CayVpNAT7ml2gRzbwqbd/1MvPCt81BAtirczG/NTy3s= MuséoGraphie-MuséoLogie: mai 2012
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mercredi 23 mai 2012

Mary Pickford : l'invention du 7ème art

Exposition pour connaisseur ! L'exposition sur Mary Pickford au musée McCord à Montréal intéresse par son thème, retraçant l'invention du star système par une femme contemporaine et collègue associée de Charlie Chaplin. Cette femme de génie n'hésite pas à prendre des risques, à créer sa maison de production et à se lancer dans les affaires à une époque où ce monde n'est guère ouvert aux femmes. Elle participe de l'invention des industries cinématographiques. L'exposition est prenante, même si l'on regrette malgré tout que les extraits de films présentés soient bien courts, ils mettent en appétit puis laissent sur sa faim. L'exposition présente essentiellement des objets se rapportant à la vie et aux succès de cette femme qui rencontre la célébrité avant que de connaitre des déboires. Pour celui qui ne connait pas cette héroïne nord-américaine (elle est originaire de Toronto), l'introduction pour remettre dans le contexte de l'époque est un peu trop sommaire. Toutefois, on se laisse prendre à découvrir avec plaisir celle qui a alors connu un succès populaire. Une belle figure du septième art à l'heure où certain(e)s critiquent le festival de Cannes pour sa politique trop masculine, ignorant que le cinéma est aussi produit par des femmes et qu'elles n'y tiennent pas que des rôles de jolies actrices. Mary Pickford fait partie des pionnier(e)s, cette exposition lui rend justice.

dimanche 20 mai 2012

Moi mon colon, l'expo que je préfère...

La muséologie n'est pas une longue marche en avant, affinant et précisant ses logiques pour parvenir à la meilleure des expressions. Il est des progressions et des retours en arrière, des avancées et des propositions rétrogrades. Certes, il en faut pour tous les goûts aussi. Tous les visiteurs ne recherchent pas la même chose dans les expositions. Toutefois, est-il vraiment raisonnable d'inaugurer en 2012 un musée en s'enorgueillissant de disposer de 50 000 objets ? Est-il opportun de les aligner dans les vitrines pour attester de son importance ? Faut-il s'en tenir au discours convenu et attendu ? Quand le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux s'en tient à présenter ainsi des alignements dans une scénographie plus ou moins heureuse, on demeure perplexe en songeant que l'Historial de Péronne  a déjà vingt ans et que ce qui a constitué alors une révolution ne semble pas avoir animé beaucoup la réflexion en Seine et Marne. Le musée d'Ypres est en cours de réfection et l'on en attend beaucoup tant la version précédente jouait sur un autre registre, qui dans son style était très convainquant. La volonté de sensibilisation du public doit-il conduire un musée de la première guerre mondiale à proposer des jeux ? Ne devrait-on pas conserver une certaine solennité et faire réfléchir, émouvoir, plutôt que d'amuser et impressionner ? Si le début de l'exposition, la période précédant la guerre, est assez bien fait, c'est qu'il y a peu d'objets à montrer, mais ensuite cela s'aggrave ! Pour finir, on défile devant des rangées d'objets classés comme en de vastes réserves ! Bref, il n'y a pas là l'oeuvre d'un musée renouvelant les formes de la muséologie pour le XXIème siècle !

A ce sujet voir l'intéressante analyse de Nicolas Offenstadt par ici.

vendredi 18 mai 2012

Néon, Who’s afraid of red, yellow and blue ?

Que la lumière soit. La Maison rouge s'illumine ces temps ci de drôle de façon. Première exposition consacrée à l'art du néon ! Genre populaire un brin méprisé, révélé ici par les plus grands noms, avec un panorama du genre des années 40 à nos jours, avec de très belles propositions de François Morellet, Lusio Fontana ou Bruce Nauman. Art renouvelé avec Claude Levêque, Sylvie Fleury, Jason Rhoades aujourd'hui. Une exposition qui se donne sans complexité, qui se laisse apprécier sans demander beaucoup d'investissement intellectuel. Il est peut être dommage que l'exposition se cantonne à l'artistique et ne soit pas une entrée pour s'interroger sur les nouveaux visages de la ville, la manière dont le néon transforme la perception urbaine et en quoi l'art y joue un rôle. La confusion entre les espaces, celui du boulevard et de la salle d'exposition, dans lequel le néon tient une place de premier plan pour hypnotiser le passant et le mettre sous le charme de la fée électricité est peut être le meilleur signe de cette artialisation de la vie... Les oeuvres sont ici un peu isolées et apparaissent parfois étranges, dans ce cas plus que dans d'autres peut être, alors qu'il faut les imaginer prendre place dans un environnement plus propice.

mardi 15 mai 2012

Quai Branly : toujours et encore !

La traduction en français de l'ouvrage de Sally Price, Au musée des illusions : le rendez-vous manqué du quai Branly vient s'ajouter à une longue liste de publications. Rarement un musée aura fait couler autant d'encre en si peu de temps. Si l'on considère l'histoire du musée de l'Homme et les polémiques qui entachèrent la création de Branly, puis sa réception, la littérature est impressionnante. La vision d'une célèbre anthropologue américaine est évidemment un regard inestimable. Il est dommage que le livre soit parsemé d'erreurs, de mauvaises compréhensions de certains aspects nationaux ou de parti-pris parfois un peu caricaturaux, ceci amenuise la portée d'un ouvrage qui demeure, malgré tout, important pour retracer l'histoire du lieu. Contrairement à d'autres témoignages d'acteurs impliqués, l'appréciation de Price pourrait paraitre plus objective. L'auteure apporte des éléments à la réflexion et dresse un sévère réquisitoire contre l'approche archaïque d'un musée qui se rêvait comme l'ouverture innovante du XXIème siècle. C'est tout-à-fait justifié. Toutefois, il est étonnant de voir que l'ethnologue qui comprend fort bien les Dogon, les Tifalmin ou les Paramaka, semble avoir beaucoup de difficultés en revanche pour comprendre la conception française de la laïcité ! Comme si l'intrication de la religion et du politique rendait la société américaine plus proche des sociétés traditionnelles... De même, on aimerait que la critique portée envers la France et de sa difficulté à aborder la période coloniale trouve son équivalent, car si les amérindiens gèrent le musée à Washington, nous n'avons encore guère vu d'exemples d'autoflagellation américaine sur les génocides remontant au temps des conquêtes ou sur les crimes contre l'humanité perpétrés pendant la guerre du Vietnam... Il est peut-être plus facile de donner la parole aux communautés que de s'adonner à une autocritique. Si nous avons beaucoup de désaccords avec les thèses défendues par l'auteure, notamment sur la politique des restitutions ou sur la légitimité de parole accordée aux descendants d'une culture (qui entérine un essentialisme que l'auteure critique par ailleurs), en revanche les analyses sur les idéologies qui sous-tendent le musée du quai Branly sont des plus pertinentes à examiner. Une lecture qui demeure par conséquent stimulante. 
et à écouter

jeudi 10 mai 2012

Projections abstraites

Très belle oeuvre de Carsten Nicolai, Unidisplay, présentée en ce moment au musée d'art contemporain de Montréal dans le cadre de l'exposition sur les abstractions géométriques. Nous ne sommes guère amateur du genre habituellement, mais les abstractions sont ici proprement envoutantes, avec une captation du regard qui se promène de la science à l'art, de l'abstraction aux évocations des séries aléatoires et du cosmos aux matrices informatiques. Le mur écran avec ses deux miroirs de côté est d'une grande portée évocatrice. Cet art mathématique est plus convaincant que celui vu dernièrement à la Fondation Cartier à Paris. Le travail sur le son de cet artiste allemand est également très en phase avec cet hypnotysme généré par l'image en mouvement. Les séries toujours recommencées, toujours différentes, les séquences, les motifs géométriques, les ruptures, et puis ces fenêtres qui s'ouvrent sur mille possibilités et qui en choisit une pour nous emmener dans une expédition, avant que de revenir à l'écran de contrôle pour en sélectionner une autre. Une oeuvre que l'on pourrait regarder des heures durant, tant elle est éternellement recommencée. A voir jusqu'au 27 mai.

jeudi 3 mai 2012

Tim Burton

Qui prétendra que la culture n'intéresse pas ? Il est vrai qu'elle ne fait guère débat, et que ces élections ont démontré que les seules questions culturelles abordées par les candidats concernaient Internet et Hadopi. Pour le reste, le Syndeac a beau faire des lettres ouvertes, l'association des conservateurs des livres blancs, la revue Cassandre lancer des forums de débats et d'interpellations... tout cela demeure confiné, et les partis politiques s'en désintéressent visiblement. Le public est pourtant au rendez-vous, les jauges sont pleines dans les théâtres, les fréquentations augmentent dans les cinémas, les musées attirent toujours davantage. Certes, il y a des expositions blockbusters qui peuvent expliquer cela. Ainsi l'exposition Tim Burton à la Cinémathèque. Pourtant ce n'est vraiment pas l'espace adapté pour recevoir des foules, mais le succès est impressionnant. Le lieu a déjà dépassé les 100 000 visiteurs et va très certainement battre le précédent record des 140 000 visiteurs de l'exposition Kubrick en 2011. Comme dans cette dernière les reliques sont présentées et des admirateurs viennent se recueillir. Bon l'exposition est sans doute émouvante pour les fans, mais c'est ce qui entoure l'exposition qui demeure pourtant le plus original. Les projections, mais surtout l'appel à participation pour réaliser son film d'animation par exemple. Et même des quiz au restaurant le 51 ! On trouvera tout cela sur le site de la Cinémathèque.

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