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lundi 17 novembre 2014

Sade, attaquer le sommeil

Bien sur qu'il parait courageux dans une institution recevant des milliers de visiteurs d'exposer des gravures et des images licencieuses vouées en principe à demeurer dans le secret de l'alcôve. Il n'y a pas si longtemps qu'un éditeur était condamné pour avoir publié Sade, et à l'heure des ligues de vertus renaissantes et des pères la pudeur qui protestent par exemple contre l'exposition Titeuf à la Cité des Sciences, on est en droit de s'inquiéter des réactions. Mais Sade ne semble plus déranger, et cela peut étonner. C'est même peut être là un signe : si Sade n'est plus sulfureux, c'est qu'il n'est plus dérangeant, qu'il n'est plus moderne. On peut l'exposer dans un grand musée national comme Orsay, sans provoquer aucune réaction. Qu'est ce que cela signifie ? C'est au final ce que l'on aurait aimé analyser grâce à l'exposition. Or, recenser les dessins, les peintures et autres productions peuplés de nus, de phallus, de corps violentés, de supplices et autres joyeusetés est au final assez lassant. Un brin ennuyeux. Ca amuse cinq minutes, mais on a l'impression au final que tout cela est assez peu nouveau. Ce qui est était transgressif au temps des surréalistes est devenu complètement intégré par la société de consommation du sexe. Peut être même que ce qui était excitant du temps de Bataille pour des générations rendues névrosées par des siècles de christianisme tend à devenir une simple bizarrerie. L'exposition fait feu de tous bois, dans un joyeux amalgame, et c'est volontiers sa limite. L'analyse de l'érotisme sadien, de sa nature, mais aussi de la portée et des incidences de sa philosophie, sans parler de la qualité de son écriture littéraire, paraitrait plus opportune. En quoi Sade est il encore intéressant aujourd'hui ? Ce sont ces questions que l'on aimerait explorer. L'exposition de Régis Michel au Louvre il y a quelques années, La peinture comme crime allait bien plus loin que celle d'Annie Le Brun, et d'une autre manière, X spéculations sur l'imaginaire et l'interdit au MEN également. Bref, en se prétendant subversif, Orsay propose quelque chose au final d'assez classique et convenu. 

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