétiques sont d’une grande originalité, elles attrapent le visiteur pour jouer avec son regard, se laissant approcher puis disparaissant quand celui-ci explore la pièce. Jeu d’air, de courant, d’apesanteur, de fluide, de tourbillon, de vent et de vagues, le propos ne peut être mieux exposé qu’à Saint Nazaire, cette ville de bord de mer, au passé tumultueux et chaotique. Jurons toutefois que les sculptures trouveraient leur pertinence également dans d’autres contextes. Musique silencieuse des bandes magnétiques soufflées par un dispositif dont l’ingéniosité n’égale que la simplicité. Ballet de fragilité, intrigante fin qui n'arrive pas, éternel reprise d'un mouvement infini. Jeu de basculement, d’apparition et de disparition, d’effondrement et de renaissance, l’œuvre de Kempinas danse pour nous jusqu’en septembre au Grand Café et à la Galerie des Franciscains. www.grandcafe-saintnazaire.fr

jeudi 26 juin 2008

Le Politiquement correct s’installe au musée



La presse rapporte que le musée de Manchester a dû recouvrir de bandelettes des momies égyptiennes exposées jusque-là dans ses salles. La nudité ayant choqué des visiteurs qui ont réclamé une transformation des présentations. Devant l’émoi des égyptologues, le musée ne sait quelle attitude adopter.
Sans doute nous ne verrons bientôt plus dans nos musées de restes humains sous prétexte de respect et de dignité. Ceci n’empêche pas dans les mêmes temps aux foules de se presser aux expositions de Gunther Van Hagens, ou pire aux clones de cette exposition, comme à Lyon en ce moment (Our body, à corps ouvert), proposition pourtant beaucoup moins ingénieuse.
Selon cette logique, il faudra sans doute retirer un jour tous les animaux naturalisés des muséums, à l’heure du droit au respect du vivant que réclame avec raison les protecteurs de nos amis les bêtes ! Les musées d’ethnologie participent à la tendance à leur façon en restituant des objets de culte aux supposés héritiers pour leur redonner vie. Et quand la religion aura regagné du terrain, on pourra aussi vider les musées d’art sacré et retourner les ciboires sur les autels des églises ou les madones dans les chapelles.
Ne faudrait-il pas un jour admettre qu’un objet de musée connaît, dès lors qu’il est choisi et sélectionné pour entrer dans des collections, un nouveau statut et qu’il perd du même coup son ancienne fonction ? Et qu’une relique, fut-elle sacrée pour certains, n’est plus soumise aux mêmes règles que dans la vie courante, pas plus le corps humain que les objets de croyance. Sans cet axiome, nous nous préparons non seulement à vider les musées, mais surtout à une formidable régression de la pensée des Lumières, qui a permis, rappelons-le, à la science de se développer et aux musées d’exister.

jeudi 12 juin 2008

L’Ange de la métamorphose : Jan Fabre au Louvre


La démarche de confrontation de l’art contemporain et des œuvres, que l’on qualifierait de répertoire en musique, devient de plus en plus en vogue dans les musées de beaux-arts. À tel point que le Louvre développe depuis quelques années, grâce au travail de Marie Laure Bernadac, une démarche originale et à chaque fois stimulante. Après avoir essaimé des interventions artistiques dans les collections permanentes, il s’agit là d’investir une partie d’un département.
Avec la proposition faite à Jan Fabre de se confronter à l’art flamand, le pari est osé d’autant qu’il est ambitieux. C’est un investissement massif avec une multiplication d’œuvres installées dans les espaces les plus secrets, ou dans les salles les plus emblématiques, comme celle des Rubens. L’art contestataire le plus officiel et mondain est ainsi mis à l’honneur. Évidemment, on ne peut s’empêcher de se dire que tout cela soufre d’une cruelle absence de modestie quand on prend la mesure des juxtapositions. L’égocentrisme prétentieux y sévit. Jean Fabre a beau se défendre en affirmant qu’il ne s’agit pas de se comparer aux grands maîtres, et même proposer son portrait en un gigantesque ver de terre, écrasé par le poids de l’histoire. Les signes de fragilité et d’humilité sont multipliés pour signifier cette impossible rencontre, mais il en résulte, malgré tout, un malaise. C’est peut-être du reste le plus intéressant et vraisemblablement l’effet recherché, et pour cela l’opération est réussie. Les œuvres, bien que d’un intérêt inégal, sont souvent très belles, fortes et puissantes, mais ce n’est peut-être pas le plus important ici. Du point de vue muséographique, c’est excitant, intelligent, tant pour la mise en espace et l’accompagnement, et le sociologue se régale des commentaires, des protestations, comme des enthousiasmes démonstratifs des visiteurs. L’évaluation de cette exposition doit être passionnante à faire. Retour au salon, et au scandale qui divise le public, le fait réagir : cela fait passer un courant d’air frais et l’on se dit que le Louvre a bien changé pour que de telles choses soient redevenues possibles. Bravo.

jeudi 5 juin 2008

De la muséologie à la patrimonologie ?


Dans un papier stimulant, intitulé, « L’histoire de la muséologie est-elle finie ? », François Mairesse invite à comprendre les convergences entre muséologie et patrimoine et à les penser dans leur relation à la science. L’auteur s’interroge sur la logique qui conduit à une patrimonialisation généralisée, et aux rôles que les musées assument.
À partir des définitions, d’une revue de la littérature, mais aussi des évolutions contemporaines, ce texte de synthèse cherche à ouvrir des pistes pour la réflexion. S’il y a une imbrication originelle entre les deux champs, patrimoine et musée, il est de moins en simple de penser une autonomie entre les deux, à l’heure où des paysages font objet de classement et d’inventaire, où l’on sauvegarde le patrimoine immatériel, où l’objet peut prendre la forme de maison ou de monument, par exemple dans les musées de plein air. Du reste, les collections peuvent acquérir une vraie valeur de patrimoine, moins par les objets eux-mêmes que par la scénographie signée qui devient emblématique d’une époque. Par ailleurs, les acteurs des monuments historiques réalisent une mise en valeur qui passe très souvent par l’outil exposition et les professionnels des musées pensent et exercent leur mission dans un cadre patrimonial.
Cette évolution nous a conduit du reste, dans la formation dijonnaise, et au vu du devenir de nos anciens étudiants, à ne plus séparer les deux options « gestion et valorisation du patrimoine » et « muséologie et muséographie », mais à les penser désormais conjointement. Les futurs professionnels ayant besoin des deux approches.
Texte à télécharger sur : www.lrz-muenchen.de/~iims/icofom/provocativemairessefrances.pdf

dimanche 1 juin 2008

Trésors anciens et nouveaux de Wallonie


Exposition très belle du point de vue de la scénographie, Ce Curieux Pays Curieux, laisse sceptique au niveau de son discours. Le dialogue entre art ancien et art contemporain est récurrent dans les expositions récentes et les musées d’art, mais laisse parfois pantois le visiteur.
Certes, les questions que se posent les artistes ont une certaine permanence, notamment quand elles sont existentielles : « Que penser de la vie et de la mort ? », « Qui sommes nous ? », « Où allons nous ? », toutefois est-ce suffisant pour justifier tous les rapprochements ? Que Jean-Paul Godart sculpte des croix dans une obsession propre aux artistes d’art brut justifie-t-il de placer sa production aux côtés des objets d’art sacrés, hors de tous énoncés de contexte ? Que des artistes représentent des gens ordinaires, que d’autres s’inspirent du corps, de l’amour, de la mémoire ou de la beauté fait il mieux comprendre ce qui rapproche les artistes contemporains de ceux qui les ont précédés au cours des siècles ?
Que veut nous dire au final Laurent Busine, le commissaire de l’exposition ? Que la Wallonie est riche, inventive, qu’elle a donné le meilleur par ses artistes qui au cours des âges ont su exprimer l’âme de ce pays qui se cherche, auquel on s’attache. Certes, on comprend qu’il y ait besoin d’affermir le sentiment national au moment où il vacille et demeure incertain, en cela la Belgique produit depuis quelques années des expositions très politiques, qui toutes entendent montrer la consistance de ce pays, mais le propos est ici malgré tout un peu pauvre. Les trésors venus de tout le pays se contemplent avec plaisir dans cet écrin muséal, mais le dialogue entre les œuvres n’est pas des plus évidents. A voir au Palais des Beaux-Arts, BOZAR EXPO de Bruxelles.

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