Nous avons proposé dans le numéro de janvier 2007 de La Lettre de l’OCIM un article sur les représentations du musée et des expositions dans les spectacles de théâtre de rue. Nous y avions recensé les propositions de visite d'expositions et musées fictifs. Comme chaque année, le festival de Chalon dans la rue a apporté son lot de nouvelles propositions.
Parmi elles, la compagnie OPUS (Office des Phabricants d’Univers Singuliers) invite à deux nouveaux spectacles, en restant dans la veine où elle excelle, celui des clins d’œil à l’art brut. Le premier, Le Collier de Nouilles, est une conférence exposition, présentée pour l’occasion dans les salles du musée Denon. Les petits tics des visites-conférences y sont délicieusement croqués. L’autre est une exposition commentée, petit cirque des curiosités initiées à la suite d’un voyage en Afrique de la compagnie et d’une rencontre entre artistes des deux continents. Tout en finesse, le jeu de regards croisés entre deux cultures se révèle au travers d’objets dadaïstes habilement racontés par le guide du Musée Bombana de Kokologo. Un moment d'anthologie.
Autre compagnie qui explore la même veine, La Muse de Jaracase propose la visite libre du Musée des oubliettes, dans un charme désuet et très branché à la fois de collage graphique, des petites expériences interactives digne du musée de sciences et techniques d’art brut ! De belles réalisations pour ce cabinet de curiosités peu ordinaire. (cf. ici les clichés de la compagnie).
Enfin Petits pains oubliés de Créatures compagnie serait plutôt un musée d’archéologie, amassant de bizarres collections, dont le guide fait jaillir le sens par l’interprétation qu’il nous propose de chaque objet exposé. Dans tous les cas, moments délicieux dans ces petites expositions non-prétentieuses qui ne pourront que ravir ceux et celles qui aiment les musées.
Des spectacles accessibles qui peuvent agréablement enrichir une programmation spectacle vivant dans un lieu d’exposition, et ainsi inviter à d’autres regards sur le musée, à sensibiliser autrement. Musée intéressé par une programmation en la matière en complément de vos expositions, n’hésitez pas à nous contacter, nous avons bien d'autres ressources à partager !
Pourquoi une formation en muséologie et muséographie ?
Le parcours de formation de l'Institut Denis Diderot de l'Université de Bourgogne existe depuis une vingtaine d'année, précurseur des formations aux métiers de la culture, une option en muséologie et muséographie est développée pour former de jeunes professionnels, mais aussi des professionnels en formation continue.
lundi 21 juillet 2008
Des musées en spectacle
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dimanche 6 juillet 2008
À qui appartenaient ces tableaux ?

Douloureuse question que celle posée par le MAHJ, Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, à propos de ce qu’il est communément admis d’appeler les MNR, pour « Musées nationaux récupération ». Des tableaux célèbres, d’autres demeurés anonymes, ce sont 53 chefs d’œuvres qu’expose le musée pour rendre compte de cette période qui vit expatrier en Allemagne nazie un nombre considérable de biens, emportés pendant la guerre et le plus souvent restitués ensuite. Cependant du fait d’énigmes non résolues, certains biens furent déposés à leur retour dans les musées nationaux en attente d’une éventuelle demande par un ayant droit. Le musée conjugue au passé plutôt qu'au présent pour le titre de son exposition, dont le sous-titre explicite est: "Spoliations, restitutions et recherche de provenance: le sort des œuvres d'art revenus d'Allemagne après la guerre".
Si l’exposition séduit par la beauté des œuvres présentées, il est dommage que cela soit au détriment d'une option davantage tournée vers la mise en récit, que la présentation s’en tienne à une vision très « beaux-arts ». Car le sujet est délicat et mériterait d’être davantage explicité. Les biens ont souvent eu des cheminements complexes, avec des ventes forcées, des biens extorqués, mais d’autres aussi acquis tout à fait légalement. Or comment séparer en situation de guerre, et donc de rapports économiques troublés, les limites entre normal et anormal ? La chose n’est guère simple et mériterait davantage d’explications, en suivant des trajectoires d’objets, malheureusement souvent obscurs, pour donner des exemples. Car mentionner seulement que tel tableau à été vendu par tel galeriste à telle date n’est guère explicite pour le visiteur non au fait de la situation précise. Certes, les informations sont nécessairement lacunaires et c'est ce qui invite à une mise en intrigue policière. Il y aurait bien des choses à raconter, s’il ne s’agissait pas seulement de donner à voir.
Saluons au passage la superbe page d’accueil du site du musée : http://www.mahj.org/
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dimanche 29 juin 2008
Des sculptures dans le vent
Le Grand Café, Centre d’art contemporain de Saint Nazaire, logé dans un bâtiment central et historique, présente une exposition de Zilvinas Kempinas. Artiste lituanien, vivant et travaillant à New-York, ses sculptures vivantes et poétiques sont d’une grande originalité, elles attrapent le visiteur pour jouer avec son regard, se laissant approcher puis disparaissant quand celui-ci explore la pièce. Jeu d’air, de courant, d’apesanteur, de fluide, de tourbillon, de vent et de vagues, le propos ne peut être mieux exposé qu’à Saint Nazaire, cette ville de bord de mer, au passé tumultueux et chaotique. Jurons toutefois que les sculptures trouveraient leur pertinence également dans d’autres contextes. Musique silencieuse des bandes magnétiques soufflées par un dispositif dont l’ingéniosité n’égale que la simplicité. Ballet de fragilité, intrigante fin qui n'arrive pas, éternel reprise d'un mouvement infini. Jeu de basculement, d’apparition et de disparition, d’effondrement et de renaissance, l’œuvre de Kempinas danse pour nous jusqu’en septembre au Grand Café et à la Galerie des Franciscains. www.grandcafe-saintnazaire.fr
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jeudi 12 juin 2008
L’Ange de la métamorphose : Jan Fabre au Louvre
La démarche de confrontation de l’art contemporain et des œuvres, que l’on qualifierait de répertoire en musique, devient de plus en plus en vogue dans les musées de beaux-arts. À tel point que le Louvre développe depuis quelques années, grâce au travail de Marie Laure Bernadac, une démarche originale et à chaque fois stimulante. Après avoir essaimé des interventions artistiques dans les collections permanentes, il s’agit là d’investir une partie d’un département.
Avec la proposition faite à Jan Fabre de se confronter à l’art flamand, le pari est osé d’autant qu’il est ambitieux. C’est un investissement massif avec une multiplication d’œuvres installées dans les espaces les plus secrets, ou dans les salles les plus emblématiques, comme celle des Rubens. L’art contestataire le plus officiel et mondain est ainsi mis à l’honneur. Évidemment, on ne peut s’empêcher de se dire que tout cela soufre d’une cruelle absence de modestie quand on prend la mesure des juxtapositions. L’égocentrisme prétentieux y sévit. Jean Fabre a beau se défendre en affirmant qu’il ne s’agit pas de se comparer aux grands maîtres, et même proposer son portrait en un gigantesque ver de terre, écrasé par le poids de l’histoire. Les signes de fragilité et d’humilité sont multipliés pour signifier cette impossible rencontre, mais il en résulte, malgré tout, un malaise. C’est peut-être du reste le plus intéressant et vraisemblablement l’effet recherché, et pour cela l’opération est réussie. Les œuvres, bien que d’un intérêt inégal, sont souvent très belles, fortes et puissantes, mais ce n’est peut-être pas le plus important ici. Du point de vue muséographique, c’est excitant, intelligent, tant pour la mise en espace et l’accompagnement, et le sociologue se régale des commentaires, des protestations, comme des enthousiasmes démonstratifs des visiteurs. L’évaluation de cette exposition doit être passionnante à faire. Retour au salon, et au scandale qui divise le public, le fait réagir : cela fait passer un courant d’air frais et l’on se dit que le Louvre a bien changé pour que de telles choses soient redevenues possibles. Bravo.
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03:30
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dimanche 1 juin 2008
Trésors anciens et nouveaux de Wallonie
Exposition très belle du point de vue de la scénographie, Ce Curieux Pays Curieux, laisse sceptique au niveau de son discours. Le dialogue entre art ancien et art contemporain est récurrent dans les expositions récentes et les musées d’art, mais laisse parfois pantois le visiteur.
Certes, les questions que se posent les artistes ont une certaine permanence, notamment quand elles sont existentielles : « Que penser de la vie et de la mort ? », « Qui sommes nous ? », « Où allons nous ? », toutefois est-ce suffisant pour justifier tous les rapprochements ? Que Jean-Paul Godart sculpte des croix dans une obsession propre aux artistes d’art brut justifie-t-il de placer sa production aux côtés des objets d’art sacrés, hors de tous énoncés de contexte ? Que des artistes représentent des gens ordinaires, que d’autres s’inspirent du corps, de l’amour, de la mémoire ou de la beauté fait il mieux comprendre ce qui rapproche les artistes contemporains de ceux qui les ont précédés au cours des siècles ?
Que veut nous dire au final Laurent Busine, le commissaire de l’exposition ? Que la Wallonie est riche, inventive, qu’elle a donné le meilleur par ses artistes qui au cours des âges ont su exprimer l’âme de ce pays qui se cherche, auquel on s’attache. Certes, on comprend qu’il y ait besoin d’affermir le sentiment national au moment où il vacille et demeure incertain, en cela la Belgique produit depuis quelques années des expositions très politiques, qui toutes entendent montrer la consistance de ce pays, mais le propos est ici malgré tout un peu pauvre. Les trésors venus de tout le pays se contemplent avec plaisir dans cet écrin muséal, mais le dialogue entre les œuvres n’est pas des plus évidents. A voir au Palais des Beaux-Arts, BOZAR EXPO de Bruxelles.
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10:18
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jeudi 29 mai 2008
« Prenez soin de vous » : la Biennale de Venise au 58 rue Richelieu
Ambiance intime pour exhibitionnisme assuré, l’exposition Sophie Calle à la BNF est d’une scénographie aussi fine qu’originale, et rien que pour le travail de Daniel Buren, mérite le détour. Le fait que l’artiste fasse œuvre de sa vie n’est pas pour surprendre les connaisseurs, l’idée est convaincante, audacieuse et bien menée.
Au cœur de l’interprétation, il s’agit de faire s’approprier par 107 femmes une lettre de rupture reçue par Sophie Calle, comme pour mieux la digérer collectivement. Chacune y va de sa compétence et de son registre. On découvre ici une chanteuse lyrique, là une anthropologue, ailleurs une romancière, et même une femme clown. Découvrir comment chacune va mettre en scène la lettre est amusant et aborde des registres censés dévoiler des points restés obscurs de l’écriture, mais aussi de son locuteur. La part de jeu et d’autodérision est sympathique, car l’humour est au rendez-vous. Pour cette raison, l’approche parfois sérieuse et grandiloquente de certaines interprétations est pour le moins déplaisante. Certaines interprètes n’hésitent pas à frôler le ridicule en corrigeant les fautes d’orthographe de la lettre, en donnant des leçons de savoir vivre où en conduisant une critique féministe au raz des pâquerettes qui confinent au croquignolesque. Évidemment l’artiste n’y est pour rien, même si le nombrilisme est ici redoublé quand l’interprète entend se mettre en avant au travers de sa lecture malgré la signature ultime d’une œuvre de Sophie Calle. Bref, il s’agit d’œuvres enchâssées, ou plus exactement d’un narcissisme au carré. Un exercice de style curieux et assez intéressant à explorer. Le public semble comblé. Et la salle Labrouste du site Richelieu, lieu magnifique, est découvert autrement, même si l’impertinence de convertir une salle de lecture en lieu de consultation d’écrans déplaira sans doute à certain.
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07:22
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mardi 20 mai 2008
C’est beau une usine qui dort
Étonnante exposition présentée par le Palais de Tokyo, intitulée Cellar door. Loris Gréaud y propose une installation peu banale. Rythmée, l’exposition dort et se réveille, par intermittence se met en mouvement comme une formidable entreprise de déconcertation de son visiteur.
Visite d’entreprise artistique en somme, le propos est d’exposer l’invisible, l’immatériel et le potentiel qui demeurera à jamais virtuel. Certains éléments sont totalement hypothétiques, ne fonctionnant par exemple que si aucun mouvement ne se produit dans l’espace, c’est-à-dire en l’absence de visiteur. Gageure dans un lieu d’exposition, cela produit quelques stimulations entre visiteurs pour ruser et s’encourager à demeurer immobile, Film pour le vide demeurera pourtant énigmatique car il y a peu de chance qu’aucune perturbation ne survienne avant que le projecteur ne rentre en action.
Plusieurs propositions confinent au canular, ainsi cette forêt en poudre à canon prête à exploser en cas de visiteur indélicat, ou encore ces tubes fluorescents dont le gaz lumineux est remplacé par du propane, danger potentiel en cas de connexion électrique. Frissons garantis pour visiteurs du XVIème arrondissement, alors que d’autres préféreront les jeux de paint-ball pour transformer toute matière en art. Mais il est vrai que cela fait longtemps que l’art contemporain nous a habitué à transformer la merde en or, et réciproquement, disons que cette belle proposition a le mérite de l’originalité pour créer des interactions et de l’art irréel. Une curiosité à voir.
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01:27
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mardi 29 avril 2008
Le Pavillon Du Bonheur provisoire - Bruxelles
Étonnante exposition, étonnante architecture surtout ! Comment mieux représenter avec ironie les grandes manifestations populaires, surtout lorsqu’elles se déroulent en Belgique, qu’avec un empilement de caisses de bière ? C’est ce qu’a osé l’équipe qui a relevé le défi de faire une exposition commémorative de l’exposition universelle de Bruxelles de 1958. Il faut voir cela, c’est époustouflant, pas moins de 33000 caisses auront été nécessaire pour ce lego géant.
Au pied du célèbre et imposant Atomium, le bâtiment qui a lui seul mérite la visite, dont la simplicité n’égale que l’ingéniosité, abrite une petite exposition sur les expositions universelles. Le propos est simple et clair, efficace. Les témoignages sonores notamment, le système de double projection des bandes d’actualités de l’époque et du même film commenté par un analyste actuel, tout cela est original et efficace.
Dommage que, malgré un prix d’entrée non négligeable pour le grand public, et malgré le peu de dispositif présent, la moitié de ceux-ci ne fonctionne pas après 15 jours d’ouverture... C’est le revers de la médaille d’une opération montée trop rapidement. De même, le propos de la salle de projection cède trop facilement à son dispositif. Au-delà du sensationnel - une projection dans un cube à 5 faces, cela fait toujours son effet -, le contenu consiste en une succession d’images et de quelques propos inaudibles. Tout cela n’est pas fait pour apprendre grand chose, simplement pour confirmer quelques représentations déjà largement diffusées ailleurs (et même dans l’exposition elle-même, puisqu’on peut revoir des images déjà vues sur les bornes audiovisuelles de la salle précédente). Bref, encore une fois, on peut regretter que l’absence de recherches initiales approfondies laisse place à l’unique impression visuelle. Mais il est vrai que nous sommes dans l’esprit des expositions universelles : avant tout du tape à l’œil.
À voir jusqu’au 19 octobre.
Pour en savoir plus : http://www.atomium.be
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21:43
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samedi 22 mars 2008
‘Europe toute’ à Bruxelles : deux expositions pour nous faire aimer l’Europe.
« Qui trop embrasse mal étreint », dit le proverbe. C’est en somme la critique que l’on pourrait adresser à l’exposition C’est notre histoire, qui se tient jusqu’au 12 mai 2008 à Tour et Taxis à Bruxelles.
Car si l’intention est bonne, si l’entrée de l’exposition s’avère particulièrement réussie avec des installations efficaces, et que de bonnes idées la structurent, - notamment avec les 27 histoires de vie pour inviter à découvrir par approches subjectives, 27 personnes qui nous font part de leur appréciation de l’Europe tout au long de la visite -, il n’empêche que sur bien des points cette exposition laisse songeur. Idéologiquement, des assertions sont problématiques, notamment quand la vision de l’Europe fait la part belle à une vision assez libérale, comme si une autre Europe n’était pas envisageable, comme si le triomphe de l’Europe actuelle était le nec plus ultra.
Surtout, l’exposition est étouffante par son trop plein. À force de passer en revue tous les sujets, dans une approche politiquement correcte et convenue, plus prégnante au fur et à mesure de la progression de la visite, l’exposition fait perdre la tête au visiteur soudain pressé d’en finir ! La scénographie spectaculaire est au demeurant parfois assez gratuite.
Au final, c’est le pendant d’une autre exposition visible également cet hiver dans la capitale européenne Le Grand Atelier, dont le propos centré sur les influences et les courants artistiques vise à nous démontrer également comment l’Europe s’est construite par la circulation des œuvres et des artistes. On n’assimile pas là l’Europe à sa construction institutionnelle et il s’agit de décrypter le jeu des influences quelques siècles en amont. Le commissaire Roland Recht a ainsi voulu dessiner des lignes de force.
Bien qu’alignant 350 chefs d’œuvres incontestables venus de 27 pays européens, l’exposition s’avère, au final, également assez ennuyeuse, le propos n’apparaissant pas des plus aboutis. Si la scénographie est annoncée d’une grande originalité avec son système en chambres, la réalité de la visite laisse place à un parcours assez banal et sans grande surprise. Certes, les œuvres sont superbes, mais cela suffit-il ? Dans une exposition temporaire, le plaisir de la contemplation des œuvres doit-il occulter toute pensée novatrice ?
Les sites:
C'est notre histoire
Le Grand Atelier, Chemins de l’art du Vème au XVIIIème siècle
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09:13
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lundi 10 mars 2008
Fissure à la Tate Modern
La photographie joue ici un rôle central dans l’appropriation et sert à l’appréhension de l'œuvre dans l’espace. Chacun recherche le meilleur cadrage, la façon de rendre compte de cette stupéfiante installation. Le public joue avec cette béance, s’étonne, s’inquiète même, les enfants enjambent et comptent les pas, les plus inquiets s’alarment de ce que ce bâtiment à peine inauguré soit en proie à de telles perturbations géologiques ! Ceci donne matière à échanges entre visiteurs et à l’expression évidente d’un ravissement général.
De l’art qui bouscule, le bâtiment et le reste…
http://www.tate.org.uk/modern/exhibitions/dorissalcedo/default.shtm
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10:12
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jeudi 14 février 2008
Exposition Petits Coq-à-l'âne

Monter sur ses grands chevaux… Avoir une araignée dans le plafond… Faire l’autruche… Triple buse... La nuit tous les chats sont gris… Elles sont rares les expositions qui sont réellement tout public, au sens où l’accessibilité ne le cède en rien à l’exigence. Plaire à un enfant de six ans comme à un homme âgé, à un lettré comme à celui qui n’a pas eu la chance de faire de longues études, c’est la définition que donnait en quelque sorte Vilar du théâtre populaire. L’exposition Petits Coq-à-l’âne me semble dans son extrême simplicité correspondre à cette définition. Elle est d’une intelligence rare. Ludique tout en étant une invitation à découvrir, à s’interroger pour s’instruire, l’exposition invite à jouer avec soi-même et avec ceux qui nous accompagnent. Le muséum de Neuchâtel qui en est l’instigateur l’avait accompagné d’un véritable canular audiovisuel, mais sa présentation au muséum d’Orléans démontre qu’elle fonctionne à merveille en elle-même. Chaque petite installation se décrypte comme un rebus qui invite à comprendre la langue et son tutoiement avec les sciences naturelles. L’exposition pourrait être présentée aussi bien dans un muséum d’histoire naturelle, que dans une maison d’écrivain ou un musée d’art contemporain. Une gageure étonnante. Souhaitons à cette exposition de connaître une longue vie d’itinérance, elle le mérite.
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13:05
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mardi 5 février 2008
Exposition Bêtes et Hommes
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00:58
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lundi 4 février 2008
M Chat fait des siennes

Invité à une rencontre débat sur l’art en espace public au muséum d’Orléans le 1er décembre, et plus particulièrement autour de ses interventions dans la ville, j’ai eu l’occasion de découvrir le travail impertinent de M. Chat. Le musée des beaux-arts d’Orléans avait osé une confrontation étonnante avec ses collections. Nous aurions aimé être une souris… pour écouter les commentaires !
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14:43
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Figures de l'Artifice : une expo, une publi
En attendant, ceux qui auraient fait la bêtise de louper cette exposition peuvent se consoler avec un catalogue de l’exposition qui, chose trop rare, présente le travail de muséographie des concepteurs. Cela en fait un outil exceptionnel pour réfléchir sur la démarche muséographique : Figures de l'artifice, édité par Marc-Olivier Gonseth, Yann Laville et Grégoire Mayor. Textes de Patrick Burnier, Amin Ladhani et Christopher Pannett; Suzanne Chappaz-Wirthner; Daniela Cerqui et Kevin Warwick; Olivia Gazalé; Marc-Olivier Gonseth, Yann Laville et Grégoire Mayor; Olivier Goulet; Patrick J. Gyger; Gérald Minkoff; Ulrich Weber. Bibliographies. 21 x 27 cm, 240 p.
ISBN 978-2-88078-031-9 © 2007
broché CHF 50.00. ISBN-10 2-88078-031-4 ISBN-13 978-2-88078-031-9
Plus que quelques jours pour visiter l’exposition exceptionnelle du MEN, le Musée d’Ethnographie de Neuchâtel : Figures de l’Artifice. Au-delà de l’intérêt pour le thème, l’exposition doit être vue par tous ceux qui s’intéressent à la muséologie, c’est une prouesse intellectuelle d’une rare force. La démarche conceptuelle s’incarne dans une mise en espace et un déroulé discursif qui suit de manière étonnante le parcours du visiteur. Outre des mises en scène d’une qualité esthétique réjouissante, l’exposition procède par métaphores et symbolismes pour convier à la réflexion. Comme X, Le musée Cannibale ou Remise en boîtes, la forme et le fond atteignent ici à une symbiose que l’on constate trop rarement. Cette première exposition de l’ère post-hainardienne augure des meilleurs auspices, nous avons hâte de découvrir la prochaine exposition prévue pour cet automne qui portera sur les questions de jeunesse, de révolte et de consommation. Figures de l’Artifice confirme en tous les cas une relève à la hauteur de l’histoire du lieu, avec une jeune équipe passionnée et passionnante.
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14:14
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