CayVpNAT7ml2gRzbwqbd/1MvPCt81BAtirczG/NTy3s= MuséoGraphie-MuséoLogie: mars 2010
La Formation en muséologie :

Vous êtes intéressés par une formation initiale ou par la formation continue en muséologie et muséographie ? La formation MEM : Master Expo-Muséographie, en conception des expositions de l'Université d'Artois est faite pour vous !

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ou sur le site de l'Université : (document à télécharger colonne de droite) ou sur ce lien.

Master MEM

mardi 30 mars 2010

Babel'gique

Le festival des Cyclopédies, conduit par les étudiants de l'IUP tous les deux ans se termine. En mettant le cap sur la Belgique, après le pays Basque, la Palestine ou les gens du voyage, il s'agit à chaque édition de voir comment l'art peut être un point de dialogue entre les personnes. Danse, théâtre, création plastique, musique, cinéma, littérature, expositions rencontres et conférences... les manifestations se déroulent sur une semaine dans divers lieux de la ville. Outre le musée du slip, une plaisanterie belge de Jan Bucquoy, et une très belle proposition d'action culturelle autour de la bande dessinée et du dessins, attirons l'attention ici sur deux expositions, l'une, photographique, proposée par les étudiantes de muséologie suite au voyage d'études en Belgique en février dernier, l'autre Zwanze your way de Katherine Longly (photographe) et Mélanie Ferrier (graphiste) avec des parcours subjectifs au travers de Bruxelles et de Dijon, des regards de passants, et un fil conducteur original.

samedi 27 mars 2010

L'Art : une histoire d'expositions

L'ouvrage de Jérôme Glicenstein, maître de conférences au département d'Arts plastiques de l'Université Paris 8, trouve très certainement une place de choix dans les références en muséologie. Peu d'ouvrages traitent des choix en matière d'exposition et de la manière dont celle-ci participe de la relation esthétique. C'est un point de vue muséologique qu'adopte l'auteur alors que bien souvent les approches des oeuvres sont indépendantes des contextes de leur présentation. Si l'ouvrage traite principalement des expositions d'art contemporains, les analyses peuvent nourrir une approche du musée et de l'exposition en général. L'exposition comme fiction, comme dispositif, comme langage, comme relation, comme événement, comme oeuvre... ? L'accompagnement, les médiations, les critiques de l'exposition, les choix des commissaires participent de la place de l'art dans notre société et des conditions de sa réception. Cet effort de compréhension de l'art s'inscrit dans une réflexion concrète nourrie par la grande connaissance du milieu par son auteur. Ajoutons que le livre dispose d'une belle écriture, claire et compréhensible, ce qui assez rare dans le domaine pour ne pas le souligner.

vendredi 26 mars 2010

La mort vous va si bien

La mort est de saison. Après DeadLine cet hiver au musée d’art moderne qui présentait les dernières oeuvres des artistes au seuil de la mort, et avec le crime à Orsay, voici les vanités. Le musée Maillol présente une très belle exposition (C'est la vie ! De Caravage à Damien Hirst), avec des oeuvres intéressantes et si le crime rôde à Orsay, ici ce sont les têtes de mort et les squelettes qui envahissent un musée habituellement habité de créatures plutôt bien en chair ! De très belles pièces sont exposées, mais ici comme là bas, le discours est un peu pauvre, on vient y voir des oeuvres avant tout, guère un propos que voudrait nous adresser un auteur ayant une thèse à défendre à leur endroit. Surtout, c’est le dialogue bizarrement entretenu entre les oeuvres classiques et les propositions contemporaines qui est un peu déroutant. Le choix de séparer entre les différents étages du musée des oeuvres qui auraient pu gagner à davantage se côtoyer peut s’admettre, mais alors pourquoi ne pas tenir la chose jusqu’au bout, et placer malgré tout quelques oeuvres contemporaines dans l’étage des vanités peintes il y a plusieurs siècles ? Cela est assez incompréhensible et semble un peu déplacé. Toutefois ne boudons pas notre plaisir, cela nous change des monographies d’artistes, et toutes ces expositions à thème ouvrent la voie à de belles réflexions.

mercredi 24 mars 2010

Crime et châtiment

Une exposition sur le crime, c'est un bel exercice. On en attend nécessairement beaucoup, car le thème est tout sauf banal. Et bien sûr, on l'imagine un peu, alors on désire être surpris. C'est pour découvrir la chose autrement et que le concepteur nous fasse entrevoir les choses différemment que l'on s'y presse. C'est un peu le problème de cette exposition présentée à Orsay sous le patronage de Robert Badinter et de Jean Clair. L'exposition est bien, mais sans grande surprise. Le parcours est attendu. Le meurtre de Caen pour origine, le crime comme esthétique en fin de parcours avec l'art contemporain. Le parcours trop contraint par des espaces ingrats est chaotique. Il eut été préférable de monter cette exposition au Grand Palais en bénéficiant d'un peu plus d'espace. Une guillotine fait sensation d'entrée de jeu, mais elle est si mal présentée qu'elle perd beaucoup de son impact. Comme si les concepteurs n'avaient pas osés aller au bout de leur démarche. Ce n'est pas une de ces expositions à thèse, telle que celles signées naguère par Régis Michel au Louvre, on pense évidemment à La Peinture comme crime. Ici c'est l'inverse, le crime est mis en peinture, mais le discours demeure un peu pauvre... Il y a bien sur du contenu, mais comme toujours présent davantage dans le catalogue, tandis que l'exposition se contente de mettre en place des oeuvres, en laissant le visiteur se débrouiller avec ça. Cela vaut la peine, mais à visiter hors des périodes d'affluence, si vous voulez entendre battre le coeur de l'exposition.

lundi 22 mars 2010

Monde injuste

Le journal Le Monde, on l'a remarqué ne s'intéresse généralement qu'aux expositions d'art. Les critiques sont toujours grandiloquentes, même quand il ne s'agit que de grandes expositions insipides, à la muséographie absente et à la scénographie fade, du moment que des oeuvres sont présentées. Les expositions de science et de société n'intéressent guère les journalistes. Pire, ils s'acharnent souvent injustement sur le sort de quelques lieux ou d'expositions prises pour cibles. Ainsi le musée de l'Homme eut à son époque des articles aussi vengeurs qu'imbéciles jusqu'à lui faire rendre raison pour un Quai Branly esthétisant. Puis ce fût le tour des ATP, et même du Palais de la Découverte d'en prendre pour leur grade. Voici que s'abat la vindicte sur la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration qui est éreintée dans un article en page 3 le samedi 20 mars. Scandaleusement, Michel Guerrin dénonce une fréquentation trop faible, crétinisme du chiffre qui vaudrait pour toute évaluation, passant sous silence la conduite d'actions culturelles, le travail avec les communautés et la sensibilisation sur le long terme. Le musée est pourtant un des rares lieux où les "gens de couleur" ne sont pas que des gardiens de salles... L'auteur ose même comparer l'attractivité de l'aquarium et la faible fréquentation de la Cité, argumentaire principal de l'article. Autant condamner les budgets alloués aux concerts de chambre sous prétexte que Madonna fait le plein au Palais des sports... Article injuste et stupide dont on peut interroger la finalité, s'agit-il d'oeuvrer encore à faire disparaître une institution parisienne ? Cela deviendrait-il un sport traditionnel pour ce journal ?

mercredi 17 mars 2010

Former nos petits architectes












Il se trouve que trois propositions ont été faites simultanément cet hiver aux petits parisiens d'apprendre à construire le monde de demain. Paris prépare l’avenir ? La Cité de l’architecture avec des ateliers de construction pour inventer une ville miniature au sein d’ateliers amusants, La Cité des Sciences qui consacre toute une partie de son exposition Ma Terre première à un espace pour réaliser des murs en torchis et autre matériaux écologiques de construction et Beaubourg dans son exposition pour enfant Habiter 2050 approche d’une troisième manière la sensibilisation à l’architecture. Belles initiatives que ces trois démarches que l’on pourra comparer et qui rappellent que les espaces pour enfant sont dans les expositions malheureusement chose trop rare. C’est sans doute un aspect à développer et qui va se déployer dans les expositions à l’avenir. Reste à le faire intelligemment et de manière stimulante. C’est le cas ici et nous ne pouvons qu’inviter à y puiser des exemples à importer ailleurs.

dimanche 14 mars 2010

Qui inventera un musée d’ethnologie politiquement incorrect ?

C’est assez fatiguant tous ces musées d’ethnologie qui exaltent le temps passé. Comme si celui-ci était regrettable. Ces expositions entendent nous faire venir la larme à l’oeil. Bien sûr ils s’en défendent et prétendent oeuvrer pour la science et la mémoire. Mais qui osera faire un jour des expositions pour rappeler toutes les souffrances infligées, tous les rituels ridicules, toutes les injustices et les inégalités qu’endurèrent spécialement les femmes, les enfants ou encore les bêtes au nom des fameuses traditions ? Qui rappellera l’absolue bêtise proférée par monsieur le curé, l’aveugle croyance et les effets négatifs de toutes les superstitions ? Qui montrera l’affranchissement et l’émancipation que représentèrent l’éducation et la modernité ? L’abandon de tous ces outils, exposés avec gourmandises dans les présentations, fût souvent une formidable conquête de la liberté. Voilà les musées d’ethnologie qu’il nous faut, et qu’on arrête de nous montrer des collections empreintes de tout un discours nostalgique envers un temps qui n’est plus. Ce sont ces remarques qui me vinrent en visitant le musée du paysan roumain, temple d’une mémoire célébrant le temps passé. On y adore la beauté de la croix ! (voir cette photo d'un cartel...). L’identité nationale s’est forgée ici, à Bucarest, par ce musée fortement idéologique et dévolue à affermir le sentiment collectif. Le parti paysan y puisa sans doute ses forces et puis le parti communiste en fit son instrument de propagande. Il a connu depuis cent ans des phases passionnantes d’instrumentalisation comme beaucoup de semblables musées d’ethnologie. Il doit être rénové, ce serait merveilleux s’il pouvait enfin mettre en oeuvre une approche iconoclaste.


vendredi 12 mars 2010

A voir à Mons, en attendant 2015


Si Mons fête son élection puisqu'elle se prépare à être capitale culturelle européenne en 2015, elle a déjà de beaux atouts. Ville au dynamisme culturel impressionnant au regard de sa taille, elle dispose non seulement d'une scène nationale active avec le Manège qui fonctionne en binôme avec celle de Maubeuge, d'une maison folie depuis 2004, et de nombreux équipements pour les expositions. Lieu de culture scientifique avec le PASS à Frameries et haut lieu de l'art contemporain avec Le Grand Hornu, c'est l'exposition du BAM, Musée des Beaux-arts de Mons que nous voulons signaler ici. "Collections montoises des XVè et XVIe siècles. Sous bénéfice d'inventaire 1", voilà un titre pour le moins curieux. A partir d'une peinture énigmatique et anonyme La Mort, seule certitude, Michel De Reymaeker, le conservateur, développe une analyse et une réflexion sur la mort des plus audacieuses. Les oeuvres anciennes et contemporaines dialoguent et interrogent notre regard sur les périodes et les transversalités. Pauline Picry, la scénographe, a intelligemment pensé l'espace selon la métaphore contenu dans le tableau, avec des zones thématiques de l'exposition structurées selon la composition du tableau. Le principe simple en soi est ingénieux et aboutit à une exposition conceptuelle où l'on sent la pensée incarnée dans l'espace, chose si rare dans les musées pour ne pas le signaler.

mercredi 10 mars 2010

Au pays des merveilles de Juliette

Scarpa a fait Vérone. Du moins il a rénové et proposé un musée dans le château de Vérone, le Castelvecchio des Scaligieri, qui demeure cinquante ans après d’une belle modernité. C’est assez rare pour ne pas le mentionner, le musée d’art et d’histoire de Vérone pensé et aménagé par Scarpa reste une belle référence architecturale, toujours agréable et convaincante. Certes le travail muséographique a davantage vieilli, notamment l’éclairage y est problématique. On peut ainsi constater combien ce qui pouvait passer dans les années 50/60 est devenu prioritaire. Les lustres imaginés par l’architecte, fut-il des plus célèbres, ne suffisent pas à emporter l’adhésion et surtout s’avèrent très inefficaces. En revanche, les cimaises n’ont pas pris une ride, et peuvent toujours faire école. Un musée à ne manquer sous aucun prétexte. Evidemment, on visitera le musée aussi pour ses très belles collections, mais cela mérite t-il mention ?

lundi 8 mars 2010

Du patrimoine au matrimoine

Si les promotions de l’Institut National du Patrimoine compte environ un quart d’hommes dans ses effectifs, si on en juge par les promotions 2009 et 2010, le déséquilibre est plus flagrant encore pour ce qui concerne les formations universitaires appelées à former souvent les adjoints, les attachés et assistants de conservations. Il serait plus exact de féminiser les noms automatiquement car ce sont le plus souvent des femmes. La promotion dijonnaise cette année est ainsi exclusivement féminine, et ce n’est pas unique. Pour intervenir dans d’autres formations, j'ai le loisir de constater que ce secteur des musées (à l'image de celui des bibliothèques) est de plus en plus féminin. Certains estiment que cette féminisation accrue aura des effets à long terme. Si la baisse des salaires est manifeste depuis quelques années, il ne faut pas tomber pour autant dans un essentialisme qui envisagerait automatiquement des effets. Cependant en cette Journée internationale du droits des femmes (et non "Journée de la Femme" comme nous l'entendons sans cesse dans les médias...), nous pouvons nous interroger sur les significations de cette féminisation. Les hommes seraient-ils devenus insensibles au patrimoine ? Alors pourquoi ne pas changer de terme, parlons désormais de « matrimoine », peut-être cela donnera-t-il l’occasion de remettre à plat ses notions et de les penser autrement ? !! D'inventer d'autres repères... Chiche ?


samedi 6 mars 2010

Développement soutenable et muséologie

Développement durable ou soutenable ? Cette question en ouverture du colloque tenu à l'IUP Denis Diderot les 4 et 5 mars, s'est poursuivie en interrogeant les fondamentaux du développement durable et en ajoutant aux trois piliers consacrés dans les textes classiques, ceux de l'économie, du social et de l'environnement, un quatrième, celui de la culture. Des intervenants de grandes comme de petites institutions muséales, nationales ou locales, dijonnaises ou parisiennes et même québecoises, se sont relayés pour donner des multiples exemples des actions conduites ou à conduire tant dans le domaine de la conservation, de la gestion des collections ou des établissements, de l'écodesign, des rénovations architecturales, que de la sensibilisation des publics et des actions conduites dans le domaine de la médiation. En attendant une publication sur le sujet, que nous préparerons dans les prochains mois, avec Aude Porcedda avec qui nous avons eu le plaisir de conduire ce colloque international, il est possible de regarder le petit reportage de France 3, sur le lien de la chaîne !


jeudi 4 mars 2010

Toujours RAS à Tokyo

Etrange phénomène, cette nouvelle exposition, Pergola, tout comme la précédente peut se dérouler dans une profonde indifférence qui nous appelle une fois encore à sa rencontre. On se presse au Palais de Tokyo pour rien, juste parce qu’il n’y a rien qui le justifie. Parce que plus rien nous interpelle, et que c’est justement cela le non-événement. Nous avons connu une période où l'événementiel régnait en maître, voici venu le temps où c’est l’absence de toute chose qui nous convoque. Les plus anciens se souviendront que Malraux désignait la culture comme ce qui nous permettait de puiser des éléments de signification alors que l’on se regardait dans la glace et que l’on y contemplait son visage de mort. C’était valable pour la culture classique. Ensuite fût le temps où le reflet lui-même nous interrogeait, la mort nous passait à la question et l’on trouvait dans ce supplice de délicieuses promesses de no futur. Voici le temps où plus rien ne se passe, la glace est vide, notre reflet muet, nous n’avons plus de question et aucune réponse ne retient de toute façon notre attention. Tout cela ne nous divertit même pas, c’est juste Rien. Règne le calme des zombis que nous incarnons, en visiteurs satisfaits de constater une nouvelle fois l’inanité de toute ce déballage. Marc-Olivier Wehler a réussi le tour de force de conduire le Palais de Tokyo a son extrême limite de non lieu où l’art présente l’intérêt d’incarner le total désintérêt. On y vient quand même, parce qu’il faut bien être quelque-part.


lundi 1 mars 2010

Les mille et uns costumes des Bigoudénes

Adeptes de bigoteries et de costumes traditionnels, il était naturel que Bretons et Roumains se rencontrent et s’attirent mutuellement. On ne sait pas si beaucoup de bretons partirent un jour en pèlerinage en Transylvanie, mais les peintres roumains firent comme d’autres, au début du siècle dernier, leur voyage en Bretagne. Ils y peignirent de belles choses, des femmes aux costumes traditionnels surtout, des prières et des chapelles, et puis aussi des marins, la mer et quelques scènes de genre. Le musée départemental breton de Quimper et le musée national d’art de Roumanie se sont donc associés pour proposer une exposition fort belle que l’on peut découvrir en ce moment au Palais des arts de Bucarest. Il est malheureux que la Roumanie soit toujours en prise avec la croyance et la proie de religieux dignes héritiers des temps obscurs, espérons que cette influence bretonne l’aide à s’en sortir pour remiser enfin toutes les bondieuseries définitivement au musée. Ne désespérons pas, après tout la Bretagne a finit par devenir elle aussi moderne.

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