CayVpNAT7ml2gRzbwqbd/1MvPCt81BAtirczG/NTy3s= MuséoGraphie-MuséoLogie: 2010
La Formation en muséologie :

Vous êtes intéressés par une formation initiale ou par la formation continue en muséologie et muséographie ? La formation MEM : Master Expo-Muséographie, en conception des expositions de l'Université d'Artois est faite pour vous !

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ou sur le site de l'Université : (document à télécharger colonne de droite) ou sur ce lien.

Master MEM

jeudi 23 décembre 2010

Les démons de l'orient : l'histoire en spectacle

Le musée d'Orsay propose une exposition Jean-Léon Gérôme. Exposition assez classique dans son mode d'approche, puisqu'on n'y éprouvera guère de surprise sur le plan scénographique, ni même muséographique. Le discours tenu est assez attendu, mais cela n'empêche pas de se régaler de peintures. Souvenir d'une époque où le peintre sait peindre, même s'il met déjà son art au service d'une production un peu suspecte, ne regardant guère aux compromissions, les oeuvres longtemps honnies de Gérôme sont souvent saisissantes, notamment les oeuvres rapportées d'un Orient lointain. Ces peintures ont construits les imaginaires occidentaux autant qu'elles s'en sont nourries. Certes, les périodes font osciller le peintre dans des directions très diverses, en renouvellent le style, et le font parfois flirter avec l'opportunisme. On regrettera le peu de discours contextuel proposé par les concepteurs de l'exposition, car si la critique des contemporains est effleurée, elle n'est guère mise en lumière par une explication des enjeux. Au visiteur de se débrouiller pour mieux comprendre ou pour seulement contempler.

samedi 18 décembre 2010

Yes is more

Superbe exposition originale à Arc en rêve à Bordeaux sur l'agence BIG, jeune agence danoise, des plus extraordinaires par les propositions faites depuis 2005. Incroyablement prolixe, dévoreuse de projets, boulimique d'aventures, l'agence impressionne par sa capacité à inventer et rebondir. L'exposition présentée sous forme de BD polar est des plus réussie, elle captive et plaît à tout public, ce qui est une performance pour une exposition d'archi. Les superbes maquettes permettent de faire des allers-retours entre la frise constituée de vignettes, de documents et de films, et la visualisation en 3D. Trente maquettes, 130 mètres de longueur d'un ruban qui déroule un fil que suit le visiteur lecteur avec étonnement. Chaque projet est présenté comme une aventure, et on se prend au jeu de savoir comment cela va finir, et souvent cela finit mal, du moins sans réalisation réelle. On comprend mieux ainsi les espoirs et douleurs de ce métier.

L'exposition est à visiter jusqu'au 19 décembre, dommage qu'elle ne dure pas davantage, c'est extrêmement convaincant, espérons qu'elle itinéraire ensuite.

mercredi 15 décembre 2010

Concepts clés de muséologie

En attendant un menu plus copieux avec Le Dictionnaire de muséologie à paraître en avril prochain chez Armand Colin, voici Les Concepts clés de muséologie, produit par le comité de l'ICOM : l'ICOFOM, sous la direction d'André Desvallées et François Mairesse. Ce petit recueil distribué à l'occasion de la Conférence générale du Conseil international des musées de Shanghai en novembre dernier regroupe 21 concepts clés rédigés par neuf auteurs. Bien évidemment des impasses sont faites, dans un premier temps, mais le professionnel comme l'étudiant en muséologie pourront déjà trouver matière pour engager la réflexion sur l'évolution du secteur avec des notions aussi différentes que Architecture, Collection, Communication, Education, Ethique, Exposition et bien d'autres entrées...

Possibilité d'en trouver une version préparatoire ici :

dimanche 12 décembre 2010

Indépendances !

Exposition dense aux dires de la conceptrice de l'exposition ! Effectivement elle parait si riche à première vue qu'il existe un risque de s'y perdre, mais au final, le visiteur entre dans le sujet, se passionne et se laisse envoûter. Car c'est une exposition qui s'apprivoise, qui demande à être approchée avec une certaine lenteur pour entrer dans son propos et comprendre son cheminement. Ce n'est pas là une de ces expositions que l'on peut traverser distraitement, soit on s'y applique et on l'apprécie, soit elle nous échappe. Il faut dire que le sujet est complexe : croisement de l'histoire belge dans son rapport à sa colonie congolaise et de l'histoire des indépendances africaines. Le lien de la Belgique au Congo est douloureux mais aussi fait de joies partagées, de beaucoup d'affections et de liens durables. Ainsi, il est étonnant de constater combien les visiteurs sont impliqués, combien ils se sentent concernés par cette histoire. Combien les membres de la communauté congolaise s'y rendent avec attention. C'est la chance du musée de Tervuren que d'entretenir une relation privilégiée avec des publics que tout devraient séparer. Celui des férus d'ethnographie, mais aussi des descendants de colons comme des membres de la communauté congolaise. Plus qu'ailleurs, le musée joue ici son rôle de médiateur et de "raccommodeur" des souffrances passées.

L'exposition adopte un discours politique, mais aussi social et culturel, en mêlant dimension historique, regard artistique subjectif et documentaires sous forme de témoignages.
Indépendance TchaTcha en est le fil rouge, par ici un avant-goût !

A voir avant le 9 janvier 2011.

mercredi 8 décembre 2010

S'envoler les pieds sur terre

Le FRAC Lorraine propose une exposition assez audacieuse dans ses intentions, interroger la relation de l'art contemporain à la religion. Qu'est-ce que les artistes contemporains peuvent bien avoir à dire de la religion ? Il ne s'agit pas ici de montrer Jean-Paul II écrasé sous une météorite comme nous y avait habitué Maurizio Cattelan et c'est bien dommage ! Ce ne sont pas non plus les Christs entortillés comme des guimauves à la Wim Delvoye, non plutôt une réflexion assez sérieuse sur la religion et qui peut prendre des formes assez surprenantes. La vidéo de Cristina Lucas cassant une énorme statue de Moïse à coup de massue est évidemment provocatrice et spectaculaire. Certes, Moïse appartient aux trois religions du livre, mais le vieux cornu est quand même très connoté judaïsme, et l'artiste aurait eu encore plus de courage en massacrant Mahomet, mais c'était prendre de plus gros risques ! Car le propos de l'artiste est de dénoncer la place faite aux femmes par ces figures d'un Dieu patriarche et macho. C'est très bien, mais il va falloir plusieurs masses à la fois. L'exposition n'est pas toujours convaincante, mais elle a le mérite de nous faire redécouvrir un lieu fort agréable, assez incongru pour un FRAC, aménagé à l'époque dans un hôtel particulier par Jean-François Bodin.

samedi 4 décembre 2010

REHAB, l'art de re faire

Belle exposition sur le recyclage utile à la production des oeuvres, inspiration pour des éco-artistes. Belle exposition dont nous ne vous montrerons rien, puisque la photographie y est interdite comme il en est toujours à l'Espace Electra. Stupide attitude de vouloir maîtriser la communication en empêchant les visiteurs de s'approprier l'exposition par la photographie à l'heure de la circulation généralisée des informations. Pourquoi d'ailleurs y permettre le dessin et le croquis et pas la photographie ? Bref, nous ne devrions même pas parler de cette exposition puisque les commissaires ne veulent pas que des tiers la montrent, mais en même temps c'est une petite exposition intéressante qui fonctionne en trois chapitres. Le premier traite des oeuvres produites avec les matériaux recyclés, le second traite d'une réflexion verte au travers de leur production, et le troisième allégorise le déchet pour le faire disparaître dans autre chose, plus conceptuel. Nous avons particulièrement aimés les oeuvres de Pauline Bastard, Eva Jospin ou Lucie Chaumont. Les cartels ne sont pas très fonctionnels pour lire les oeuvres, mais ils ont l'avantage d'être très complets et explicatifs et leur graphisme original. Mais nous ne vous les montrerons pas non plus !

A voir jusqu'au 20 février à l'Espace Fondation EDF , 6, rue Récamier / 75007 Paris

mardi 30 novembre 2010

It's Fun To Work at the New MFA !

Il fallait oser faire un clip sur la rénovation du musée de Boston, mais bon cela donne un coup de jeune assurément. Regardons plutôt la vidéo ! En attendant la visite...



dimanche 28 novembre 2010

Chut ! Voici Bruits

Toujours aussi fabuleuse, comme des tours de prestidigitation conceptuelle, les expositions du MEN nous laisse à chaque fois pantois. Cette nouvelle exposition Bruits, premier volet d'une trilogie sur le patrimoine immatériel, n'a rien à envier aux excellents exercices précédents présentés au MEN. L'équipe sait se renouveler tout en creusant le même sillon et les questions lancinantes qui l'animent : l'objet, sa mémoire, sa conservation et son usage, sa récupération ambivalente... Il ne faut pas trop en dire, juste qu'il y est question de coquillages, de conques ultra-marines, de caisses, de périscopes, d'industries, de déserts et de festivals ! Il y est question aussi de contrôle, de mesure et de patrimonialisation. Et de bien autres choses. Les explorateurs du son y sont célébrés. Avec l'énoncé de ce bric-à-brac, nous espérons faire comprendre qu'une prouesse de conceptualisation tient le tout et structure un propos des plus cohérents. Comme toujours, et c'est là une force qui s'inscrit de manière de plus en plus évidente au fur et à mesure des expositions, la muséographie et la scénographie sont étroitement orchestrées, à un point rare dans le monde des expositions. Le talent de Patrick Burnier est, une fois de plus, à souligner. Bref, à voir de toute urgence. Ce que nous avons fait avec les étudiants de muséo, qui en sont revenus comme toujours bluffés !

A voir jusqu'au 15 septembre 2011.

samedi 27 novembre 2010

Les manuscrits de la discorde

Michel Guerrin dans Le Monde daté du 25 novembre revient sur la question des restitutions au travers de l'exemple des manuscrits coréens détenus par la Bibliothèque Nationale de France depuis qu'ils ont été pillés par la marine française en 1866. Depuis des années, la Corée du Sud demande la restitution de ce qui est considéré en Corée comme un trésor national. Nous avions compris la portée symbolique, mais aussi la charge émotive qui entourait cette demande de restitution et l'attachement à ces biens lors d'un voyage en Corée il y a deux ans, plusieurs personnes s'en étant alors émus. Qui connaît vraiment ces manuscrits en France ? Est-ce une raison pour que Nicolas Sarkozy promette une restitution en marge d'un sommet ou entre deux négociations commerciales, sans même prendre l'avis des experts ? (Le Monde du 13 novembre). Jack Lang peut bien inventer une distinction entre patrimoine universel et bien entrant dans le domaine de l'identité nationale (tribune du 18 novembre), tout cela est assez fumeux (autant que cette notion même d'identité nationale !!), comment et qui fera la distinction entre les biens détenus par les musées ? Il serait plus raisonnable de prendre en compte la situation et de se demander si ces objets ne seraient pas mieux conservés et mieux valorisés par un pays qui, bien qu'équivalent à la France en nombre d'habitants se trouve être bien plus riche, et donc mieux doter pour entretenir son patrimoine... Longtemps l'argument de la conservation a été mis en avant pour s'opposer aux restitutions, les musées non occidentaux n'étant soit-disant pas assez bien dotés... Cet argument était dangereux, aujourd'hui il s'inverse. Les musées sud-coréens sont non seulement magnifiques, mais ils sont fréquentés par la population, et surtout la jeunesse, comme nul musée européen... Bref, l'affaire est loin d'être simple... Ne faudrait-il pas condamner les restitutions dont on voit bien la boite de pandore qu'elles ouvrent et en même temps prendre la mesure de cette demande ? La solution du prêt est évidemment très contestable par son hypocrisie, mais ce n'est peut-être pas idiot. Après tout en classant le patrimoine comme mondial justement, il est affirmé qu'il appartient à tous, et par conséquent tous sont susceptibles de l'entretenir. Ne faudrait-il pas proposer que ce soit le projet de valorisation proposé qui décide de celui qui va le mettre en oeuvre ? Car depuis 1866, qu'est-ce que la France a fait pour ces manuscrits ? Nous ne doutons pas que la Corée dispose d'un meilleur projet...

dimanche 21 novembre 2010

Citoyens ! A nos portes-monnaies !


Le Musée du Louvre conduit une campagne de collecte de fonds pour acquérir un tableau de Lucas Cranach absolument superbe : Les Trois Grâces. Ce n'est pas là, une oeuvre de plus, c'est un joyau absolu. Allez constater de vous même sur le site. Bref, nous sommes pour un mécénat populaire qui fasse vivre cette union indissoluble entre un peuple et son musée, celui de la Nation, ouvert généreusement à la planète entière. Mais bon, il y a quand même des limites, espérons qu'ils ne l'enverront pas après à Abou Dhabi... (quoique, cela ne serait peut-être pas idiot d'envoyer quelques nus pour les décoincer !) Revenons à notre sujet, c'est bien de revivifier ce qui était courant à la fin du XIXème, les souscriptions pour les arts, ce qui nourrit ainsi un débat et une attention dans la population. Nous avons jusqu'à fin janvier pour donner, rappelons-nous que la déduction des impôts est dans ce cas très importante. Par exemple, si vous contribuez à hauteur de 200 euros, vous ne donnez en réalité que 66 euros... Allez un petit geste pour les fêtes, offrez-vous un atome de Cranach ! Vous ne le regrettez pas !

samedi 20 novembre 2010

Pratiques d'évaluation au musée

Nouveau volume, le sixième, d'une collection qui se complète progressivement et sûrement. Cet ouvrage, conçu par Nathalie Candito, chargée d'évaluation au sein du musée des Confluences, et épaulé par Corinne Allainé, s'avère un outil très précieux. En s'appuyant sur une démarche empirique, à partir des multiples enquêtes conduites dans le musée, l'auteure propose une formalisation théorique et méthodologique aisément transposable pour les autres sites. Les diverses méthodes sont présentées et illustrées par des exemples et des synthèses très pragmatiques sont faites pour bien faire comprendre les démarches. Demeure la nécessité de mettre en oeuvre l'évaluation pour se l'approprier, mais cet ouvrage vient combler un manque certain sur le domaine. Nous avions pour projet avec Joëlle le Marec d'un tel ouvrage depuis longtemps, mais le temps nous a manqué pour le réaliser, nous sommes heureux de voir ce projet enfin concrétisé avec un apport de qualité. Les illustrations très plaisantes de Rose Poupelain agrémentent la lecture. La bibliographie, certes incomplète, mais on comprendra qu'il est impossible de citer tout le monde, permet au lecteur qui le désire d'aller plus loin.


Plus d'information sur le site :

mardi 16 novembre 2010

Le CICSTMSEAONN on adore !

Quelle réjouissance que de voir les médiations développées au musée s'inspirer du théâtre de rue, car cela fait immanquablement penser aux univers décalés que produisent les compagnies les plus farfelues. Pour l'exposition Dans l'Ombre des dinosaures, au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris Les Chevreaux suprématistes, équipe d'artistes inspirés, que nous avions déjà remarqué lors de l'exposition Bêtes et Hommes à la Grande Halle, ont conçu des petites vidéos adorables. Il est rare que l'humour soit utilisé dans les expositions en France, et la veine fait plutôt penser à ce que l'on peut désormais appeler "une tradition" du muséum de Neuchâtel. Avec CICSTEMSEAONN, on rit et cela égaye une exposition qui serait sans quoi un brin austère. Car l'exposition est belle mais étonnante avec ses partis pris scénographiques très différents selon les espaces thématiques. Notons que l'on retrouve sur le site internet fort bien fait, les jeux déployés dans l'exposition pour poursuivre ou retrouver les plaisirs de sa visite. On pourra même y retrouver les fameux films intégralement.


samedi 13 novembre 2010

Wim Delvoye en fait trop

Incroyable Wim Delvoye qui après ses cochons tatoués et autres machines à merde (voir Cloaca n°5 présenté à Montréal en janvier 2009 et relaté dans nos anciennes chroniques), ou sa bétonneuse en bois sculptée présentée ce printemps au Grand Hornu, adore nous surprendre encore en proposant une "revisitation" des églises baroques. Ses cathédrales ne sont pas en allumettes, mais elles rivalisent dans le détail évoquant tour à tour les travaux des compagnons (ses prouesses ne démériteraient pas au musée des compagnons de Tours), l'art populaire ou tout simplement la folie d'un maniaque mégalomane. Car la performance du détail répond à l'excessif, puisqu'il installe un clocher de 16 mètres de haut en terrasse du musée des Bozar de Bruxelles. Mais ce que nous avons le plus aimé ce sont ses christs tourbillonnants, d'une grande beauté, tant en dessins qu'en sculptures, évoquant tant l'ADN que les colonnades de Saint Pierre de Rome. Christs en série aux allures mécaniques qui viennent tournoyer comme des nageurs infatigables ou des derviches tourneurs !

jeudi 11 novembre 2010

La Teuf au Bozar

Soirée spéciale avec DJ, lasers et boissons énergisantes mercredi soir, au Bozar. La jeunesse danse et s'amuse tout en visitant les expositions, notamment celle de Gilbert et Georges. Grande et magnifique exposition rassemblant près de 85 oeuvres parmi les plus récentes. Kaléidoscopes chargés de multiples couleurs et de références à la perfide Albion. Ce qui compte ce sont les performances qui se jouent devant les toiles, les mariées affolées, la bizarrerie de ce moment particulier quand le musée se transforme en boite de nuit et que l'ivresse emporte l'art dans des sidérations médusées. S'agit-il de mieux voir ? Est-ce là la démarche permettant de sensibiliser la jeunesse dorée bruxelloise aux exigences artistiques ? Plus simplement est-ce ainsi assumer le musée comme lieu de vie et de débordement possible ? L'affaire est-elle tout simplement rentable à huit euros l'entrée plus boissons indispensables aux rythmes de la transe ? Peu importe le succès assuré de l'opération montre que le lieu d'exposition s'affranchit de ses anciennes pesanteurs conservatrices pour s'inventer un peu plus chaque jour.

dimanche 24 octobre 2010

SOS pour les musées !

On le murmurait, mais on n'osait y croire, le musée de l'Assistance publique et des Hôpitaux de Paris est menacé de disparition. Ce lieu qui a présenté de fort belle exposition par le passé n'aurait plus les moyens d'exister et serait condamné à disparaître, ou du moins à n'exister que sporadiquement, pour les groupes où à l'occasion des événementiels. Ainsi Paris verrait disparaître un des rares lieux qui a une approche de type musée de société. Car on les compte sur combien de doigts les lieux parisiens qui proposent des expositions qui ne soient pas dans le registre de l'esthétique ? Le musée de l'assistance publique est un lieu trop méconnu, alors qu'il recèle non seulement des collections, mais aussi des ressources pour conduire des actions et des sensibilisations essentielles, à l'interconnexion entre social et culture. Espérons que ce ne soit pas le signe annonciateur d'une longue série de coupures budgétaires qui président à la fermeture d'établissement...

jeudi 21 octobre 2010

La Galerie pour enfants du muséum

Nouvel espace pour les petits parisiens au Muséum national d'histoire naturelle de Paris tout récemment inauguré. La Galerie pour enfants présente la biodiversité urbaine au travers de manips ingénieuses et d'une scénographie signée par Pascal Payeur d'une grande qualité. Le parcours de la ville à la jungle est très bien organisé, car le propos tenu, au travers d'audiovisuels et d'informations sous forme de jeux, mais aussi de textes plus classiques, est particulièrement convainquant. Un travail impressionnant quant on sait la difficulté à concevoir des manips et espaces pour enfants. Avec les lieux rénovés de la Cité des sciences et la mezzanine pour enfants, mais aussi le lieu pour les adolescents, au Centre Beaubourg, les familles parisiennes sont choyées, et n'auront plus de raison de jalouser les londoniens ! Reste au musée d'art à proposer à leur tour des formes dédiées arrivant à ce niveau de qualité.

mardi 19 octobre 2010

Le musée Carnavalet pris la main dans le sac

Bon certains trouvent ça beau, c'est une histoire de goût, mais faut-il aller jusqu'à exposer ces breloques au musée ? On avait vu des motos au musée Guggenheim, voilà que l'on peut voir des sacs Vuitton au musée Carnavalet. Certes, on pourra toujours rétorquer qu'il y a là matière à montrer la longue épopée d'un capitaine de l'industrie du luxe, depuis l'antique valise au petit sac de midinette se prenant pour une star. Les chinoises en raffolent. C'est sans doute pour cela d'ailleurs que Vuitton était déjà à l'honneur dans le Pavillon de la France à l'exposition de Shanghai. Toutefois, on peut se demander jusqu'où on ira dans la promotion des marques dans des musées qui se veulent également des marques ? Faudra-t-il que tous les produits défilent dans les lieux les plus consacrés pour sensibiliser les généreux mécènes aux institutions (encore un peu) culturelles ? N'y a t-il pas d'autres choses à dire sur l'histoire de Paris et de ses habitants ?

mardi 5 octobre 2010

Cacher cet ado que je ne saurais voir

Que faut-il penser de l'interdiction d'accès au moins de 18 ans édictée par la mairie de Paris pour l'exposition Larry Clark au musée d'art moderne si ce n'est que cela est assez pitoyable ? Quoique l'on puisse penser du caractère artistique ou documentaire de certaines des photographies en question, ce qui frappe c'est la prudence en forme de concession aux lobbies les plus réactionnaires. Certes, il y a eu les précédents du CAPC de Bordeaux et l'interdiction de la BNF faite aux ados de visiter ses enfers. Prendre les devants, c'est non seulement donner satisfaction, mais ouvrir la porte aux plaintes et exigences à venir, y compris les plus contestables. Cette décision en dit long sur une époque où l'hypocrisie regagne du terrain à grands pas. Au nom d'une pudeur stupide, puisque les adolescents représentés sont au final bien sages au regard des moeurs sévissant dans certaines catégories de la jeunesse actuelle. Heureusement, comme toujours l'interdiction a des effets inverses au but recherché, et c'est ainsi lui faire une grande publicité. Ce sera sans doute inciter aussi les jeunes à se précipiter sur internet pour découvrir l'artiste ! Est-ce là une forme de médiation originale ?!

dimanche 3 octobre 2010

Nuits Blanches à Paris

S'il faut retenir qu'une seule oeuvre des Nuits Blanches 2010, citons celle-ci. Car il s'agit d'une belle immersion dans une image envoûtante, elle est proposée par Zhenchen Liu, et est intitulée tout simplement Kaléidoscope. L'artiste chinoise distille de manière éphémère et subtile des icônes de la Chine, issues de la culture traditionnelle ou de la culture populaire, telle la figure du Bouddha, de Mao ou les dernières starlettes des concours de beauté. Bien installées au centre du motif, ces figures démultiplient dans une ivresse géométrique les illusions du spectateur. Car rien n'est visible au premier regard, ni même au second, on ne voit d'abord que des formes géométriques, certes très belles et hypnotisantes, dans la plus pure abstraction, et ce n'est que par une attention soutenue que l'on comprend que s'y cachent quelques figures concrètes. Les médiateurs répartis dans la Maison des métallos où est présentée cette proposition s'amusent d'attirer le regard du visiteur pressé.

mardi 28 septembre 2010

Musées hors les murs/ Allers retours

Le musée de Grenoble et la DRAC Rhône-Alpes organise le mardi 28 septembre une journée de réflexions sur les musées hors les murs, où du moins sur les actions des musées à l'extérieur de l'enceinte traditionnelle de l'institution. Récits d'expériences, analyses, débats, pour comparer les différentes démarches en ce domaine. Il s'agira de réfléchir sur les attentes des professionnels et les effets induits par les actions culturelles conduites. Actions auprès de la population où elle se trouve, en allant à sa rencontre, dans les quartiers, les hôpitaux, les prisons, les écoles, et mieux comprendre ce que cela modifie dans les représentations de l'institution.

lundi 27 septembre 2010

Les Mises en scène de l'histoire

Dans cet ouvrage, issu de son travail de thèse (dirigée par Patrick Baudry), Dominique Trouche s'intéresse à la mise en communication des sites historiques, plus particulièrement dédiés aux guerres mondiales. Sujet sensible, car il est difficile de montrer la guerre, la mort, et souvent l'horreur, l'objet demande un traitement particulier. L'auteure observe comment des choix sont opérés selon les lieux et les transformations de ceux-ci, quand l'objectif de mise en tourisme remplace le lieu de mémoire où commémoratif. Jusqu'où peut-on aller dans la recontextualisation, la mise en spectacle, où même l'expérientiel, cette nouvelle tarte à la crème muséographique, pour mieux sensibiliser les visiteurs ?

mercredi 22 septembre 2010

Claude Monet sur Ipad

Les musées sont à la pointe ont le sait ! La RMN se devait pour cette grande exposition rétrospective de l'oeuvre de Claude Monet aux Galeries nationales du Grand Palais de marquer le coup en proposant son appli ! L'Ipad est évidemment idéal pour développer en toute synergie les médiations mêlant reproduction, images, textes et vidéos. Toutefois, malgré le caractère innovant de la chose, nous demeurons un peu sur notre faim, car finalement nous avons là un catalogue d'expo, où l'on peut agrandir les images, et ce n'est pas rien, car la qualité demeure très bonne, et voir les détails réservent de belles surprises. Les textes peuvent être agrandis également, évidemment, ce qui donne un plus. Mais cela demeure malgré tout dans sa texture d'un grand classicisme. Pourquoi avoir fait une appli, plutôt qu'un Ibook ? Trois vidéos avec deux interviews, l'une de Guy Cogeval, Président des musées d'Orsay et de l'Orangerie, l'autre de Richard Thomson, professeur historien de l'art et un diaporama sur l'évolution des toiles, avec un système ingénieux par tâches (mais un peu lassant), introduisent au catalogue, qui ensuite demeure assez sage. Nous aurions pu envisager un peu plus d'innovations, avec des compléments sur l'époque, des archives, des liens à d'autres sources, et même la possibilité de prendre des notes... Enfin ne boudons pas le plaisir de voir se développer toutes les formes de médiation.

Pour un aperçu, voir la vidéo de démonstration, proposé par un internet sur You Tube.

mardi 14 septembre 2010

Mobilités sens et formes

Belle exposition du Centre national de création musicale, ou GRAME de Lyon, présentée au Taipei Fine Arts Muséum. Ce lieu plutôt habitué à accueillir de grandes expositions internationales selon le modèle du capitalisme international appliqué aux musées, puisqu'il s'agit souvent d'expositions clés en main louées à de grandes institutions occidentales pour s'assurer de produits rentables, fait ici un pas de coté et montre une petite exposition sympathique organisée avec l'aide de l'Institut Français de Taipei. Mêlant danse, donc le mouvement, sons, images, formes, le propos traverse le champ de l'art et de la science, des techniques aux services de l'émotion sensorielle, des musiques électroniques qui investissent des espaces, des projections heurtant nos représentations communes. Chaque oeuvre produit sa propre appréhension visuelle qui vient trouver des répercussions dans les compositions musicales choisies en correspondance. Des propositions originales signées entre autres par Thierry de Mey, Pierre Alain Jaffrennou, Robin Minard ou encore Joëlle Bouvier et Régis Obadia...

lundi 13 septembre 2010

Musée-Oh! L'actu en Muséologie



Saluons un blog en muséologie conçu par Claire Casedas, doctorante en muséologie, qui anime un nouveau rendez-vous depuis mars dernier et que nous venons de découvrir, avouons-le ! Claire nous avait caché ça ! Actualités, musées insolites, reportages, actualités des expositions... Très bien conçu et très complet, bravo, nous avons plaisir à relayer l'information, tant nous sommes certains que plus nous serons nombreux à nous intéresser à la muséologie et à débattre d'idée, plus la recherche et l'émulation sera forte, et plus les musées seront passionnants. Sujets d'actualités comme le créationnisme aux Etats-Unis, conférences, séminaires comme ceux d'Agnès Callu de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes de Paris, ce blog ne néglige rien et propose même une Web-TV sur les musées ! Nous sommes bleuffés ! Souhaitons longue vie à ce blog.

dimanche 12 septembre 2010

Pour la rentrée des classes : le nouveau Gob et Drouguet

Si vous entreprenez des études en muséologie où si plus simplement vous travaillez ou aimez les musées, il vous faut le manuel de muséologie concocté par André Gob et Noëmie Drouguet, tous deux enseignants et chercheurs à l'Université de Liège. Cette troisième édition du manuel prouve à la fois son succès et son utilité. Edition largement remaniée, corrigée, et complétée, elle vient combler un manque certain en la matière. Parce que les deux auteurs sont d'insatiables amoureux des musées, qu'ils visitent goulûment, ils réservent par conséquent de nombreux ajouts, compléments et nouveautés pour chaque édition. C'est une excellente entrée en matière pour ceux et celles qui s'intéressent au sujet, et de nombreuses pistes et références en font un précieux instrument pour le chercheur. La grande culture des auteurs leur permet de signer un ouvrage aussi dense qu'incontournable.

mardi 7 septembre 2010

Mémoire... du musée de la Civilisation

C'est effectivement une mémoire du musée de la Civilisation, mais plus largement de la muséologie du Québec qui s'en va avec le décès de Roland Arpin, premier directeur du musée. L'ouvrage de réflexions qu'il avait publié, comme ses conférences, témoigne de son actualité pour la muséologie.
Plusieurs publications ont été réalisé, signalons celle de Généviève Sicotte, Francine Seguin, Laurent Lapierre aux Presses de l'Université du Québec. De même, l'ouvrage récent publié sous la direction d'Yves Bergeron et Philippe Dubé intitulé Mémoire de mémoires, au sujet d'une exposition oh combien fondatrice du musée de la Civilisation vient témoigner de l'importance de Roland Arpin dans la muséographie québecoise, et plus largement francophone.


lundi 30 août 2010

Expo Shanghai 2010 : Le meilleur de l'expo !

Les expositions les plus intéressantes à visiter pendant l'exposition de Shanghai sont sans conteste les cinq expositions thématiques :
- Le Pavillon du futur
- Urbanian Pavillon
- Pavillon of Urban Planet
- Pavillon of City being
- Pavillon of Footprint
Ces expositions thématiques sont à la fois impressionnantes par leur grandeur et par leur contenu. Un vrai travail de recherche muséographique sur la ville sous tous ses aspects s'y exprime au travers d'une mise en scène spectaculaire qui donne du sens, voilà de quoi ravir. Si le visiteur veut s'attarder intelligemment sur les questions urbaines, il a là de quoi se rassasier ! Il faut prévoir deux à trois heures pour chacune d'entre elles, tant on y prend du plaisir. Nous avons particulièrement apprécié les trois premières, avec des informations souvent surprenantes et astucieusement présentées. Ainsi l'Urbanian Pavillon, qui met en scène cinq familles du globe pour comparer les modes de vie, est très convaincante. Mieux ces expositions ne sont pas les plus visitées, et on peut donc les voir dans d'excellentes conditions. Remarquable travail qu'il ne faut louper sous aucun prétexte. A elles seules, elles méritent le déplacement.

jeudi 26 août 2010

Expo Shanghai 2010 : Ca marche le commerce ?

Tous les pavillons nationaux n'ont pas la classe de l'Angleterre, ou l'humour des Pays-Bas, de la Suisse... Tous ne sont pas des militants de la cause environnementale ou portés à exalter la biodiversité, à la manière de la Nouvelle-Zélande, qui se présente comme un pays jardin. Nombreux sont ceux qui confondent une exposition universelle dédiée à la réflexion sur la ville avec un salon de promotion touristique. Certes, la chose n'est pas surprenante. Enfin, il y a ceux qui en font une tribune politique, nous avons vu le cas des Etats-Unis, mais pire il y a les représentants de commerce. La France, avec ses bétons, l'Italie avec son design, la Finlande avec ses téléphones (même si la promotion est ici dans un très bel écrin) qui semblent venir pour engranger des contrats de vente ! Ainsi, il n'est pas très enthousiasmant non plus le Pavillon de la Suède qui nous sert toutes la gamme des produits Ikéa. Le début commence bien avec de superbes photos faisant alterner le regard, on les informations sur les transports... Mais ensuite... on aurait pu s'attendre à autre chose de la part d'un pays qui met le développement durable au devant de ses préoccupations que d'hésiter entre la foire commerciale et le parc d'attractions, quand il ne fait pas les deux à la fois. Ainsi les enfants s'amusent bien sur les balançoires et les toboggans, mais franchement... "Better City, Better Live", le thème de l'expo, pour s'en souvenir...

mercredi 25 août 2010

Expo Shanghai 2010 : l'Allemagne est-elle trop gourmande ?

S'il y a un reproche à faire au Pavillon de l'Allemagne c'est d'être trop plein ! En voulant trop en mettre, l'Allemagne pêche par excès. Car tout y est, à la fois la promotion touristique, le ludique digne des parcs d'attractions, l'information la plus sérieuse sur les efforts en matière de développement durable, la promotion des entreprises, les arts et la culture, et pour finir un show des plus ridicules. Si on excepte la salle de spectacles dont on se serait volontiers passée, le reste est très bien fait. Le problème est qu'à vouloir trop en mettre on s'y perd un peu, mais ne soyons pas trop sévère le pavillon est quand même très réussi. Il y a plein d'idées intéressantes, des tonnes d'informations, ce qui est une gageure dans un tel contexte. Le choix de ne pas choisir un axe fort est peut-être dommage, mais au moins il y en a pour tous les goûts !

mardi 24 août 2010

Expo Shanghai 2010 : Ma petite sirène

Parlons un peu d'un pavillon émouvant : celui du Danemark qui sait conjuguer sérénité, plénitude, engagement et humour. Le seul pavillon que l'on peut visiter en vélo avec une vraie piste cyclable ! Ils ont du bien s'amuser à concevoir ça ! Et puis cette belle entrée avec la petite sirène, évidemment, bien recontextualisée, seule, toute proche et en même temps lointaine, dans un faux calme alors que la foule l'enserre... Nous avons surtout aimé le film sur son déplacement qui l'a fait voyager jusqu'à Shanghai. C'est simple et attendrissant. Mais le pavillon n'oublie pas non plus de renseigner simplement avec des faits surprenants et marquants. Ainsi savez-vous que le Danemark compte plus de vélo par habitants que la Chine ? 0,83% bicyclette par habitant pour 0,32 en Chine ! Impressionnant non ? L'architecture est très belle, la circulation efficace. Le Pavillon sait accueillir les visiteurs pour leur donner malgré le contexte d'affluence un moment de calme et de repos paisible, mais aussi de surprises et de jeux, notamment en terrasse avec les jets d'eaux adorés des enfants, évidemment. Tout le contraire du Pavillon du Japon ! C'est l'état d'esprit d'un pays qui s'exprime par son pavillon, le Danemark a réussi son coup.

Expo Shanghai 2010 : Et Les Etats-Unis ?

Etonnante superpuissance qui ne se rend pas compte de son ridicule ! D'abord, le Pavillon des USA range les personnes en lignes pour les faire rentrer dans le pavillon, façon originale de gérer les foules, pourquoi pas. Ensuite, le public entre en masse, mais pour attendre une séance collective, d'une projection sur des écrans ridicules et mal positionnés d'un film qui pourrait très bien être diffusé en continu, sans arrêter ainsi le flux des visiteurs. Car l'audiovisuel est certes sympathique, mais il ne nécessite aucunement une contrainte de temps, tout cela pourrait être mis en boucle. Bref, première erreur. Autre option, qui rend compte d'une absence de réflexion sur la gestion des flux, le fonctionnement en séances (choix de beaucoup de pavillons présentant un show, du reste plus ou moins réussi). Evidemment, cela crée des bouchons et des problèmes de circulation. Plus grave, le contenu pour les USA est des plus affligeants, la voix de l'Amérique est d'abord portée par Hilary Clinton, puis par Barack Obama, pour une déclaration totalement déplacée en ces circonstances, sur l'amitié des deux pays. Les deux discours très langue de bois ressemblent plus à une déclaration diplomatique qu'à autre chose, avec en sus une leçon de responsabilité donnée à la Chine face au monde ! Seul le Colonel Kadhafi pour la Lybie semble être allé aussi loin dans l'usage d'un pavillon national à des fins aussi ouvertement politiques (il faut dire qu'à part un portrait du colonel - du reste pas piqué des hannetons - et un vieux tapis mal présenté, ce pavillon ne présente guère d'intérêt !!). Pour en revenir au "Pays de la Liberté" (!), plus on progresse dans le cheminement, plus c'est affligeant ! Pour finir, une petite américaine décide de passer à l'action pour changer la vie : elle va faire le ménage dans sa cour d'immeuble et planter des fleurs pour que le monde soit plus beau ! Youpi, vive la révolution écologique ! Mais cette petite idiote n'a même pas idée de planter autre chose que des plantes en pot, et pour finir elle devient une chef d'entreprise qui commande tous les voisins. Elle est tellement désagréable qu'on lui collerait des claques ! Bref, on en rassuré car on finit sur Disney et les produits made in USA. Il parait que le pavillon a été fait à la va vite, cela se sent...

lundi 23 août 2010

Shanghai Expo 2010 : Le Portugal

Saluons l’effort du Portugal et de son pavillon. Une vraie réflexion y est inscrite avec l’envie d’aller à la rencontre du public chinois. Ainsi, toute la première partie du pavillon met en scène la rencontre entre le Portugal et la Chine depuis des siècles : premiers globe-terrestres représentant la Chine, premier dictionnaire portugais-chinois, découverte du thé chinois, et plus généralement 500 ans de rencontres entre ces deux nations. (L'idée est certes simple mais elle est moins lourd dingue que les Etats-Unis... ). Le Portugal comme beaucoup utilise les projections collectives en séance fixe (solution assez malheureuse dans ce contexte d'affluence), mais il n'en abuse pas. Certes, si la film grand écran n‘est pas des plus réussi (nous avons compris assez vite qu’au Portugal les gens sont souriants et heureux !) , la seconde partie de l’exposition sur les innovations en matière d’économie d’énergie dans la ville de demain réserve parfois d’étonnantes surprises. La Pavillon met en avant sa conception zéro carbone avec les actions de compensation mises en place. Un pavillon qui affirme sans prétention excessive son originalité et sa différence. Très bien.


Shanghai Expo 2010 : Les Pays Bas

Il y a plusieurs manières d’utiliser les stéréotypes, la première consiste à les nourrir pour flatter les représentations communes. Ainsi l’Italie présente la variété de ses pâtes, ses voitures design et ses belles architectures Renaissance, et la France met en scène Brigitte Bardot, la cuisine et la tour Eiffel. Ces pavillons ne veulent pas surprendre, ils donnent au public chinois ce qu’il est censé vouloir voir du pays. Une autre manière d’utiliser les stéréotypes est de les prendre au second degré pour s’en amuser. C’est le cas de la Suisse par exemple, qui place un télésiège sur le toit de son pavillon ou encore des Pays-Bas qui proposent un pavillon très drôle et très photogénique. Composé d’un véritable amalgame de petites maisons, qui toutes mettent en scène des visions du pays, ici les stéréotypes font écho à la création, à la surprise, à l’incongru. Le tout n’est pas vain car la réflexion sur la ville et sur son architecture composite est inscrite en filigrane. La ville de la vieille Europe est constituée de strates, d’ajouts de bric et de broc. Ajoutons que la circulation dans l’espace est très bien pensée et que l’espace de repos avec les moutons portatifs fonctionnent à merveille. On a aimé !


samedi 21 août 2010

Shanghai Expo 2010 : Mexique

Le Mexique déploie de belles idées originales. Même si tout n’est pas réussi, les intentions sont là. La vision de petits films sur le Mexique au travers de masques, très évocateurs du Mexique par ses traditions mais aussi pas ses composantes modernes, connaît un beau succès, même s'ils sont au final difficiles à regarder ! L’intégration de la création contemporaine dans le Pavillon est également bien réussie et offre un bel équilibre entre découverte du Pays, création, et informations scientifiques sur le développement urbain. Des multimédias sont proposés qui ne sont pas au point en terme d’usages par le public, connaissant quelques erreurs à éviter (comme le fait de choisir les actions sur une table plan devant soi et de regarder le résultat projeté en hauteur, la plupart des visiteurs ne comprennent pas...), mais avec une trame muséographique sur les choix à opérer, par exemple en matière d’énergie, pour sa maison, son quartier, sa ville, son pays... qui sont fort intéressants. Bref, un Pavillon où la foule n’est pas délirante et qui en vaut bien d’autres à la notoriété plus grande...


jeudi 19 août 2010

Shanghai Expo 2010 : Que faire de tous ces visiteurs ?

Avec un rythme moyen de 400 000 visiteurs par jour, l’exposition de Shanghai doit évidemment mettre la question du public au centre de ses préoccupations ! Non seulement l’organisation technique est impressionnante, pour acheminer, faire rentrer, mais aussi faire manger, faire circuler tous ces visiteurs, mais c’est aussi à chaque pavillon de s’emparer de la question. Comment permettre aux visiteurs reçus de visiter dans de bonnes conditions ? de réduire son attente ? de l’occuper dans les éventuelles files d’attente ? de prendre soin de son confort ? de lui permettre de s’intéresser et de le captiver alors que de multiples sollicitations l’invitent vers ailleurs ? Ce sont des questions passionnantes à résoudre pour un muséographe ! Et on peut comparer les méthodes. Car hélas, beaucoup de pavillons n’ont semblent-ils pas eu suffisamment de réflexions à ce sujet. Ainsi, il y a des pavillons qui conçoivent leur scénographie pour permettre des circulations fluides (le pavillon remarquable de la ville Chinoise de Ningbo Tengtou par exemple) et d’autres qui bloquent tout avec des salles de spectacle placée de manière inopportune. Le pire dans ce registre, demeure les Etats-Unis qui non seulement propose un contenu des plus nuls, mais en plus le font de manière des plus stupides ! Enfin, le Japon n’est pas mal non plus, préférant la méthode policière pour faire avancer les publics avec des gardes chiourmes pour faire avancer la masse et interdire de photographier... cela retarde le flux ! Déplorable.


Shanghai Expo 2010 : Le Canada vaut le détour

Au Canada aussi on peut faire du vélo ! mais ici c’est pour produire de l’énergie nécessaire pour animer les images. Surtout le pavillon offre une belle ambiance, avec une projection très réussie sur un mur de cubes, et une intelligente composition d’un très bel effet. Si le pavillon est enthousiasmant, il est un peu court en bouche, le parcours aurait mérité d’être un peu plus long. Une autre très bonne idée à découvrir dans les pavillons des villes, la projection par la ville de Montréal d’une composition dont on ne dévoilera pas la surprise technique, sur la réhabilitation d’un ancien dépôt d’ordures reconverti en jardin et en accueil culturel pour le quartier. Lieu où le Cirque du Soleil a élu domicile pour son siège social (La Tohue). En revanche, zéro pointé pour le pavillon de Vancouver. Passez votre chemin.


mardi 17 août 2010

Shanghai Expo 2010 : une exposition de vélos ?

C’était drôle de constater que non seulement les éoliennes sont partout, dans tous les pavillons nationaux ou presque, comme une sorte de leitmotiv pour se donner bonne conscience, emblème de la ville écologique, mais aussi que de nombreux pavillons mettent en avant les bicyclettes pour convertir au mode de transport idéal... mais y prétendre en Chine, c’est un comble !! Et de nombreux pays européens exhibent ainsi leur prototype de vélos électriques avec grande fierté... Certains mêmes proposent de faire du vélo et nul ne va aussi loin que le Danemark qui incite à visiter son pavillon en vélo ! Mais c’est assez risible pour le promeneur qui peut constater qu’à Shanghai, les Chinois n’ont pas attendu l’expo ! Non seulement presque tous les vélos sont ici électriques, mais aussi les scooters ! Et ce n’est pas d’hier, ce n’est pas là la propagande que certains dénoncent, car tous ces engins ne sont pas flambants neufs. Car la Chine n’est pas ce pays arriéré et sale que l’on veut bien nous laisser imaginer souvent en Occident... Même si la conscience environnementale a certes beaucoup à progresser sur certains plans, sur d'autres la Chine est largement en avance sur le reste du monde. Espérons que les expositions puissent contribuer à éveiller l'ensemble de la planète.

dimanche 15 août 2010

Shanghai Expo 2010 : que peut-on dire ?

Que peut-on dire dans une exposition universelle ? Evidemment très peu de choses, il ne faut pas s’attendre à délivrer des tonnes de messages alors que des flux de visiteurs conséquents sont à gérer (rappel entre 380 et 450 000 visiteurs par jour !) et que chacun entend courir pour en voir le plus possible ! Il faut être efficace, dire peu et donc énoncer des messages clairs, surprenants qui viennent happer le visiteur qui déambule d’un espace à l’autre. L’exercice est tout sauf simple. Peu de pavillons y réussissent. Certains en disent trop, comme l’Allemagne ou la Belgique par exemple, d’autres ne disent rien ou presque, comme la France ou le Japon, enfin beaucoup sont hors de propos. Plusieurs ne sont là que pour faire du promotionnel, comme l'Italie, l'Irlande (même s'il est très beau) ou la Suède. D'autres prennent le reste du monde pour des imbéciles, comme l'Australie ou les Etats-Unis. Il y a ceux qui ciblent utilement une seule idée, mais qui ne parviennent pas à suffisamment faire les liens pour être totalement convainquant, comme la Hongrie ou le Chili. Mais au moins de belles idées y sont-elles exprimées. Alors, les pavillons du Mexique, de la république Tchèque, du Danemark, du Canada, de la Suisse sont dans leur genre plutôt réussis. Les Pays Bas sont très drôles. Certains sont modestes, mais ils ont le mérite de découvrir quelques idées surprenantes et originales. Le Portugal, le Brésil, la Finlande, la Norvège, l'Autriche offrent une belle diversité...


vendredi 13 août 2010

Shanghai Expo 2010 : Et viva Espagna !

Cessons de nous énerver et apprécions un pavillon superbe, qui nous aura fait frissonner d’émotions. L’Espagne, pourra paraître parfois un peu loin du thème, mais son parti pris est fort : par des puissantes images, des murs d’images en mouvement, le pavillon convoque le rêve et affirme un pays où le lien entre les êtres composent les villes. L’Espagne est capable d’évoquer les attentats de Madrid dans un tel contexte sans paraître obscène, avec extrême dignité. Certes, un affreux bébé géant animé, qui ressemble à un vieillard, à la fin du pavillon, est épouvantable (même s’il semble beaucoup plaire aux Chinois), mais au-delà de cette faute de goût, tout le reste est remarquable. Des mobiliers futuristes abordent pour finir la ville par différentes thématiques, l’énergie, la solidarité, la santé... avec un graphisme des plus simples et des plus percutants pour faire passer des messages. Bref, de toutes les expositions, l’Espagne est celle qui semble le mieux maîtriser les codes de la muséographie (à voir aussi le pavillon de la ville de Madrid qui est de toutes les villes le plus réussi, nous y reviendrons peut-être... !).

jeudi 12 août 2010

Shanghai Expo 2010 : Quand Orsay s’affiche...

Qui a choisit les six oeuvres du musée d’Orsay pour figurer entre les ciments Lafarge et les sacs Vuiton dans le pavillon français ? On s’interroge encore. Car sur ce thème de la ville, le musée d’Orsay avait plein de possibles, imaginons l’évolution de la ville industrieuse depuis le XIXème à la ville écologique... ah le beau thème que voilà pour Orsay ! Et bien non, vous aurez un Rodin, et quelques portraits, un Bonnard, un Millet, un Van Gogh... Sans doute, cela aurait dû être le clou du pavillon. Mais les Chinois préfèrent manifestement les sacs Vuiton pour se prendre en photos devant !!! Et le musée d’Orsay de raconter dans un (trop) grand texte que la gare fût classée par Pompidou, le musée voulu par Giscard et inauguré par Mitterrand, voilà de quoi passionner la Chine toute entière ! Enfin nous n’avons pas dit l’essentiel, pour parler de la ville de demain, le pavillon de la France s’ouvre et se referme sur deux véhicules, un peu de pub pour Peugeot après Michelin ! Superbe réflexion ! Des bagnoles pour parler de la meilleure ville ! Seule l’Italie a osé faire de même ! Heureusement, les superbes portraits de Yan Pei Ming à l’extérieur sauvent un peu la mise, mais inutile de faire la queue et de rentrer pour les admirer !

mercredi 11 août 2010

Shanghai Expo 2010 : Pire que la France ?

Si l’architecture est plutôt réussie, avec son cheminement en spirale, bien qu’il n’y ait rien là de révolutionnaire, et que l’idée tombe plutôt sous le sens, étant donné les conditions d’affluence, pour ce qui est du reste... Faut-il vraiment faire tout une histoire de la résille qui entoure le bâtiment fut-elle en béton innovant ? Si le résultat peut plaire, pour ce qui est du contenu, c’est totalement catastrophique. Seule l’Italie fait plus médiocre... (enfin soyons juste, il y a pire, mais nous en reparlerons plus tard... !), il faut le dire le pavillon de la France n’a ni queue ni tête. C’est le signe manifeste d’une absence de programme muséographique, et d’un abandon du contenu au seul architecte. Alors évidemment, c’est un désastre ! Rien à dire, rien à démontrer, les clichés s’alignent au fil des coursives. Un peu d’images rétro : la France = la tour Eiffel évidemment, plus Brigitte Bardot et Gérard Depardieu à 20 ans ! et puis quelques enseignes publicitaires : les ciments Lafarge, les sacs Vuiton. Entre deux pubs, un peu de culture, de la peinture... Voici la France... Au fait, c’était quoi le thème de l’expo ?


lundi 9 août 2010

Shanghai Expo 2010 : c’est qui le plus beau ?

Bon, il est idiot de vouloir décerner des prix et faire un classement, tous les pavillons ont leur spécificité et leur approche originale. Mais cette pétition de principe lancée, il faut bien admettre que certains ont mieux réussis que d’autres et sont plus probants. Allons y tout de go, et décernons le prix d’excellence à... l’Angleterre (enfin au Royaume Uni) car c’est de loin le plus audacieux, le plus beau et le plus intelligent. Même si le thème n’est qu’approché, le parti pris est fort, enthousiasmant et d’une grande qualité. Banque des espèces qui conduit à prélever dans la ville et à engranger dans son coffre fort pour mieux préserver et peut être réinsuffler la biodiversité en semant à tous vents. Ces grandes tiges vont et viennent et relie l’intérieur et l’extérieur, belle symbolique. L’idée est belle et l’architecture fait complètement corps avec le propos. Bravo.

samedi 7 août 2010

Shanghai Expo 2010 : une exposition écologique ?

Surtout, le thème de Shanghai, Meilleure Ville, Meilleure Vie, « Better City, Better Live», inscrit partout, vient clamer la volonté de prôner un autre monde, naturellement plus écologique. Bien sur, les critiques auront raison de souligner les paradoxes et la poudre aux yeux, et dire que rien n’est moins écolo que ces millions de personnes déplacées, reçues, consommant du jetable... mais c’est oublier que malgré tout de nombreux messages passent auprès de la population. Que la Chine s’éveille, et qu’elle s’éveille à l’écologie ne peut que nous réjouir. Soyons attentif, elle peut même rapidement devenir leader dans le domaine : rappelons que déjà la Chine est le premier investisseur au monde dans l’éolien...

jeudi 5 août 2010

Expo 2010 à Shanghai

Etrange chose qu’une exposition universelle ! Exercice d’équilibriste se tenant entre la foire commerciale et son inévitable activité promotionnelle, le parc d’attractions et ses ludiques divertissements, la prouesse architecturale sacrifiant au spectaculaire, le déferlement des dernières innovations techniques, la parade de carnaval pour amuser les tous petits et même la volonté culturelle et didactique de promouvoir les arts et les sciences auprès de tous ! Shanghai ne sacrifie pas à la règle, mais l’édition ajoute au pétillant en exotisme et en surprises. Car la Chine affirme ainsi sa puissance, son extraordinaire capacité à relever le défi en démontrant au monde entier une organisation irréprochable et une exposition universelle dont on se souviendra. Nul doute que Shanghai 2010 comptera dans l’histoire, non seulement de la ville qui retrouve ses fastes des années 30, mais du pays tout entier qui ne manque pas de fasciner. Avec plus de 200 pavillons internationaux, de multiples expositions qui attendent au bas mot 70 millions de visiteurs, et surtout une ville toute attentive à se refaire une beauté, l’exposition est d’ores et déjà une réussite.


lundi 12 juillet 2010

Ceci n'est pas un casino

Décidément les parcs d'attractions sont à la mode dans les musées ! Après la réflexion sur la culture prenant les formes d'une fête foraine au MEN de Neuchâtel avec Helvetia Park, après Takeshi Kitano à la Fondation Cartier et Dreamlands à Beaubourg, voici que Le Forum d'art contemporain, Le Casino à Luxembourg propose une exposition impertinente sur ce thème. Evidemment, il est tentant dans un ancien casino de produire des oeuvres en miroir, et c'est une façon d'évoquer le passé du lieu. Expérientiel quand tu nous tiens : le visiteur pourra jouer aux machines à sous ou au flipper selon Paul Kirps, lancer des fléchettes sur le mur de Jacob Dahlgren, sauter sur un trempoline artistique conçu par Patrick Berubé, ou faire de l'auto-tamponneuse comme le désire Pierre Ardouvin. Bref, il y a bien d'autres propositions pour nous faire douter des limites de l'art et ne plus savoir déterminer où est l'oeuvre, dans l'exposition ou dans la manière de s'en servir. Finalement l'artiste, c'est le visiteur. A consulter aussi le très beau site internet.


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samedi 3 juillet 2010

La Fabrique des images

Avec l'exposition La Fabrique des images. Visions du monde et formes de la représentation, le musée du Quai Branly signe une de ses plus fortes expositions. Placée sous le commissariat de Philippe Descola, l'exposition présente les thèses que l'auteur a en partie développé dans son ouvrage, Par delà nature et culture. Si l'on a accusé parfois le musée du Quai Branly d'être un musée réactionnaire, en cela qu'il avait tendance à revenir à une muséologie de l'objet pour l'objet, il est impossible de lui en faire grief ci. Car il s'agit d'une exposition à thèse, où les objets ne sont pas là pour faire joli, mais pour expliquer et faire comprendre des interprétations du monde. La façon d'envisager l'Autre et la manière d'habiter le monde passe par des cosmogonies que Descola classe en quatre grandes catégories, l'animisme, le naturalisme, le totémisme et l'analogisme. Il est étonnant de constater combien les sociétés se répartissent et se rencontrent au gré de ces subdivisions, comment des manières de se représenter et sans doute de produire de l'art en résulte. C'est aussi par cette occasion une manière de comprendre le monde dans sa globalité, sans scinder ce qui serait l'art occidental des arts premiers... Il faut prévoir du temps pour visiter, car l'exposition est aussi riche que passionnante. Mais on peut prolonger aussi par un très beau catalogue qui complète la visite.

A voir jusqu'au 17 juillet 2011.

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