CayVpNAT7ml2gRzbwqbd/1MvPCt81BAtirczG/NTy3s= MuséoGraphie-MuséoLogie: novembre 2015
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Master MEM

dimanche 29 novembre 2015

Nés quelques part : bof...

Vraiment décevante si ce n'est affligeante, la proposition présentée actuellement au Pavillon Paul Delouvrier à la Villette, avec Nés quelques part. Nous avions un excellent souvenir de Un voyage pas comme les autres, car l'exposition se mariait avec bonheur au spectacle vivant pour une proposition aussi surprenante qu'originale. L'apport d'Ars Amina nous avait alors fortement impressionné par les questions posées. En se glissant dans la peau d'un personnage, un demandeur d'asile, le visiteur acteur devait suivre un parcours initiatique. La tentative de refaire une proposition en ce sens avec les questions du changement climatique (et même si l'on a bien compris que tout se tient et qu'il s'agit de traiter aussi des droits humains, du social, de l'économie si on veut résoudre les questions environnementales, comme nous l'enseigne le développement soutenable) conduit ici à une proposition aussi creuse sur le fond que mauvaise dans sa forme. Sous prétexte d'impliquer le spectateur, on assiste à un enchainement de stéréotypes et de paroles convenues et bien pensantes. Navrant.

vendredi 27 novembre 2015

Climats artificiels

Accompagner la COP21 par une approche artistique, c'est la volonté de plusieurs démarches présentées à Paris en ce mois de décembre. L'exposition présentée à la Fondation EDF à l'Espace Electra n'est pas des plus aboutie et s'avère un brin décevante au regard des expositions passées consacrées dans ce lieu. Près de 30 installations pas toujours très explicites jouent avec les matériaux naturels pour les détourner, montrer leur fragilité ou inviter à la réflexion. L'approche des nuages est un peu terre à terre, et le mur d'Ange Leccia est très beau, mais demeure un peu mesquin comparé à la même installation au Musée d'Ethnographie de Genève !
A signaler pour la semaine à venir les propositions performances faites dans le cadre d'Expériences climatiques à la Galerie Rouge à Pigalle les douze premiers jours de décembre, dont s'occupe une de nos anciennes et brillantes étudiantes ! Consulter ici

lundi 23 novembre 2015

L'intérieur de la nuit

Etrange démarche que celle de George Shiras, photographe de la fin du XIXème siècle, qui s'attache à réaliser des photographies de nuit pour repérer la faune sauvage dans les paysages américains. Les clichés présentés sont étonnants, car d'une grande contemporaineité. Sa traque est totalement pacifiste et vise seulement à mieux connaitre et s'enthousiasmer de la variété des espèces ainsi capturées par l'objectif. Ainsi il échange son fusil pour l'appareil photo, comme l'ont fait le couple des fondateurs du musée. C'est donc bien la tendance Jacqueline Sommer que suit ici le Musée de la Chasse et de la Nature pour cette drôle d'exposition. Alors que les photographies avaient été présentées à l'exposition universelle de Paris en 1900, elles étaient tombées dans l'oubli et cette exposition permet de les redécouvrir avec bonheur. On pourra également visiter au musée l'exposition de Walton Ford, qui s'adonne à rétablir le kitsch, pour nous étonner d'une autre manière.  

samedi 21 novembre 2015

Villa Cavrois : un nouveau site à découvrir

Une fois n’est pas coutume, parlons non d’exposition mais de patrimoine. Enfin, concentrons-nous plutôt sur l’espace de la matériothèque de la Villa Cavrois, lui magnifique qui tel le Phénix renait véritablement de ses cendres. Car le lieu avait été vandalisé et laissé à l’abandon avant que l’Etat ne s’entiche de la remettre en état de grâce en 2001. Le Centre des monuments nationaux a depuis 2008 travaillé à la remise en état. Le résultat est magnifique et on ne peut que saluer ce très beau site inauguré il y a peu. Dans les caves, ont été conservé des matériaux a priori dégradé et bon pour la poubelle, sauf qu’une leçon d’archéologie contemporaine nous est délivré, montrant en quoi ces objets peuvent renseigner sur les techniques de l’époque, le design et les choix de l’architecte, Robert Mallet-Stevens. Les médiations numériques sont bien conçues et convaincantes. Bref, si la maison est donné à l’admiration pour elle-même, l’exposition en sous-sol est à la fois une réserve visitable et un lieu didactique par excellence, dans un assez beau paradoxe. Un site de plus qui fera l’orgueil du Nord Pas de Calais.

jeudi 19 novembre 2015

Diner au musée

Un bref séjour d’étude en Allemagne nous a permis de découvrir des musées et des lieux du patrimoine industriel de la région de Solingen. Manufactures encore en activité, ou musées présentant avec efficacité les techniques mais aussi la vie des hommes de ces régions de protoindustrie et qui ont participé de l’invention du capitalisme moderne. Ainsi la maison de Engels, du moins dans l’entreprise paternelle, est un lieu émouvant quand on songe que s’y forgea sans doute l’analyse des métamorphoses du capitalisme naissant de Marx et Engels
Plus prosaïquement, on a pu apprécier la simplicité avec lesquels les musées sont vécus, là où l’on n’hésite pas à diner ou à organiser des réceptions dans les salles, sans que cela n’entraine du reste aucun dommage, là où les conditions d’accessibilité ou de sécurité ne sont pas des obstacles au développement des institutions. Il serait bon de pouvoir s’inspirer davantage du savoir faire allemand et d’un mode de vie plus épanouissant pour tous. 

mardi 10 novembre 2015

Follia Continua !

ça vit de manière intense aux anciennes pompes funèbres ! Véritable concentré d'énergie, où se mélange les influences, les arts de toutes sortes, les loisirs dans un véritable arc en ciel. A l'heure où Didier Fusillier s'apprête à prendre les rênes du Parc de la Villette, la barre est placée haut, car les deux lieux ont une génétique commune. Le 104 est un lieu extraordinaire, un des plus beaux lieux en France sans doute par la mixité des publics, et par les propositions artistiques éclectiques. Preuve qu'il est possible de faire un vrai lieu populaire, où la sociabilité et la rencontre entre les générations, les classes sociales, les origines est réelle. José Manuel Gonçalves a bien réussi son pari. L'exposition de GalleriaContinua est de très belle facture. Certes on comprend mieux pourquoi la Nuit Blanche 2015 était moins stimulante, en fait toutes les oeuvres qui auraient pu prendre place dans l'espace public étaient rassemblées au 104 ! Mais on ne boudera pas son plaisir, on a drôlement de la chance à Paris, et bientôt le Parc de la Villette va établir la surenchère dans l'attractivité !

lundi 9 novembre 2015

Renaitre à Phnom Penh

D’avril 1975 à 1979, Phnom Penh vit l’horreur d’une tyrannie indicible, avant que le Vietnam ne mette fin à un génocide qui aura emporté près d’un quart de la population. Ce que l’on ne peut décrire et même imaginer, les artistes le portent comme une croix, et nous livrent des interprétations de ces traces mémorielles, envoutantes pour un esprit collectif traumatisé. Titré Renaissance une exposition sur le Cambodge n’est pas anodin, tant ce pays doit assumer son passé pour s’inventer un avenir. Les compositions photographiques de Hak Kim, nommé Alive, sont emblématiques. L’artiste évoque des objets interdits durant la dictature, objets anodins à la sémiologie redoutable. Telle cravate désignant une classe sociale, telle statuette de Bouddha, tel bracelet en or, sont autant de signes dangereux qui valaient à leur détenteur un arrêt et une condamnation, en les mettant en scène l’artiste nous rappelle avec sensibilité la folie meurtrière de l’époque. Une génération est aussi en train d’inventer d’autres regards, plus contemporains et inscrits dans la représentation d’un pays qui s’affirme. Les sculptures de Sopheap Pich par exemple développe une atmosphère douce et paisible qui contraste avec les compositions des pièces avoisinantes. A voir à l’Hospice Comtesse dans le cadre de Lille 3000 jusqu’au 17 janvier.

vendredi 6 novembre 2015

Museomix en Nord

Museomix s’installe dans le paysage, en tous les cas dans le Nord Pas de Calais ou se déroule une nouvelle et troisième édition. La Manufacture des Flandres accueille l’événement avec six équipes qui inventent des dispositifs originaux. Nous aimons beaucoup d’ores et déjà la Fabrique de pigeons, car après tout la tradition nordiste aurait pu avoir des débouchés plus prospères si on avait inventé un internet à plumes. L’idée est bien de créer de nouvelles perceptions des lieux, et il est donc possible de délirer et d’inventer des uchronies paradoxales. Le musée devrait être de plus en plus un lieu de fictions et d’inventivité, et ne pas se résumer à être le creuset de lourdes démonstrations didactiques. L’énergie proposé dans le cadre de Museomix devrait ainsi inspirer plus largement les professionnels des musées, si ceux-ci s’intéressent un jour réellement à ces potentialités. Présentation des prototypes dimanche 8 après midi.

lundi 2 novembre 2015

Paradis expositionnel en devenir

Le commissaire et actuel directeur par intérim du FRAC Nord Pas de Calais, Richard Leydier signe une exposition originale et qui derrière l'ésotérisme inhérent aux expositions d'art contemporain, - inévitable du moment qu'elles entendent se faire admettre par le sérail des connaisseurs -, propose quelques questions intéressantes. Avec Paradis perdu, les oeuvres de la collection servent à illustrer un voyage que le commissaire propose en illustration d'un poème de John Milton. Certains trouveront l'exercice trop littéral, mais en même temps c'est une manière de faire parler autrement les oeuvres que ce à quoi les destinent les artistes. Forme de transgression, si l'on peut utiliser des oeuvres pour illustrer des propos qui n'ont rien à voir. C'est une manière de désacraliser la sacro-sainte autorité de l'artiste, et ce n'est donc pas pour déplaire. Le commissaire peut ainsi nous inviter à d'autres horizons qui dépassent les seules oeuvres, résultant de leur télescopage. L'exposition devient pleinement un espace d'écriture, comme la enseigné Harald Szeemann. On regrettera qu'un véritable parcours ne soit dès lors pas assumé, pour conduire clairement le visiteur dans ce cheminement, plutôt que de le laisser dans l'impasse d'un espace pourtant très ouvert.

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