CayVpNAT7ml2gRzbwqbd/1MvPCt81BAtirczG/NTy3s= MuséoGraphie-MuséoLogie: Exhibitions. L'Invention du sauvage
La Formation en muséologie :

Vous êtes intéressés par une formation initiale ou par la formation continue en muséologie et muséographie ? La formation MEM : Master Expo-Muséographie, en conception des expositions de l'Université d'Artois est faite pour vous !

Voir les renseignements :

ou sur le site de l'Université : (document à télécharger colonne de droite) ou sur ce lien.

Master MEM

mardi 27 mars 2012

Exhibitions. L'Invention du sauvage

Prenez des tableaux, des têtes en cire, des artistes, des hommes politiques, des affiches de spectacle et des cartes postales des expositions universelles, et toute iconographie où figure une représentation de l'Autre, de celui que l'on nomme pour cette exposition présentée au Quai Branly, le sauvage : figures mythologiques de l'homme des bois, monstres et êtres difformes et surtout figures d'hommes et de femmes noirs... Tout est bon du moment que cela permet de créer un discours manichéen et très binaire, simpliste à l'excès, mais très politiquement correct pour dénoncer le méchant Occident qui a construit l'Autre. Le problème c'est qu'à force de pointer toujours dans le même sens cela devient suspect, car la thèse ne tient pas très bien. S'il y a mise en représentation des noirs, des indiens ou des papous, c'est que tout est mis en représentation, y compris les bretons, les alsaciens, mais aussi les bourgeois dans les comédies musicales... C'est le paradigme du XIXème siècle que de mettre en représentation et c'est là l'origine de la société du spectacle. N'extraire qu'une facette où ne figure que des noirs est problématique. Mélanger les noirs et les monstres dans l'exposition est tout aussi douteux que dans la réalité de l'époque. Sans évoquer non plus le voyeurisme que l'on suscite chez le visiteur lui-même et que quelques miroirs ne suffissent pas à questionner. De même, ne peut-on pas accuser cette exposition de déployer une conception raciste (malgré la présence de la Fondation Thuram) ? Car que signifie de montrer des rois et des ambassadeurs à la cour du roi ? Les gens de pouvoir n'attirent-ils pas toujours la curiosité ? Où commence l'exotisme de l'Autre ? La reine d'Angleterre déplace également les foules ! Pourquoi montrer par exemple ces gravures d'ambassadeurs de Louis Surugue de Surgis si ce n'est que ce sont des hommes venus d'Afrique ou d'Asie ? Le racisme ne commence t-il pas ainsi ? Il serait possible de faire bien d'autres remarques. Est-ce honnête de mélanger sans avertir réellement le public les représentations de ceux qui étaient déplacés et forcés de s'exposer dans les expositions universelles, de ceux qui l'étaient pas leur propre pays, de ceux qui étaient rémunérés pour cela et qui bénéficiaient de contrat de travail ? Les artistes qui viennent danser alors, comme du Royaume du Siam, sont-ils parfois si différents de ceux qui viennent aujourd'hui à la Maison des cultures du monde ou sur la scène du Quai Branly ? Pourquoi ne pas s'attarder sur la revue nègre quand Joséphine Becker finançait ainsi les expéditions de la mission Dakar Djibouti, source de certaines collections du musée ? Comment le musée du QB lui-même présente t-il les autres cultures en les traitant comme des isolats dans ses expositions permanentes ? Plutôt que de clamer pour finir la disparition des zoos humains, ne serait-il pas intéressant de faire réfléchir le visiteur sur certaine forme de tourisme international, quand des hordes d'Occidentaux vont photographier par exemple les tribus du nord de la Thaïlande ? Une exposition certes très belle, mais dont le contenu est fort discutable... Heureusement, il reste un très beau catalogue qui témoigne de recherches conséquentes.

Aucun commentaire:

Une erreur est survenue dans ce gadget