CayVpNAT7ml2gRzbwqbd/1MvPCt81BAtirczG/NTy3s= MuséoGraphie-MuséoLogie: 2014
La Formation en muséologie :

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Master MEM

mercredi 31 décembre 2014

L'attachement aux choses

C'est sous ce très beau titre L'Attachement aux choses, que Thierry Bonnot, chercheur au CNRS, spécialiste de la biographie des objets, convie à la réflexion. Question évidemment essentielle pour l'anthropologie matérielle, mais qui concerne au premier chef les musées. Car le rapport à l'objet n'a rien d'évident, que signifie-t-il et pourquoi serait-il plus fiable qu'autre chose malgré les apparences ? La déconstruction de la croyance envers l'objectivité de l'objet a été conduit par la muséologie de la rupture et il n'est plus possible aujourd'hui d'y souscrire aveuglément comme l'ont fait et comme continuent à le faire bien des expositions. C'est ce dilemme que discute Thierry Bonnot montrant les positions souvent encore opposées des chercheurs et des professionnels des musées. L'objet est-il témoin ou relique ? Cette formule continue d'être posée, comme le confirme le retour à des expositions d'objets esthétisés, au détriment souvent des discours et des médiations (dans beaucoup de musées d'ethnologie, mais pas seulement). On pourra voir une manifestation de ce débat dans le succès depuis une semaine de l'exposition sur les cabinets de curiosité à Confluences qui démontre s'il le fallait que les publics sont souvent encore fascinés par les objets comme dans une foire aux monstres, et qu'il se passe volontiers des discours des chercheurs... L'ouvrage de Thierry Bonnot, parfois assez austère dans ses discussions théoriques, apporte une contribution essentielle pour mieux comprendre les enjeux.

jeudi 25 décembre 2014

Valérie Belin au Centre Phi

Saluons un nouveau lieu d'exposition d'art contemporain au coeur du vieux Montréal, lieu sous forme de fondation privée, évidemment, qui programme expositions, spectacles, concerts... Le Centre Phi se tient sur plusieurs étages le lieu est agréable et bien situé et programme avec le DHC/ART, situé à quelques rues de là. Pour l'heure, les deux sites exposent Valérie Belin, photographe parisienne dont l'oeuvre scrute le détail. Avec ses photos de femmes déshumanisées, rendues à l'état de mannequins, la photographe conduit une critique forte de la réification, alors que d'autres photomontages s'amusent des encombrements d'objets, à la manière de Niki de St Phalle. Nous aimons bien aussi les portraits dans les fleurs. Des grands formats très signés, où l'on retrouve parfois les photos des débuts de carrière de l'artiste, lorsqu'elle se jouait des reflets des verres et plats de cristal. Un travail original.

lundi 22 décembre 2014

Olafur Eliasson, avec bonheur

Heureusement, il y a l'exposition Olafur Eliasson et pour ça, cela vaut la peine. Très belles installations, toujours impressionnantes, qui fait chavirer davantage que le bateau qui l'héberge. Car sinon on pourrait l'appeler la Fondation Bling Bling tant l'architecture de Gehry est là pour faire impression, légère en apparence, mais de loin, alors qu'elle se révèle en réalité massive et assez lourde une fois dans ses entrailles. Composée surtout d'espaces chaotiques dont on se demande à quoi ils servent tant ils accueillent à peu près rien, si ce n'est quelques Giacometti toujours agréables à voir, La Fondation Louis Vuitton frime au bois. Une exposition est même entièrement consacrée aux maquettes réalisées par le Maitre pour le bâtiment, avec très peu d'explications, mais en toute modestie.
Une fois de plus, on vient pour admirer une architecture qui se pare et pour laquelle les oeuvres sont des prétextes. De toute façon, nous avons affaire à l'art contemporain d'affaires, affaires de placement et de positionnements. L'art peut bien être gazeux, comme disait Yves Michaud, puisqu'il s'agit de faire écho aux flux financiers internationaux désormais insaisissables. Tout est exposable du moment que consacré par le marché, et réciproquement. La Fondation servira donc à accompagner et favoriser la cotation des artistes. C'est un activateur de rentabilité. Rien de bien extraordinaire à voir dans ce voyage si ce n'est l'enveloppe. Il va falloir de belles expositions temporaires comme celle présentée actuellement pour motiver les retours.

vendredi 19 décembre 2014

Les Bulles de Bilbao

A l'heure où s'ouvre un grand musée, mais aussi la Fondation LVMH toute resplendissante à Paris, Jean-Michel Tobelem publie avec deux collègues un petit ouvrage fort sympathique qui revient sur les évolutions architecturales des musées à partir de l'expérience du Guggenheim basque, sous le titre Les Bulles de Bilbao. Les Mutations des musées depuis Franck Gehry. Trois textes fort stimulants. Et comme il est peu coutume en muséologie, des textes polémiques où les auteurs défendent des points de vue engagés. C'est salutaire, car cela donne à penser, à discuter, à débattre... La petite collection éditée par  Les éditions B2 est richement illustrée et d'un graphisme agréable. Jean-Michel Tobelem analyse les musées à l'heure du capitalisme triomphant, Luis Miguel Lus Arana revient sur l'expérience de Bilbao et John Ockman sur les aventures du Guggenheim.

mercredi 17 décembre 2014

Viollet-le-Duc, visionnaire du patrimoine ?

On aurait pu s'attendre à comprendre dans l'exposition Viollet-le-Duc, Les visions d'un architecte les tenants et aboutissants de ce qui fait débat dans les choix de restauration des sites et monuments. Car la manière de reconstruire en mêlant vision scientifique historique et volonté de faire oeuvre de création n'est plus aujourd'hui en principe le credo des adeptes du patrimoine. Il aurait été intéressant de revenir sur ce qui fait que Viollet-le-Duc a été remis en question et pourquoi de nos jours de tyranniques architectes imposent toujours leur credo mais au nom de l'histoire et non plus d'une vision créative. Le patrimoine s'en porte t-il mieux ? Ne faudrait-il pas réhabiliter Viollet-le-Duc dans sa démarche même ? Pour mieux comprendre on aurait aimé que le débat soit posé. Or, si l'on découvre l'homme, l'exposition ne s'attache guère à dévoiler les problématiques de la restauration.

Signalons également à la Cité de l'architecture, l'exposition AJAP 2014, albums des jeunes architectes et paysagistes, à voir jusqu'au 5 janvier, avec de belles propositions et un ingénieux système de caissons pour rendre itinérante l'exposition.

lundi 15 décembre 2014

Revoir Paris, la ville monde

L'exposition Revoir Paris, à la Cité de l'architecture, proposée par Schuiten & Peeters à partir de leurs travaux d'illustrateurs et de l'ouvrage publié en 2009, invite à voyager en s'appropriant deux siècles de visions urbaines, d'utopies ou de projections réalisées. La ville est modelée et remodelée par des visionnaires et l'exposition permet de suivre des explorations imaginaires et d'autres devenues utopies concrètes, selon les époques et les folies envisagées. Si la Tour Eiffel n'est toujours pas une station pour dirigeable, selon la manière de voir le vingtième siècle d'Albert Robida en 1883, en revanche d'autres aménagements ont bien eu lieu. Les expositions universelles, le métropolitain, la création des parcs sont autant d'occasions pour repenser la ville. Parce qu'ils sont particulièrement sensibles à l'architecture, Schuiten & Peeters se laissent aller à envisager les métamorphoses urbaines à venir au gré de leur imaginaire, dans une exposition fleuve assez amusante.

samedi 13 décembre 2014

Exhibit B, parce que l'exposition est un spectacle

Ce qui est étonnant dans cette affaire, ce n'est pas le spectacle lui-même, belle cérémonie commémorative pour se souvenir ensemble des horreurs de l'histoire des hommes, ce qui est choquant ce sont les réactions que cette exposition-spectacle suscite. Avec Exhibit B, le metteur en scène Brett Bailey signe une oeuvre forte et suffisamment parlante pour ne pas être ambiguë. Le contenu n'est en soi guère nouveau, et l'exposition L'Invention du sauvage au Quai Branly il y a quelques années faisait déjà une démonstration similaire. Ceux qui prétendent qu'il s'agit là de zoos humains font la preuve de leur inculture en ne comprenant pas que ce sont ceux là-mêmes qu'ils contestent qui leur ont permis de faire surgir cette problématique historique (en autre Pascal Blanchard). Et puis exposer des êtres humains, Beaubourg l'avait fait à ses débuts, avec une exposition dénonçant la femme objet et les arts de la rue ont souvent exploré cette forme, comme Sérial Théâtre avec ses femmes monstres, ou encore Kumulus avec les SDF. L'exposition-spectacle prouve aussi la relation forte des deux approches, comme forme de création. Très belle performance donnée au 104, sous la garde de dizaines de cars de CRS, à cause de quelques abrutis incultes.
Voir notre article à propos des spectacles prenant l'exposition comme forme.

vendredi 12 décembre 2014

Collection abcd / Bruno Decharme : un beau voyage

Etonnante collection que celle de Bruno Decharme, qui signe le commissariat de son exposition de concert avec Antoine de Galbert à la Maison rouge. Collection d'art brut de plus de 3500 pièces dont la sélection présentée est ici disparate, mais qui présente de ce fait une initiation à un univers qui dispose déjà de ses artistes "classiques", Aloise Corbaz ou Adolf Wölfli, mais aussi des choses moins connues. Le goût du morbide semble caractériser l'unité de la collection, et l'exposition en douze sections invite à un voyage peu ordinaire. Jeux avec le langage, jeux avec les matériaux, avec l'architecture, avec la maladie mentale peut-être et même avec les sciences comme autant de réjouissances. C'est peut-être au fond ce qui caractérise l'art brut, le jeu associé à l'irrépressible besoin d'expression. Retenons cette oeuvre bicéphale où l'artiste présente dans une petite boite les cendres de son père et de sa mère, encerclée de tous les jours de leur vie, en guise de généalogie familiale, il fallait y penser !

mercredi 10 décembre 2014

Art + science, impressions décuplées

Rien que pour l'installation Matrice Liquide 3D, réalisée par Shiro Takatani - idée que l'artiste a eu parait-il lors d'une visite à Lille en 2001-, et que Christian Partos utilise à son tour avec une seconde proposition, l'exposition vaut le détour. 900 électrovalves commandées par ordinateurs proposent des sculptures aquatiques fascinantes. Ainsi avec Art Robotique, la Cité des Sciences propose un volet de créations originales et captivantes. Les Animaris de Théo Jansen fascinent également les visiteurs, d'autant que des démonstrations théâtralisées originales racontent la création comme s'il s'agissait d'un conte fantastique, médiation surprenante et bien rodée. Notre oeuvre préférée est cependant celle de Shun Ito, intitulée Cosmic BirdsRichard Castelli, le commissaire scientifique invite ainsi onze artistes chercheurs d'expressions artistiques via la robotique, et même si la chose n'est pas nouvelle, puisque Tinguely en est quelque part l'ancêtre, il semble bien que cette dimension soit prometteuse. Le même jour nous allions voir le Sacre du printemps mis en spectacle par Roméo Castellucci à la Grande Halle prouvant décidément que la robotique est une approche artistique actuelle, puisque le plateau de la scène est également habitée de machines surprenantes. Spectacle vivant ou musées, l'art robotique est devant nous. Exposition à voir jusqu'au 4 janvier à la Cité des Sciences.

samedi 6 décembre 2014

Passions secrètes au Tri postal

L'exposition Passions secrètes : collections privées flamandes qui se tient au Tri postal jusqu'à début janvier, sous l'égide de Lille3000, regroupe des oeuvres acquises par des collectionneurs de la région de Courtrai. Avec 140 oeuvres, propriété de 18 collectionneurs, l'exposition invite à un drôle de voyage, mêlant de curieuses propositions, à l'image de cette dépouille de cheval en suspension de Berlinde de Bruyckere. La commissaire d'exposition Caroline David, directrice des arts visuels au sein de Lille 3000, met en scène des collections hétéroclites, ce qui est normal puisque issues de collectionneurs ayant évidemment des goûts différents, toutefois l'ensemble reflète l'art contemporain international, avec ses grands noms et ses nouvelles normes. S'il s'agit de saisir des tendances, c'est assez peu des artistes émergents dont il est question, mais davantage de ceux dont les cotations sont assez élevés pour constituer de bons placements (même s'il nous est assuré que les collectionneurs en question collectionnent par amour de l'art). On pourra découvrir des artistes de l'Europe du nord, un peu moins connu que Wim Delvoye ou Jan Fabre. Mention spéciale pour Marriage (oui avec 2 r !) de Elmgreen & Dragset.

jeudi 4 décembre 2014

Les musées et leurs publics : savoirs et enjeux

C'est sous ce titre que vingt après un colloque important, tenu en 1994, les musées de la civilisation à Québec, sous la houlette de Lucie Daignault et Bernard Schiele, ont réuni durant deux jours début décembre des intervenants proposant des communications concernant l'évaluation et les enquêtes de connaissance des publics.
Mieux que cela, un ouvrage est paru, sous la direction de Lucie Daignault et Bernard Schiele, qui fait le point sur bien des aspects et apporte une bibliographie conséquente en la matière, mais aussi un glossaire. Pas moins de 22 auteurs pour un ouvrage de 360 pages, un beau travail ! Merci pour cet outil qui sera nécessaire.

samedi 29 novembre 2014

Bringuebalés, mémoires d'immigrés

Pour ceux qui n'auront pas eu le temps de voir cette belle exposition à la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration, en echo à la Galerie des dons, Mémoires tribulantes. Carnets d'objets sans frontières, un travail conduit par un collectif d'artistes sur les objets présentés à l'étage, il est toujours possible de se rattraper en consultant l'ouvrage édité Bringuebalés. Le collectif des Carnettistes tribulants regroupe une vingtaine d'artistes dont onze ont participé à l'exposition, par la broderie, la peinture, l'écriture, l'illustration etc. Le travail graphique est remarquable. Emouvants récits mêlant le biographique et la création qui prolonge un travail ethnographique par des regards décentrés et malicieux parfois. Là où la fiction poursuit le récit de vie et vient dialoguer par de subtiles jeux.

jeudi 20 novembre 2014

Gary Winogrand au Jeu de Paume

Fort peu convaincu de l'exposition de photographies de Gary Winogrand au Jeu de paume. La série, en dévoilant une vision de l'Amérique, constitue tout l'intérêt de l'exposition, car au final très peu d'images présentées ici ont un quelconque intérêt en elles-mêmes. Elles sont en général d'une facture assez banale. La qualité photographique est souvent mauvaise, avec un grain et une tonalité peu envoutante - et il semble que l'on pourrait trouver beaucoup de clichés d'un égal intérêt chez des particuliers, puisqu'encore une fois, la seule différence notoire, est dans le nombre qui fait série. Le tirage de son côté n'est pas exceptionnel. Bref, une exposition assez surfaite à notre goût. Parce que présentées dans des lieux consacrés, ces photographies prennent de la valeur. Nous sommes pourtant loin de Walker Evans, de Lee Friedlander ou de Eliot Erwitt

lundi 17 novembre 2014

Sade, attaquer le sommeil

Bien sur qu'il parait courageux dans une institution recevant des milliers de visiteurs d'exposer des gravures et des images licencieuses vouées en principe à demeurer dans le secret de l'alcôve. Il n'y a pas si longtemps qu'un éditeur était condamné pour avoir publié Sade, et à l'heure des ligues de vertus renaissantes et des pères la pudeur qui protestent par exemple contre l'exposition Titeuf à la Cité des Sciences, on est en droit de s'inquiéter des réactions. Mais Sade ne semble plus déranger, et cela peut étonner. C'est même peut être là un signe : si Sade n'est plus sulfureux, c'est qu'il n'est plus dérangeant, qu'il n'est plus moderne. On peut l'exposer dans un grand musée national comme Orsay, sans provoquer aucune réaction. Qu'est ce que cela signifie ? C'est au final ce que l'on aurait aimé analyser grâce à l'exposition. Or, recenser les dessins, les peintures et autres productions peuplés de nus, de phallus, de corps violentés, de supplices et autres joyeusetés est au final assez lassant. Un brin ennuyeux. Ca amuse cinq minutes, mais on a l'impression au final que tout cela est assez peu nouveau. Ce qui est était transgressif au temps des surréalistes est devenu complètement intégré par la société de consommation du sexe. Peut être même que ce qui était excitant du temps de Bataille pour des générations rendues névrosées par des siècles de christianisme tend à devenir une simple bizarrerie. L'exposition fait feu de tous bois, dans un joyeux amalgame, et c'est volontiers sa limite. L'analyse de l'érotisme sadien, de sa nature, mais aussi de la portée et des incidences de sa philosophie, sans parler de la qualité de son écriture littéraire, paraitrait plus opportune. En quoi Sade est il encore intéressant aujourd'hui ? Ce sont ces questions que l'on aimerait explorer. L'exposition de Régis Michel au Louvre il y a quelques années, La peinture comme crime allait bien plus loin que celle d'Annie Le Brun, et d'une autre manière, X spéculations sur l'imaginaire et l'interdit au MEN également. Bref, en se prétendant subversif, Orsay propose quelque chose au final d'assez classique et convenu. 

mardi 11 novembre 2014

Museomix 2014, un bon cru

ça y est, jour de repos après 4 jours de folie pour les 950 museomixeurs et les personnels des 7 musées répartis dans le monde (Saint-Etienne, Arles, Nantes, Lille, Genève, Derby et Montréal) qui ont travaillé jours et nuits pour faire aboutir des prototypes déraisonnables. Avec une quarantaine de propositions, cette édition 2014 se sera déroulée dans une assez grande sérénité, même s'il existe toujours des coup de stress et des imprévus. Le public était au rendez-vous dans les sites le dimanche, et certains lieux poursuivent l'aventure en présentant le travail réalisé durant toute la semaine. La médiation se réinvente ensemble. Le journal Le Monde lui-même y consacre un article. L'événement s'inscrit dans le paysage. A Lille, étaient présents beaucoup d'étudiants du master MEM, mais aussi d'anciens étudiants, dont beaucoup dans l'organisation, - mais le MEM était représenté aussi à Derby et à Arles ! - et au final dans tous les sites, puisque le master est partenaire de Museomix global pour conduire l'évaluation. Par conséquent encore du travail en perspective pour mieux préparer 2015 !

dimanche 2 novembre 2014

Niki vous fait du bien

Ce n'est pas vraiment ce qui est le plus original aujourd'hui que de se précipiter à l'exposition Niki de Saint Phalle, aux Galeries nationales du Grand Palais, tant tout le monde ne parle que de ça, mais c'est avec raison, car c'est effectivement une très belle exposition, très intelligente et très sensible. On peut se régaler des oeuvres, mais aussi des extraits d'interviews et d'une scénographie subtile qui met à merveille en valeur les propositions. Si ce sont les oeuvres de la première période qui sont pour nous les plus touchantes, déclinaisons des mariées, des prostituées et des sorcières, la série des nana ou encore les triptyques sont autant de moments délicieux. Nous goutons moins la dernière partie sur les réalisations architecturales, plus spectaculaires dont l'effet en salle est nécessairement amputé. En huit parties, l'exposition invite à un parcours plein de surprises. Une application numérique fort bien faite et des médiations pour les personnes non voyantes semblent d'une grande efficacité. Choisir plutôt les nocturnes pour apprécier vraiment l'exposition.

mardi 28 octobre 2014

National Gallery : 2h53 au musée, mon dieu que c'est long !

Frederick Wiseman nous avait déjà passablement endormi avec un film de 4h40 sur l'université américaine intitulé At Berkeley, un documentaire fort ennuyeux qui n'en finissait pas de ne pas savoir où il allait, mais voici qu'il s'en prend au musée et qu'il jette son dévolu sur la National Gallery, avec 2h53 qui s'étire en longueur. Car le film n'a aucun parti pris, ne développe aucune thèse, ne met en oeuvre aucune perspective, mais enchaine des entretiens, des publics nécessairement contemplatifs (comment en serait-il autrement dans un musée d'art ?!) et de très beaux plans sur de très belles oeuvres. Certes, il y a là plein de chefs d'oeuvres dans ce musée, mais avait-on besoin d'un film pour le savoir ? Cela dure 2h53, cela pourrait durer 15 heures ou trois jours, car aucune raison ne dicte la durée, puisque les extraits s'enchainent et reviennent sans ordre logique. Un musée, c'est par nature infini dans ses possibilités. On songe à la distance avec la série des Palettes, films qui proposent de vraies lectures des oeuvres et surtout du film de Nicolas Philibert, La Ville Louvre, qui date d'environ 25 ans... Si ce film a vieilli, il demeure un documentaire pertinent sur les coulisses du musée et sur ses métiers. A la National Gallery, il est davantage question de rentrées de fonds, de sponsors et de budgets, sans doute le reflet d'une époque. Pour le reste, il y a bien quelques éléments intéressants, sur telle ou telle analyse, telle restauration, mais le moment du film le plus distrayant est encore lorsque Greenpeace intervient pour le climat, pour le reste c'est ennui assuré.

dimanche 19 octobre 2014

Matière grise : matériaux, réemploi, architecture

Intéressante exposition, astucieuse dans son principe, avec de belles idées de médiation pour expliciter les informations développées, présentée au Pavillon de l'Arsenal sur l'architecture de récupération. Construire c'est bien, mais reconstruire avec des matériaux recyclés c'est mieux ! Car les ressources de la planète s'épuisent alors que les déchets s'accumulent, point de départ de la démonstration. Chaque image explicite les innovations de par le monde et des textes bien composées expliquent que d'autres utopies sont possibles pour aménager les bâtiments à l'avenir. "Consommer plus de matière grise pour consommer moins de matériaux", telle est la devise de tous ces projets qui ont en commun de proposer des créations originales à partir de vieux pneus, de bouteilles, de portes et fenêtres ou de palettes usagées, mais aussi des moquettes, des vieux vêtements ou encore des caisses de bières. Bien des données sont avancées, sur un mode simple et efficace. Bel exemple expographique de ce que l'on peut faire pour dépasser l'exposition panneau et mettre en scène des données qui s'avèrent d'emblée peu facile à exposer. Ajoutons que l'exposition s'applique à elle-même les principes prônées en jouant de la récupération des scénographies précédentes pour se réaliser. Des ateliers de fabrication sont conduits en complément pour mettre la main à la pâte. Un petit régal.

jeudi 16 octobre 2014

Scènes de crimes au musée

Le Musée de la photographie de Charleroi convie à une exposition pour le moins singulière, âmes sensibles s'abstenir ! Nous avions parlé il y a quelque temps d'une exposition présentée au Grand Cursus de Liège sur les archives de la police, ce sont aujourd'hui celles de la criminelle qu'expose le musée de Charleroi. Effectivement, la photographie est un instrument scientifique et documentaire, un outil de travail pour les enquêteurs, aussi est-elle prise avec soin et procédure. L'exposition présente ainsi des récits de crime avec bien souvent des mises en scène à faire frémir. Rodolphe Archibald Reiss, le photographe, s'est spécialisé dans le théâtre du crime, auquel l'exposition rend ici un hommage impressionnant. Une occasion pour revoir ce très grand et très beau musée, et le parcours permanent au gré de l'histoire de la photographie.

samedi 11 octobre 2014

Talisman, magie et autres sortilèges

L'antenne Nord Pas de Calais, de l'IMA, Institut du Monde Arabe de Paris, mérite d'être connue. Elle effectue un travail sur le quartier de La Tossée, ancien lieu industriel en réhabilitation de Tourcoing. Son exposition est consacrée à Un Art secret : les écritures talismaniques de l'Afrique de l'Ouest. Drôle de titre d'abord, puisqu'il ne s'agit pas vraiment d'un art, mais plutôt de croyances envers des esprits qui animeraient nos vies et les orienteraient. Ainsi en portant sur soi des gris-gris et autres fétiches, l'individu croit influencer le destin. Bon, passons sur les pratiques obscurantistes que Les Lumières ont combattu en leur temps et qui se voient désormais réhabilitées par les ethnologues comme autant de pratiques culturelles quasi savantes. Ces rituels magiques ont lieu un peu partout dans le monde, et nous avons l'impertinence de penser qu'il est assez heureux qu'un certain rationalisme scientifique les ait rendu un brin étranges. L'exposition rend compte de cette imbrication entre magie et religion, quand le Coran s'en mêle, et présente des objets jetés au rebut dans les décharges une fois leur potentiel épuisé. Exposition intéressante, qui n'est pas sans laisser dubitatif sur la fonction de l'institution culturelle, est-ce vraiment son rôle que de présenter sans accent critique un rituel comme si on avait là affaire à un art populaire qui mérite d'être légitimé ? Vaste débat qui ne manquera pas de faire naitre les controverses... En attendant, c'est gratuit et accompagné d'ateliers, conférences et débats sur le sujet.

jeudi 2 octobre 2014

Arras vous fait la cour

Une fois n'est pas coutume : transgressons nos principes de ne parler ici que des expositions que nous avons vues ! Pour une fois parlons d'une exposition que nous n'avons pas encore eu la chance de découvrir. Nous nous sommes pourtant rendus à l'inauguration, mais il y avait tant de monde qu'il était inutile d'espérer la voir dans de bonnes conditions, il faut dire que Manuel Valls avait fait le déplacement. C'est peut-être ce moment là que Didier Rykner a choisit pour visiter, d'où sa mauvaise humeur. Car sur le site de la Tribune de l'art, le critique assassine littéralement l'exposition. Grosso-modo deux arguments sont mis en avant. Le premier est qu'il ne faut pas éloigner des institutions parisiennes le patrimoine et que tout transport est donc suspect d'être dangereux, surtout si c'est pour les gueux de province. Le même auteur nous servait la même sauce il y a deux ans à propos du Louvre-Lens. Bref, rien de nouveau. L'autre argument est plus fondamental et s'attache à critiquer la scénographie, surtout lorsqu'elle ne se résume pas à de belles vitrines et de savants éclairages. Les choix de mettre en contexte et d'être un peu trop explicite et littéral déplait, encore plus d'être ludique, même si cela permet à ceux qui n'ont pas la chance de faire partie des élites de s'approprier un peu mieux les oeuvres. Il y a aurait beaucoup à dire sur les propos réactionnaires de Rykner, le patrimoine étant sacralisé pour lui-même et non utilisé pour faire vivre des expériences à nos contemporains. Nous pourrons y revenir, notons seulement qu'une fois encore, il faut remettre sur le métier l'ouvrage face à des supposés experts qui entendent nous faire la leçon.
Merci pour la photo empruntée à http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20140927.AFP6996/exposition-arras-vous-fait-la-cour-visite-intime-du-chateau-de-versailles.html 

mardi 30 septembre 2014

Le Goût des autres

Fort intéressante exposition à l’Abbaye de Daoulas sur l’alimentation au travers le monde, complétée d'une seconde exposition sur le peuple de l'Omo, dans les jardins, avec des photographies de Hans Silvester, très forte également. Comme à son accoutumée, le lieu propose un voyage à la rencontre de la diversité des manières de faire sur la planète. Quoi de plus universel en apparence que l’alimentation ? Quoi de plus spécifique et attaché à une culture et à un territoire, à une histoire et aux hommes et femmes qui l’habitent ? Quoi de plus évident pour dire la bêtise du racisme alors que la France regorge de restaurants exotiques et que ceux qui mangent mais ne pensent guère aiment à se faire des merguez le samedi soir ou à dévorer une pizza ou des sushis mais à vanter haut et fort les mérites de leur seule petite patrie ? Dans cette terre de Bretagne, à l’extrême Finistère, là où tout commence parait-il, Daoulas affirme que les échanges sont nécessaires et enrichissants. Cette exposition le démontre, une fois encore en allant de la Bretagne bretonnante et ses traditions culinaires jusqu’en Chine ou en Inde, et à nous convier à de multiples voyages. Très belle scénographie de l’agence Gulliver également, ingénieuse et pleine de surprises. Belle tenue du propos, belle qualité de présentation, pour un moment agréable et instructif. Des expositions de société, comme on les aime ! 

mercredi 24 septembre 2014

Tiki Pop, une dose d'exotisme

Drôle d'exposition proposée par le musée du Quai Branly, Tiki Pop met en scène une mode des années d'après guerre, sévissant surtout aux Etats-Unis, qui cherche dans les îles lointaines de l'Océanie des ressources en imaginaire pour agrémenter son quotidien. Ainsi les boites de nuits, les bars et les restaurants, les bowlings et les motels, la musique et les vêtements, les films et les bandes dessinées, mais aussi la publicité recourent à des images stéréotypées des mers du sud. Qui n'a jamais rêvé de la Polynésie, longtemps conçue comme un paradis sur terre ? L'exposition introduit le sujet de manière assez austère, dans une scénographie un peu pauvre, alors que l'on pourrait s'attendre à des reconstitutions et des ambiances légères. Celles-ci arrive plus tard dans la parcours quand le visiteur découvre enfin un bar reconstitué. On sait que le Quai Branly est peu adepte des reconstitutions et les expositions semblent y céder avec parcimonie et très timidement. Les objets et les discours sont dans l'ensemble assez répétitifs et on reste un peu sur sa faim pour les analyses, - nous sommes loin de la merveilleuse exposition Kanibales et Vahinées, présentée il y a longtemps au MAO -, mais l'exposition devient plus convaincante sur la fin, au fur et à mesure que l'on progresse dans le parcours.

vendredi 19 septembre 2014

Le FRAC Centre à la conquête de l'espace

Le FRAC à Orléans se visite d’abord pour le coup d’oeil. Il porte bien son nom car Les Turbulences jettent un coup de jeune à la ville. Si l’architecture du FRAC de Franche-Conté laisse à désirer celui du FRAC Centre est convaincant. L'Agence Jakob & MacFarlane proposent des espaces agréables et surprenants, une insertion qui met en valeur l’ancien bâtiment, qui n’avait rien d’exceptionnel tout en soulignant par un geste contemporain que nous sommes bien entrés dans le XXIème siècle. C’est cohérent aussi avec les collections, car c’était un défi à relever, plus à Orléans qu'ailleurs, pour des architectes qui savent qu’ils seront nécessairement analysés alors que le lieu consacre, fait rare pour un FRAC, un espace d’exposition permanent dédié justement à l’architecture. C'est là depuis longtemps la spécificité du FRAC Centre et de la ville d’Orléans. Des belles maquettes, la collection en conserve près de 800, révèlent les utopies et les rêveries de ceux qui construisent pourtant notre quotidien. On peut y suivre les démarches conduites depuis quarante ans pour repenser les formes et les fonctions.

jeudi 4 septembre 2014

L'Amour, c'est pas si bête

L’exposition sur l’Amour chez les bêtes présentée au museum de Dijon n’évite pas les écueils du sujet, à commencer par le titre. Parler «d’amour», terme pour le moins humanocentrique, voire même anthropocentrique, alors que l’on aborde la sexualité animale est problématique. Sans assumer vraiment ce que peut avoir de discutable l’assimilation, et sans aller jusqu’à traiter de la sexualité humaine, on va de l’amour chez les humains à la sexualité animale. Seule ligne de partage acceptable les comportements de séduction mise en oeuvre, mais pourtant déclinés de façon fort variable. Ces amalgames omniprésents et récurrents chez les ethologues constituent la trame d’un scénario assez peu probant. Sans entrer dans le détail, même si des assimilations énervent, tel que l’amour maternel naturalisé comme évidence... D’autres choses sont plus amusantes, comme la question autour de l'utilité des mâles, des changements de sexe chez certaines espèces, etc. Tant que l’exposition reste sur son sujet, la sexualité animale, elle est pertinente. La même constatation pouvait être faire dans Bêtes de sexe l’année passée dans la dernière salle du Palais de la Découverte, mais l’exposition dans son ensemble n’était pas du même calibre. 

lundi 28 juillet 2014

Aux Augustins : Jorge Pardo

Drôle d’intervention de Jorge Pardo, invité par le Musée des Augustins dans le cadre du Festival international d’art, pour une installation qui restera en place durant les deux prochaines années. Au coeur de la salle capitulaire, des chapiteaux un peu délaissés seraient mis en valeur par l’intervention de l’artiste. Bon, s’agit-il vraiment d’une oeuvre ? D’une simple scénographie ? Y-a-t-il désormais une différence entre les deux démarches ? Est-ce là le signe de notre monde, qui entoure désormais de kitsch et de décorations toutes les productions humaines pour les reléguer dans un vaste supermarché culturel ? Car l’intervention est symptomatique de ce mauvais goût américain que l’on retrouve couramment mis en oeuvre pour la décoration de restaurants italiens, qui se prétendent chics dans l'espoir d'attirer une clientèle de parvenus. Il y en a plein les zones commerciales ! Rien de tragique dans cette accumulation de couleurs criardes et de vilains carrelages, sans parler des lustres grotesques. On ne voit plus trop les chapiteaux, mais ce n’est pas bien grave, de toute façon ils sont d’un mortel ennui, en revanche on passe du temps dans cette salle à se demander ce que l’on voit, et puis cela fait rouspéter tous les réac, et ça c’est le plus amusant. Et ça change aussi un peu nos horizons, c'est toujours ça. 

lundi 21 juillet 2014

Retour sur une exposition légendaire

A la fin des années 80, période faste pour la muséologie, en 1989 exactement se tenait au Centre Pompidou et à la Grande Halle de la Villette, une exposition Les Magiciens de la terre, sous la commissariat général de Jean-Hubert Martin. Cette exposition fera date pour plusieurs raisons, mais d'abord parce qu'elle affirme et revendique un décloisonnement des cultures, en présentant des artistes du monde entier. Elle pose surtout la question "Qu'est-ce que l'art ?", et par extension "Qu'est-ce qu'un artiste ?" En mélangeant les arts, mais aussi l'artisanat et les formes inclassables provenant des collections ethnographiques - ce qu'avaient déjà esquissé les surréalistes par exemple, par recherche et par provocation et non comme modèle partagé -, une approche se voit consacrée et légitimée par l'institution, et désormais acceptée comme paradigme par les publics. 25 ans plus tard, Beaubourg revient sur cette exposition, sous la houlette de Annie Cohen-Solal en demandant à l'artiste Sarkis de concevoir une frise d'images évoquant l'exposition.
Démarche fort intéressante que de revenir sur des expositions cultes et de les revisiter (c'était le cas de la célèbre exposition de Harald Szeeman de la Kunsthalle de Berne de 1969 revue l'an passé à la biennale de Venise). Toutefois, on demeure un brin déçu que les questions de fond soient éludées, sur les effets de l'exposition sur le long terme (par exemple la programmation de la Fondation Cartier nous semble dans la droite ligne des Magiciens de la terre), mais aussi sur les enjeux et problèmes induits, par exemple la confusion entre art et ethnographie... Car s'il est un paradoxe, c'est bien qu'au nom de l'anticolonialisme, c'est encore l'Occident qui choisit certaines formes et qui les fait sortir de leurs fonctions premières pour les sacraliser en objets esthétiques. Il aurait été pertinent d'ouvrir un débat.
Le plus intéressant ce sont les documents d'archives qui dévoilent les manières de travailler de l'époque, la définition du concept scénographique et les moyens consentis pour réaliser une exposition, avec force expéditions de par le monde, cela fait rêver ou laisse songeur...
A noter ce site internet sur l'exposition de 1989 pour les archives : http://magiciensdelaterre.fr

dimanche 13 juillet 2014

Tous photographes ! La Charte des bonnes pratiques

Bientôt en première page du site du ministère ! La Charte des bonnes pratiques invitant les musées, d'abord les musées nationaux, mais à titre d'exemple pour l'ensemble des lieux, à non seulement autoriser, mais encourager les visiteurs à faire des photographies dans les musées. Rarement les séminaires d'un groupe de travail (conduit en 2012-2013), une journée d'étude (que nous avions co-organisé au Louvre-Lens), mais aussi une publication en muséologie (Visiteurs photographes au musée, publié avec Anne Krebs et Mélanie Roustan à la Documentation française), n'auront eu autant d'impact. Le ministère va même plus loin en proposant non seulement une charte, mais aussi un logo et une très belle affiche à télécharger et à apposer dans les musées, ainsi qu'une campagne de clips sur les services publics de l'audiovisuel. Voilà qui devrait peut-être, on ne sait jamais, convaincre les plus récalcitrants à revoir leur position... Rappelons que l'affaire est partie d'un collectif de visiteurs mécontents, le groupe OrsayCommons, dont les actions à Orsay ont déclenché toute la réflexion sur l'importance de laisser les visiteurs s'approprier avec ce premier geste créatif : la prise de vue. Depuis, en quelques années, une évolution notoire est à constater. C'est aussi un courrier adressé au ministre par un collectif de citoyen et de représentants d'associations qui a déclenché la volonté de se pencher sur la question et de faire évoluer les esprits. De quoi démontrer que l'action citoyenne peut avoir des effets tangibles et redonner de l'espoir.
Pour en savoir plus : http://www.culturecommunication.gouv.fr/Ressources/Documentation-administrative/Tous-photographes-!-La-charte-des-bonnes-pratiques-dans-les-etablissements-patrimoniaux

samedi 12 juillet 2014

Le Mur : oeuvres de la collection Antoine de Galbert

Une fois de plus Antoine de Galbert nous surprend. En mettant en scène sa collection à la Maison rouge, à l’occasion des dix ans de la Fondation (car il n'y a pas que la Fondation Cartier qui fête son anniversaire !), avec une exposition intitulée Le Mur, le collectionneur invite un logiciel pour assurer le commissariat ! Drôle de pied de nez ou de provocation envers le milieu.  Il s’agit de placer le plus d’oeuvres dans un espace contraint. Sur 278 mètres de cimaises, le projet est de dérouler la collection sans prendre parti. Faire croire à la neutralité du logiciel qui choisirait en fonction de la taille des oeuvres (mais peut-être n’est-ce pas si différent au final de certains choix faits ailleurs !). On s’étonne malgré tout de quelques rapprochements malicieux et on a du mal à croire que c’est le pur hasard, mais le doute subsiste. Exercice muséologique intéressant en tous les cas. Cela révèle aussi les choix du collectionneur, souvent morbides, malsains ou au moins étranges, mais pourquoi pas. Une exposition sous le signe de l’accumulation, l’aléatoire, le jeu, le relatif, le goût ou plutôt le mauvais goût... Signalons surtout le système de cartels numériques, disponible sur son smartphone certes, mais aussi sur des tables tactiles, oeuvres classées par mur. Si ce n’est pas toujours très pratique, la volonté de rendre le cartel portatif et emportable est dans l’ère du temps et s’avère ici particulièrement judicieux. Qui plus est, pour une fois, on peut prendre des photos, on ne s'en plaindra pas ! 

dimanche 6 juillet 2014

Samouraï à Nantes

Drôle d’idée de faire une exposition Samouraï à au Château des ducs de Bretagne à Nantes, mais c’est l’occasion de revisiter 1000 ans d’histoire du Japon. Le musée d’Histoire ne s’enferme donc pas dans un seul rôle de mise en avant de l’histoire locale, avec la bretagne bretonnante, et c’est tant mieux. En prenant le thème du Samouraï, c’est l’occasion de nous faire réfléchir à nos connaissances en la matière, au final si réduites, alors que nos imaginaires sont saturés de représentations. Finalement le stéréotype ne l’emporte t-il pas sur la réalité ? On pourra à ce titre trouver que l’exposition fait une fois de plus la part belle aux collections, certes splendides, au détriment des aspects les plus contemporains qui sont traités en fin d’exposition assez rapidement. Pourtant l’imaginaire de la science-fiction, des mangas, des films et dessins animés se nourrissent de cette histoire. Partir de cela pour s’interroger sur l’histoire réelle nous aurait paru moins classique..., mais ne boudons pas notre plaisir, le traitement de l’exposition est très plaisant, avec une iconographie splendide. Le début et la fin de l’exposition se répondent magnifiquement avec un beau traitement scénographique (un petit bémol pour les socles sur lesquels reposent les sabres qui sont d’une laideur étonnante, sans doute une urgence avant l’inauguration, chose qui sera remédiée ensuite ?). Une exposition à voir et à admirer jusqu'au 9 novembre.

jeudi 3 juillet 2014

Toulouse Ours

Très belle exposition Ours. Mythes et réalités au Muséum d’Histoire naturelle de Toulouse qui invite à se frotter à la bête mythique, à ses croyances, aux légendes, mais aussi à ses modes de vie, à la diversité des espèces, à ses conditions d’évolution et à sa mise en danger. Si le cas de l’Ours Cannelle n’est pas le motif principal de l’exposition, elle est bien présente pour le plus grand plaisir des journalistes. Dommage peut-être de n’avoir pas joué le jeu d’un véritable espace d’interprétation où les partisans et adversaires ce seraient entretués hardiment, le musée jouant son rôle d’activateur des débats au sein de la société contemporaine. En demeurant hors de la polémique, on préserve le rôle objectivant et scientifique de l’institution, mais au détriment d’un investissement des concitoyens dans le lieu. Reste que c’est une très belle exposition, que l’on prend plaisir à visiter. Les métaphores entre l’ours et l’homme sur les comportements, les analyses de Jean-Christophe Victor ou de Boris Cyrulnik apportent également des dimensions supplémentaires. 

lundi 30 juin 2014

Anne et Patrick Poirier : Exercice de mémoires

Nantes, et plus spécialement le musée des beaux-arts (qui se métamorphose en musée d’arts pour une réouverture en 2018) donne à Anne et Patrick Poirier de beaux espaces pour des propositions d’expositions démultipliées et complémentaires. En puisant dans les fonds du musée des beaux-arts, mais aussi du museum d’histoire naturelle, les deux artistes investissent plusieurs lieux, pour jouer des jeux de rémémoration, interpeller le visiteur par touches sensibles et subtiles, du Lieu Unique où les odeurs sont autant de réminiscences, au Passage Sainte-Croix avec des représentations de femmes dans l’art (même si deux oeuvres s’invitent en toute incongruité), et surtout Phantasma dans un curieux Temple du goût, hôtel particulier investi pour l’occasion. A voir aussi à la Maison régionale de l’architecture, Amnesia. Le projet Curiositas flirte avec une archéologie du quotidien, un jeu où l’autobiographie interpelle les propres souvenirs du visiteur, susceptible de projeter ses propres fantasmes mémoriels. Comme un poème, plutôt qu’une démonstration, car les thèses suivies sont assez faibles, l’exposition est un jeu de clin d’oeils

samedi 28 juin 2014

à Nantes, l'expo, c'est d'abord dans la rue

Le Voyage à Nantes, c’est parti ! Cul par dessus tête, c’est la première impression qui se dégage lors de l’arrivée à Nantes, avec les interventions de Quentin Faucompré, Pascal Lebrain et Olivier Texier. Voilà qui fait se rejoindre arts plastiques et arts de la rue, au final arts dans l’espace public. Les enseignes revisitées, les rues sans dessus-dessous, et aussi quelques installations, comme celle de Vincent Mauger, très belle oeuvre, mais qui n’a pas pris en compte la réalité de l’espace public et de ses contraintes visiblement, et qui se voit par conséquent entourée de vilaines barrières pour en barrer l’accès... Une sculpture très laide de Aida Makoto et des installations avec le concours des espaces verts de la ville, de Patrick Dougherty ou encore dans le jardin botanique des métamorphoses amusantes pour petits et grands, signés Claude Ponti. Il y a en a pour tous les goûts ! Dommage que l'application smartphone ne soit pas top et ne remplace pas le guide papier, mais c'est une belle prise de contact avant que de rentrer dans les expositions... 

mardi 24 juin 2014

Après le printemps, Toulouse en art

Des propositions du Festival international d’Art de Toulouse qui vient de se terminer, nous retiendrons peu de choses, car l’ensemble laisse une impression mitigée, avec des choses intéressantes, mais assez disparates. Même si le travail méticuleux et titanesque de Franz Gertsch présenté aux Abattoirs est conséquent, le résultat laisse un peu froid, et la démarche de Susan Hiller sur les langues en voie de disparition plus interpellante. Quand aux travaux de Thomas Huber à l’Espace EDF, rien ne nous détourne d’un site qui se visite d’abord pour lui-même, la centrale Bazacle. Les propositions de Marie Cool & Fabio Balducci à la Galerie du Château d’eau sympathiques mais un peu courtes et des deux expositions présentées dans les anciennes chapelles de l’Hôtel-Dieu, c’est surtout celle de Georges Jeanclos qui émeut, alors que Elsa Sahal laisse dubitatif. 
En marge, c’est au Pavillon Blanc de Colomiers que l’on pourra découvrir L’art qui prend l’air avec un Julien Berthier provocateur de l’espace public, interpellant avec humour le passant pour le convertir en visiteur. A voir jusqu’au 14 septembre pour ces interventions.


vendredi 20 juin 2014

Lucie et George Orta

Etranges propositions parfois, en triptyque, avec Food / Water / Live puisque la nourriture, l’eau et la vie au pôle avec le projet Antartica partagent l’espace et l’attention des deux artistes. Comme toujours avec Lucie et George Orta, il s’agit d’un art relationnel, puisque c’est ce que provoque l’art comme occasion de partage et comme reliance qui motivent les démarches. Certaines pièces sont plus savoureuses que d’autres, et l’on prend du plaisir de toute façon à participer d’un art militant, concerné et qui cherche à faire prendre conscience de la situation dramatique de notre planète pour inventer de nouvelles utopies. Certes, ce n’est pas avec l’art que l’on sauvera le monde, mais il peut toujours au moins nous consoler de la perte. Dommage peut-être que les artistes ne travaillent pas davantage avec les données scientifiques, cela pourrait innerver leur travail et le rendre plus profond. A voir au Pavillon Paul Delouvrier sur le parc de la Villette. 

mardi 17 juin 2014

D’écran en écran, le visiteur chemine

Nous nous réjouissions de visiter l’exposition Bill Viola au Grand Palais et nous avons été heureux, mais un brin déçu quand même ! Peu d’oeuvres plus fortes, ou aussi fortes que celles déjà vues précédemment dans l’exposition de la collection Pinault au Tri Postal à Lille, ou encore la formidable installation qui nous avait marqué dans La Beauté en Avignon. Plus encore, nous n’avons pas été toujours convaincu des mises en espace, ne consacrant pas toujours une force particulière aux oeuvres. Malgré tout, ne boudons pas notre plaisir d’une visite qui fut longue et agréable, à un créneau peu fréquenté ! Une escapade pour oublier l’heure et le temps qui passe et plonger dans des images fascinantes. 

vendredi 13 juin 2014

Drôles d'oiseaux

L’exposition Oiseaux présentée au Muséum d’Histoire Naturelle de Genève est pleine d’astuces, d’idées sympathiques et de surprises. Une exposition agréable comme on aime à en voir, simple et efficace. Pas une avalanche d’informations, mais juste ce qu’il faut pour surprendre et pour piquer la curiosité, pour donner envie de savoir mais aussi de s’extasier devant les beautés dévoilées de la nature. La danse des oiseaux de paradis de Nouvelle Guinée est par exemple étourdissante, mais ce sont aussi des jeux et des ateliers de construction de nichoirs pour sensibiliser autrement, et une très belle scénographie pour présenter les ailes et les oeufs, ou encore un malicieux tribunal pour juger la colombe et le corbeau !  Malgré les contraintes de l’espace d’exposition, coincée sur plusieurs étages dans les escaliers, l’envol est malgré tout possible pour le visiteur, même si Icare demeure au rez-de chaussée et les rois du vol bien au-dessus dans les étages ! Pleine d’humour, comme savent le faire les Suisses dans leurs expositions, c’est une exposition qui pourrait avantageusement itinérer dans les muséums en France...

lundi 9 juin 2014

Réenchanter le monde

Très belle exposition, simple et économe en matériaux, mettant en oeuvre les principes de l'écoconception, mais fort dense en perspectives et réflexions. Abondance d'utopies, avec des projets architecturaux et urbanistiques dans le monde entier, conduits pour des motifs différents, partageant tous une vision et des principes pour un monde plus humain. Réenchanter le monde, présentée à la Cité de l'architecture et du patrimoine, permet au visiteur de prendre le temps de se poser, d'écouter de nombreux témoignages présentés sur des tables nourris d'audiovisuels, et de découvrir des projets classés selon les grands axes théoriques que les 40 lauréats du Global Award for Sustainable Architecture ont identifié dans le domaine des mutations écologiques, urbaines, énergétiques, industrielles... Signée par Marie-Hélène Contal, cette exposition est accompagnée d'un catalogue permettant de conserver une trace de toutes ces expérimentations. Autres expositions à voir à la Cité, l'exposition Proximité(s) offerte gratuitement dans un hall qui cherche à faire venir un nouveau public, tandis que l'exposition Architecture en uniforme explore les propositions réalisées durant la seconde guerre mondiale alors que les villes bombardées sont conduites à se reconstruire dans la précipitation.

samedi 7 juin 2014

Great Black Music : une exposition épanouissante

Très beau voyage et agréable et instructive exploration musicale dans l'exposition Great Black Music de la Cité de la Musique, du jazz aux musiques actuelles en passant par les explorations du rock et des musiques métisses du monde entier. Ce n'est pas seulement la musique qui est exposé, mais c'est une très belle occasion de relire l'histoire du XXème siècle avec des mises en contexte, des explications sociologiques, politiques... Bref, une exposition intelligente et sensible. Le temps file et l'on peut rester toute une demi-journée dans cette exposition avec un immense plaisir. Une exposition sans objet de collection ou presque, témoignant que l'exposition n'en a pas nécessairement besoin quand son discours est construit et cohérent, car les rares objets sont totalement superfétatoires, du fait d'une production audiovisuelle extraordinaire. Bel exemple aussi de mise en exposition du patrimoine immatériel. Une recherche musicale, mais aussi iconographique étourdissante qui a du donner du fil à retordre aux juristes pour négocier les droits (et l'on serait curieux de disséquer les coûts de production de l'exposition, les droits devant y prendre une grande place sans doute). Cette exposition témoigne que l'exposition est un media en soi qui n'est pas inféodé au patrimoine, c'est celui-ci qui la sert, du moment qu'un véritable discours préexiste. Notons que le visiteur peut faire sa play liste en cheminant dans l'exposition, au grès de ses découvertes et retrouver ensuite les références listées. Même si le dispositif est pertinent, il est un peu frustrant car on aimerait pouvoir retrouver directement la musique entendue une fois sorti de l'exposition !

vendredi 6 juin 2014

Pour la destruction des collections !

Voilà une belle idée que de détruire la sculpture de Poutine au musée Grevin, comme une Femen l'a apparemment fait ce 5 juin, selon Le Point, alors que ce sale type était reçu avec les honneurs de la République sous les dorures de l'Elysée. Pour une fois on pourra se réjouir de la destruction de collections ! Car passe la honte pour le musée Grevin d'exposer n'importe quoi et de rendre ainsi hommage à quelqu'un qui cautionne les assassinats politiques, le massacre d'innocents, qui enferment les Pussy Riot et dit haut et fort sa haine des femmes et des homosexuels, mais la honte de le recevoir en France devrait nous pousser à être tous dans la rue pour en dénoncer les exactions, faute d'avoir le courage de celle qui l'a symboliquement mis à mort dans un attentat digne d'une performance surréaliste.

mercredi 28 mai 2014

Un nouveau site internet pour le MEM, Master Expographie Muséographie

Site internet du master MEM
Le master MEM, Master Expographie Muséographie de l'Université d'Artois fête ses 3 ans d'existence et pour cela s'apprête à recruter non seulement sa quatrième promotion d'étudiant.e.s, mais revient aussi sur des actions et des projets déjà nombreux ! Avec un site internet tout neuf, le MEM entend affirmer davantage encore sa volonté à travailler à l'interface, entre désir et projet professionnel des stagiaires et besoins et envies des institutions. Surtout il s'agit de former de futurs professionnels à être conscients que le musée doit plus que jamais être au service de la société et des populations et non vouer un culte à un patrimoine certes riche et à respecter, mais bien dérisoire face aux mutations et aux menaces du monde actuel. La muséo n'a de sens que si elle est un levier de transformation sociale, pour cela il importe de faire prendre conscience des enjeux. Revenir à l'esprit de la nouvelle museologie et la porter pour aller plus loin, voilà ce à quoi nous nous employons. Visiter notre site pour découvrir nos projets, ceux que nous partageons avec des institutions, et pour vous donner l'envie de nous accompagner dans cette belle aventure. 

lundi 26 mai 2014

Exposer X2+Y2+Z2 = 5/1-Z. etc

Pas facile d'exposer les mathématiques ! C'est ce que fait avec réussite le musée des sciences de Lisbonne avec une exposition sur les formes et les formules qui leur donne vie. Étonnant de constater par l'architecture la matérialisation de ces équations. En commençant par présenter des ponts, constructions complexes et prouesses architecturales, l'exposition conduit ensuite le visiteur vers d'autres abstractions, toujours plus surprenantes, on passe ainsi de l'usage dans les bâtiments aux utopies qui doivent faire rêver bien des architectes. Une exposition assez belle par les formes qu'elle fait naître et astucieuse par les manips mis en œuvre pour en faire comprendre la concrétisation. Une fois encore, c'est bien ici la médiation qui est centrale, et l'objet de collection, par exemple les outils de recherche et de pédagogie tel que le CNAM en dispose en France deviennent des prolongements de la démonstration pour l'incarner, et non les objets premiers à exposer, car en soit ils n'ont guère de sens pour le visiteur lambda.

samedi 24 mai 2014

Picasso Stories

Etonnante brève parue dans Télerama du 21 mai concernant l'éviction d'Anne Baldassari de la direction du musée Picasso. Où l'on comprend que celle ci a refusé la proposition du ministère de la virer tout en lui demandant de finir l'accrochage pour la réouverture repoussée on le sait en principe à septembre. Le plus surprenant demeure. Si l'on croit le journal, - mais faut-il croire les journalistes ? - le ministère serait ennuyé car le projet scientifique d'Anne Baldassari serait protégé par le droit à la propriété intellectuelle et donc ne pourrait être mis en œuvre sans elle. Certes, il s'agit la d'un travail intellectuel, mais en principe un salarié signe dans son contrat qu'il travaille pour l'institution qui le rémunère et qu'il n'a donc pas propriété de ses productions. Sinon cela induit que tout PSC serait désormais propriété du conservateur qu'un successeur ne pourrait pas poursuivre. D'un côté, ce ne serait pas un mal, cela forcerait les conservateurs à signer des projets originaux, mais on voit bien les situations inextricables que cela pourrait engendrer... Réinventer à chaque fois de nouvelles formes à partir d'une même collection. Mais le plus étonnant n'est pas la, c'est qu'à deux mois d'une ouverture, on le rappelle prévue en juin, il semblerait que l'on soit perdu et que l'on ne sache pas comment procéder pour l'accrochage ! Comme si il n'y avait pas force documents prévoyant les répartitions. Comment dans cette affaire les services de médiation, mais aussi les scénographes et les graphistes peuvent-ils alors travailler ? Cela paraît invraisemblable ! Outre le fait que cela renforce également une starification assez désagréable, comme si en l'absence du conservateur tout le monde était perdu, qu'il n'y avait ni adjoint ni équipe pour conduire à bout un projet sans le chef ! Comme si tout était dans les mains de la directrice jusqu'au dernier jour, sorte de Dieu sans qui rien n'est possible. Bref, on préfère croire aux fantasmes mal intentionnés de journalistes ! 

lundi 19 mai 2014

Monumenta : l'art de la disparition

Dommage que cette belle manifestation Monumenta se perde un peu dans les sables mouvants pour cette nouvelle édition. Les deux artistes Ilya et Emilia Kabakov investissent bien tout l'espace et proposent une installation originale, mais assez laide et à notre goût peu enthousiasmante. Si le coût de la prestation a du être assez élevé, le résultat est quelque peu décevant. Des pavillons d'une cité imaginaire censés nous faire perdre nos repères dans l'espace... Hum, même si l'on cherche à s'en convaincre, cela marche assez peu. Des expositions rébarbatives à l'intérieur, d'un style années 60-70, qui semblent plaire aux critiques du Monde, mais où le public ère de manière dubitative. On se prend à plaindre les pauvres médiateurs chargés de devoir expliquer et faire apprécier la chose aux visiteurs. Quand à la première installation, sorte de coupole renversée, soit disant représentant d'un art total, récupéré et installé à l'entrée de l'exposition, on ne voit pas trop le rapport...

vendredi 16 mai 2014

Mapplethorpe chez Rodin

Dommage que les deux expositions en miroir, au Grand Palais et au musée Rodin n'affirment pas davantage leurs synergies car c'est un belle idée que de faire dialoguer les photographies osées mais au final très classique de Robert Mapplethorpe et les sculptures de Rodin. Les dernières photographies de l'artiste explorent du reste cet univers de la sculpture et dévoilent cet accord entre les démarches. L'exposition du Grand Palais propose curieusement d'ailleurs d'aller à rebours et de remonter le temps, des dernières aux premières créations, ce qui est surprenant et un brin déstabilisant. Petite exposition somme toute, au regard du prix d'entrée, et qui n'est pas aussi forte que celle vue il y a une vingtaine d'années au Palais de Tokyo, quand le lieu proposait durant un court laps de temps des expositions de photographies. Celle présentée au musée Rodin est plus originale.

jeudi 8 mai 2014

L'Ile de Ré dans tout son charme

Joli petit musée bien rénové que l’on peut découvrir à Saint Martin de Ré, sur l’ile du même nom. Le vieux musée Ernest Cognacg jadis bien délabré a en effet été rénové et agrandit. On le revoit donc avec plaisir, mais on y retrouve assez peu l'ancien lieu, ce qui est heureux. Le principal de l’exposition est nouveau, c’est une exposition d’interprétation sur l’Ile de Ré et son histoire. L’île sous toutes ses coutures, son histoire géologique, ses batailles religieuses et militaires, sa population immigrée, ses coutumes et ses activités de pêche, mais aussi le bagne et le tourisme. La partie muséale ou patrimoniale n’est pas la plus intéressante et met largement en lumière que l’intérêt de ce type de structure ne réside plus dans des collections, assez faibles du reste, mais dans la lecture qu’il nous permet d’avoir d’un territoire. Il est même possible de l’écouter puisque l’Ile a inspiré quelques chansons. Etonnant cependant de ne pas y retrouver le célèbre Merde à Vauban de Léo Ferré. Une absence et une erreur de taille ! 

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