CayVpNAT7ml2gRzbwqbd/1MvPCt81BAtirczG/NTy3s= MuséoGraphie-MuséoLogie: Quai Branly : toujours et encore !
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mardi 15 mai 2012

Quai Branly : toujours et encore !

La traduction en français de l'ouvrage de Sally Price, Au musée des illusions : le rendez-vous manqué du quai Branly vient s'ajouter à une longue liste de publications. Rarement un musée aura fait couler autant d'encre en si peu de temps. Si l'on considère l'histoire du musée de l'Homme et les polémiques qui entachèrent la création de Branly, puis sa réception, la littérature est impressionnante. La vision d'une célèbre anthropologue américaine est évidemment un regard inestimable. Il est dommage que le livre soit parsemé d'erreurs, de mauvaises compréhensions de certains aspects nationaux ou de parti-pris parfois un peu caricaturaux, ceci amenuise la portée d'un ouvrage qui demeure, malgré tout, important pour retracer l'histoire du lieu. Contrairement à d'autres témoignages d'acteurs impliqués, l'appréciation de Price pourrait paraitre plus objective. L'auteure apporte des éléments à la réflexion et dresse un sévère réquisitoire contre l'approche archaïque d'un musée qui se rêvait comme l'ouverture innovante du XXIème siècle. C'est tout-à-fait justifié. Toutefois, il est étonnant de voir que l'ethnologue qui comprend fort bien les Dogon, les Tifalmin ou les Paramaka, semble avoir beaucoup de difficultés en revanche pour comprendre la conception française de la laïcité ! Comme si l'intrication de la religion et du politique rendait la société américaine plus proche des sociétés traditionnelles... De même, on aimerait que la critique portée envers la France et de sa difficulté à aborder la période coloniale trouve son équivalent, car si les amérindiens gèrent le musée à Washington, nous n'avons encore guère vu d'exemples d'autoflagellation américaine sur les génocides remontant au temps des conquêtes ou sur les crimes contre l'humanité perpétrés pendant la guerre du Vietnam... Il est peut-être plus facile de donner la parole aux communautés que de s'adonner à une autocritique. Si nous avons beaucoup de désaccords avec les thèses défendues par l'auteure, notamment sur la politique des restitutions ou sur la légitimité de parole accordée aux descendants d'une culture (qui entérine un essentialisme que l'auteure critique par ailleurs), en revanche les analyses sur les idéologies qui sous-tendent le musée du quai Branly sont des plus pertinentes à examiner. Une lecture qui demeure par conséquent stimulante. 
et à écouter

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