CayVpNAT7ml2gRzbwqbd/1MvPCt81BAtirczG/NTy3s= MuséoGraphie-MuséoLogie: juillet 2014
La Formation en muséologie :

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Master MEM

lundi 28 juillet 2014

Aux Augustins : Jorge Pardo

Drôle d’intervention de Jorge Pardo, invité par le Musée des Augustins dans le cadre du Festival international d’art, pour une installation qui restera en place durant les deux prochaines années. Au coeur de la salle capitulaire, des chapiteaux un peu délaissés seraient mis en valeur par l’intervention de l’artiste. Bon, s’agit-il vraiment d’une oeuvre ? D’une simple scénographie ? Y-a-t-il désormais une différence entre les deux démarches ? Est-ce là le signe de notre monde, qui entoure désormais de kitsch et de décorations toutes les productions humaines pour les reléguer dans un vaste supermarché culturel ? Car l’intervention est symptomatique de ce mauvais goût américain que l’on retrouve couramment mis en oeuvre pour la décoration de restaurants italiens, qui se prétendent chics dans l'espoir d'attirer une clientèle de parvenus. Il y en a plein les zones commerciales ! Rien de tragique dans cette accumulation de couleurs criardes et de vilains carrelages, sans parler des lustres grotesques. On ne voit plus trop les chapiteaux, mais ce n’est pas bien grave, de toute façon ils sont d’un mortel ennui, en revanche on passe du temps dans cette salle à se demander ce que l’on voit, et puis cela fait rouspéter tous les réac, et ça c’est le plus amusant. Et ça change aussi un peu nos horizons, c'est toujours ça. 

lundi 21 juillet 2014

Retour sur une exposition légendaire

A la fin des années 80, période faste pour la muséologie, en 1989 exactement se tenait au Centre Pompidou et à la Grande Halle de la Villette, une exposition Les Magiciens de la terre, sous la commissariat général de Jean-Hubert Martin. Cette exposition fera date pour plusieurs raisons, mais d'abord parce qu'elle affirme et revendique un décloisonnement des cultures, en présentant des artistes du monde entier. Elle pose surtout la question "Qu'est-ce que l'art ?", et par extension "Qu'est-ce qu'un artiste ?" En mélangeant les arts, mais aussi l'artisanat et les formes inclassables provenant des collections ethnographiques - ce qu'avaient déjà esquissé les surréalistes par exemple, par recherche et par provocation et non comme modèle partagé -, une approche se voit consacrée et légitimée par l'institution, et désormais acceptée comme paradigme par les publics. 25 ans plus tard, Beaubourg revient sur cette exposition, sous la houlette de Annie Cohen-Solal en demandant à l'artiste Sarkis de concevoir une frise d'images évoquant l'exposition.
Démarche fort intéressante que de revenir sur des expositions cultes et de les revisiter (c'était le cas de la célèbre exposition de Harald Szeeman de la Kunsthalle de Berne de 1969 revue l'an passé à la biennale de Venise). Toutefois, on demeure un brin déçu que les questions de fond soient éludées, sur les effets de l'exposition sur le long terme (par exemple la programmation de la Fondation Cartier nous semble dans la droite ligne des Magiciens de la terre), mais aussi sur les enjeux et problèmes induits, par exemple la confusion entre art et ethnographie... Car s'il est un paradoxe, c'est bien qu'au nom de l'anticolonialisme, c'est encore l'Occident qui choisit certaines formes et qui les fait sortir de leurs fonctions premières pour les sacraliser en objets esthétiques. Il aurait été pertinent d'ouvrir un débat.
Le plus intéressant ce sont les documents d'archives qui dévoilent les manières de travailler de l'époque, la définition du concept scénographique et les moyens consentis pour réaliser une exposition, avec force expéditions de par le monde, cela fait rêver ou laisse songeur...
A noter ce site internet sur l'exposition de 1989 pour les archives : http://magiciensdelaterre.fr

dimanche 13 juillet 2014

Tous photographes ! La Charte des bonnes pratiques

Bientôt en première page du site du ministère ! La Charte des bonnes pratiques invitant les musées, d'abord les musées nationaux, mais à titre d'exemple pour l'ensemble des lieux, à non seulement autoriser, mais encourager les visiteurs à faire des photographies dans les musées. Rarement les séminaires d'un groupe de travail (conduit en 2012-2013), une journée d'étude (que nous avions co-organisé au Louvre-Lens), mais aussi une publication en muséologie (Visiteurs photographes au musée, publié avec Anne Krebs et Mélanie Roustan à la Documentation française), n'auront eu autant d'impact. Le ministère va même plus loin en proposant non seulement une charte, mais aussi un logo et une très belle affiche à télécharger et à apposer dans les musées, ainsi qu'une campagne de clips sur les services publics de l'audiovisuel. Voilà qui devrait peut-être, on ne sait jamais, convaincre les plus récalcitrants à revoir leur position... Rappelons que l'affaire est partie d'un collectif de visiteurs mécontents, le groupe OrsayCommons, dont les actions à Orsay ont déclenché toute la réflexion sur l'importance de laisser les visiteurs s'approprier avec ce premier geste créatif : la prise de vue. Depuis, en quelques années, une évolution notoire est à constater. C'est aussi un courrier adressé au ministre par un collectif de citoyen et de représentants d'associations qui a déclenché la volonté de se pencher sur la question et de faire évoluer les esprits. De quoi démontrer que l'action citoyenne peut avoir des effets tangibles et redonner de l'espoir.
Pour en savoir plus : http://www.culturecommunication.gouv.fr/Ressources/Documentation-administrative/Tous-photographes-!-La-charte-des-bonnes-pratiques-dans-les-etablissements-patrimoniaux

samedi 12 juillet 2014

Le Mur : oeuvres de la collection Antoine de Galbert

Une fois de plus Antoine de Galbert nous surprend. En mettant en scène sa collection à la Maison rouge, à l’occasion des dix ans de la Fondation (car il n'y a pas que la Fondation Cartier qui fête son anniversaire !), avec une exposition intitulée Le Mur, le collectionneur invite un logiciel pour assurer le commissariat ! Drôle de pied de nez ou de provocation envers le milieu.  Il s’agit de placer le plus d’oeuvres dans un espace contraint. Sur 278 mètres de cimaises, le projet est de dérouler la collection sans prendre parti. Faire croire à la neutralité du logiciel qui choisirait en fonction de la taille des oeuvres (mais peut-être n’est-ce pas si différent au final de certains choix faits ailleurs !). On s’étonne malgré tout de quelques rapprochements malicieux et on a du mal à croire que c’est le pur hasard, mais le doute subsiste. Exercice muséologique intéressant en tous les cas. Cela révèle aussi les choix du collectionneur, souvent morbides, malsains ou au moins étranges, mais pourquoi pas. Une exposition sous le signe de l’accumulation, l’aléatoire, le jeu, le relatif, le goût ou plutôt le mauvais goût... Signalons surtout le système de cartels numériques, disponible sur son smartphone certes, mais aussi sur des tables tactiles, oeuvres classées par mur. Si ce n’est pas toujours très pratique, la volonté de rendre le cartel portatif et emportable est dans l’ère du temps et s’avère ici particulièrement judicieux. Qui plus est, pour une fois, on peut prendre des photos, on ne s'en plaindra pas ! 

dimanche 6 juillet 2014

Samouraï à Nantes

Drôle d’idée de faire une exposition Samouraï à au Château des ducs de Bretagne à Nantes, mais c’est l’occasion de revisiter 1000 ans d’histoire du Japon. Le musée d’Histoire ne s’enferme donc pas dans un seul rôle de mise en avant de l’histoire locale, avec la bretagne bretonnante, et c’est tant mieux. En prenant le thème du Samouraï, c’est l’occasion de nous faire réfléchir à nos connaissances en la matière, au final si réduites, alors que nos imaginaires sont saturés de représentations. Finalement le stéréotype ne l’emporte t-il pas sur la réalité ? On pourra à ce titre trouver que l’exposition fait une fois de plus la part belle aux collections, certes splendides, au détriment des aspects les plus contemporains qui sont traités en fin d’exposition assez rapidement. Pourtant l’imaginaire de la science-fiction, des mangas, des films et dessins animés se nourrissent de cette histoire. Partir de cela pour s’interroger sur l’histoire réelle nous aurait paru moins classique..., mais ne boudons pas notre plaisir, le traitement de l’exposition est très plaisant, avec une iconographie splendide. Le début et la fin de l’exposition se répondent magnifiquement avec un beau traitement scénographique (un petit bémol pour les socles sur lesquels reposent les sabres qui sont d’une laideur étonnante, sans doute une urgence avant l’inauguration, chose qui sera remédiée ensuite ?). Une exposition à voir et à admirer jusqu'au 9 novembre.

jeudi 3 juillet 2014

Toulouse Ours

Très belle exposition Ours. Mythes et réalités au Muséum d’Histoire naturelle de Toulouse qui invite à se frotter à la bête mythique, à ses croyances, aux légendes, mais aussi à ses modes de vie, à la diversité des espèces, à ses conditions d’évolution et à sa mise en danger. Si le cas de l’Ours Cannelle n’est pas le motif principal de l’exposition, elle est bien présente pour le plus grand plaisir des journalistes. Dommage peut-être de n’avoir pas joué le jeu d’un véritable espace d’interprétation où les partisans et adversaires ce seraient entretués hardiment, le musée jouant son rôle d’activateur des débats au sein de la société contemporaine. En demeurant hors de la polémique, on préserve le rôle objectivant et scientifique de l’institution, mais au détriment d’un investissement des concitoyens dans le lieu. Reste que c’est une très belle exposition, que l’on prend plaisir à visiter. Les métaphores entre l’ours et l’homme sur les comportements, les analyses de Jean-Christophe Victor ou de Boris Cyrulnik apportent également des dimensions supplémentaires. 

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