Le musée d’art contemporain de Porto et ses jardins dans la Fondation Serralves, celui de Belem à Lisbonne, le Berardo Museum, comme le centre d’art contemporain de Lisbonne, le Museu do Chiado, sans parler de la partie contemporaine de la Fondation Gulbenkian, forment un ensemble impressionnant. Bâtiments ultra-modernes, collections prestigieuses, l’art contemporain portugais y dialogue avec les oeuvres et expositions internationales. Le Portugal n’est pas en reste sur le plan muséographique avec de très beaux musées, construits ou rénovés par des grands noms de l’architecture internationale, dans le domaine de l’art contemporain, comme de l’archéologie, de l’histoire ou de l’ethnologie, avec des centres d’interprétations nombreux dans les plus petites communes du pays. Un pays à visiter avec enthousiasme.
Pourquoi une formation en muséologie et muséographie ?
Le parcours de formation de l'Institut Denis Diderot de l'Université de Bourgogne existe depuis une vingtaine d'année, précurseur des formations aux métiers de la culture, une option en muséologie et muséographie est développée pour former de jeunes professionnels, mais aussi des professionnels en formation continue.
samedi 27 juin 2009
Art contemporain au Portugal
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jeudi 18 juin 2009
Persona : les masques prennent la parole
Belle exposition présentée à Tervuren, au Musée Royal de l’Afrique centrale de Bruxelles : Persona met en scène les masques en faisant dialoguer les pièces des riches collection du musée, de prêt d'institutions et de collectionneurs, soit plus de 180 pièces, et des oeuvres d’art contemporain très pertinentes qui font un clin d’oeil à cette tradition. Le propos est clair et conduit le visiteur dans une découverte intellectuelle sur l'identité ponctuée de surprises agréables. Remarquons également le projet d’action culturelle conduit avec des artistes en herbe, souvent étudiants dans les écoles d'art, qui fait écho avec des créations originales. Enfin un espace enfant tout à fait remarquable, en fin d'expo, est dédié à des animations dans lequel des accompagnatrices proposent des ateliers en continu pendant toute la durée de l’exposition. Jusqu'au 3 janvier 2010.
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13:23
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mercredi 10 juin 2009
La pipe, le diable et le bon film : rencontre de Tati et Méliès
Toujours plaisant de visiter une exposition Jacques Tati. C’est possible jusqu’au 2 août à la Cinémathèque à Paris. L’exposition est évidemment réservée aux initiés, c’est ce que reprochait fortement une dame dans l’exposition qui se plaignait de ne rien comprendre n’ayant jamais eu le bonheur de voir jusque-là un seul film. Car il s’agit de retrouver des ambiances, des séquences et des clins d’oeil à l’esprit Tati. L’exposition est à ce titre problématique, mais on peut espérer qu’elle donne envie non seulement de revoir aux adeptes, mais simplement de voir aux autres. On y passe un moment agréable et la scénographie de Stéphane Goudet et Macha Makeïeff est fidèle à l'esprit de ce poête du cinéma.
Mentionnons également l’exposition Méliès dans le même bâtiment, qui réserve également quelques bonheurs. La fin malheureuse de ce premier grand cinéaste de génie donne une tonalité grave qui sied à la mémoire de tous les grands hommes, ce malgré l'humour incomparable qui parle à tous les âges. Une belle exposition au parcours ponctué d’objets et d’images, et de la belle maquette des studios que Mélies avait fait construire.
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mercredi 3 juin 2009
BIP : demain Bruxelles
Bel exemple de centre d’interprétation de la ville, le BIP à Bruxelles, à deux pas du nouveau musée Magritte, inauguré en grande pompe le week-end dernier, l’exposition d’interprétation de la cité est des plus intéressante. Au-delà de l’aspect un peu promotionnel de Bruxelles, la scénographie, signé de l'agence Sine qua non, est très belle, inventive et surprenante. Des petites gouttes d’eau très intrigantes dévoilent leurs images, de belles maquettes et des parapluies sonorisés, des grands livres d’histoire, et un espace de présentation de la construction européenne, autant de propositions bien pensées. Le visiteur pourra y apprendre pleins de choses sur la ville et la gestion des affaires publiques. Dommage sans doute que cette exposition soit placée au premier étage dans un immeuble assez confidentiel, ouvert en décembre dernier l’espace ne semble pas avoir trouvé encore sa visibilité maximale. Un lieu qui mérite le détour pour ceux qui s’intéressent aux expositions d’interprétations urbaines.
On consultera aussi le site internet :
http://www.demainbruxelles.be/fr/infrastructure/detail/id/6
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lundi 25 mai 2009
Des tableaux qui parlent !
A l'occasion de la Nuit des musées 2009, le musée des Beaux-arts de Dijon fait parler les tableaux ! C'est une jeune agence créative, InAbstracto, et son animateur Ismaël Gutierrez, ancien diplômé de la formation dijonnaise, qui a eu cette idée originale d'un trompe l'oeil interactif. Niché dans un faux cadre très kitsch, un écran met en scène un tableau, celui du peintre Devoges, figure historique dijonnaise, instigateur de l'école des Beaux-arts de la ville. Ce dernier se met à parler et à dialoguer avec le guide. Cette ingénieuse interactivité peut être mise au service de la médiation comme de la création fictionnelle. Un procédé qui devrait déboucher sur des applications futures et qui n'a pas manqué de trouver un certain succès auprès de visiteurs d'abord surpris, puis enthousiastes.
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samedi 23 mai 2009
Temps libre au musée
A voir avant le 9 août au Musée de la Civilisation à Québec une exposition sur le loisir, ou comment occuper son temps libre. Fidèle à la conception québecoise amalgamant gaiement toutes les activités de temps libre, qu’elles fusent sportives ludiques culturelles ou artistiques dans une même catégorie, la réflexion conduite n’interroge pas ce présupposé qui doit faire se retourner Hanna Arendt dans sa tombe, mais aussi Malraux et quelques autres. Peu importe, ce qui est ici passé au crible c’est le rapport anthropologique entretenu au temps qui passe par les individus, et la manière d’appréhender le loisir. Reflet d’une identité culturelle, du rêve et des imaginaires, du jeu et de la construction de soi chez l’enfant ou encore éléments de prospective de ce que seront les loisirs dans l’avenir, l’exposition est moins surprenante par son contenu que par ses formes et surtout l’originalité de ses textes d’exposition, véritable écriture d’auteur. Une pseudo animation à partir d'une prédiction dans une boule de cristal amuse au premier abord, mais devient frustrante quand le visiteur s'aperçoit que la personnalisation de son parcours n'est qu'un leurre peu différencié d'une personne à l'autre. La scénographie de l'exposition, très belle, invite au dépaysement, et propose même de grands lits où les visiteurs pourront rêver à leur aise.
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09:08
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mercredi 20 mai 2009
Des Cités de l'immigration de par le monde...
Incroyable plongée dans les appartements des immigrants new-yorkais, épopée fantastique racontée au travers de visite-guidée sous forme de petits spectacles mis en scène par des accompagnateurs qui par le récit biographique raconte la vie de ceux qui sont venus au cours du XXème siècle peupler l’Amérique. Le Tenement Museum de New-York est très original. Dans cet immeuble de Little Italie, des appartements racontent le brassage des populations, des émigrants juifs, polonais, asiatiques et bien évidemment italiens. Formidable métissage que la muséographie a souvent du mal à retracer dans les sites patrimoniaux. Moins couru que le Musée de l'immigration d'Ellis Island, la scénographie est simple mais efficace. La démarche est très différente aussi de celle suivie à la Cité de l’Histoire de l’Immigration de Paris, mais elle s’adresse également d’abord aux populations locales et trouve le moyen de nouer le dialogue entre les témoignages recueillis et les visiteurs curieux. On pourra visiter à défaut le site internet de ce musée peu ordinaire, tout comme celui de la Cité de Paris, fort riche et documenté.
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07:16
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lundi 11 mai 2009
Des Centres d'interprétation au Portugal
Le Portugal a su se doter de multiples lieux d’exposition et s’inscrit pleinement dans la modernité. Ainsi dans la moindre petite ville et parfois dans les plus petits villages, existent des centres d’interprétations, des musées, des salles d’expositions temporaires... Développés par la manne européenne, les projets ont fleuri et ont su trouver un bon équilibre entre vocations touristiques et ambitions pédagogiques destinés à la population locale. Ainsi le centre d’interprétation de Moncorvo, au nord est du pays, est représentatif de ces multiples lieux rencontrés au cours de notre récente exploration. Il permet de relater le passé minier de la région, dont atteste encore les logements en cordeau, évocateurs de l’habitat minier traditionnel. De manière étonnante, on retrouve ici les mêmes logiques que celle prévalant ailleurs. Deux petites salles d’exposition, modestes, mais efficaces et un audiovisuel permettent de transmettre simplement et agréablement cette histoire. Sans céder au projet surdimensionné par rapport à la commune, le lieu permet de jouer pleinement son rôle de sensibilisation. Un exemple à suivre sans doute pour équiper les petites communes françaises de lieux rénovés et adaptés...
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03:19
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vendredi 8 mai 2009
Souris à l'art contemporain
Elles nous foutent la trouille toutes ces souris ! Non je ne parle pas des visiteuses des musées d’art contemporain, donc le public est, on le sait, plutôt féminin, mais des images courantes de l’artiste Peter Kogler exposées actuellement au musée d’art moderne et contemporain Berardo à Belem à côté de Lisbonne ! Car il y en a une, puis deux, puis trois, et la salle est bientôt envahie ! Phobique, s’abstenir ! Enfin, c’est un pur régal de voir les enfants courir après toutes ces souris virtuelles et l’on passe un bon moment, puisque c’est devenue semble-t-il à présent la finalité de la culture (pauvre Malraux !). Le lieu est une belle proposition architecturale, avec des ouvertures et des percées sur les salles plaisantes, avec un traitement de la lumière agréable. Le musée est lové dans le centre culturel de Belèm édifié au début des années 90 par les architectes Vittorio Gregotti et Manuel Salgado. On visite d’abord le lieu. Les oeuvres exposées retiennent parfois l’attention (notamment avec une collection qui couvre toutes les écoles artistiques du XXe et réunit des maîtres tels que Picasso, Miro, Magritte, Dali, Bacon, Warhol, Pollock, Lichtenstein ou encore Mondrian...) , et on n’en demande souvent guère plus à ces endroits où l’on va se promener, découvrir et partager des moments de sociabilité. Quand on tombe sur une salle pleine de souris, on s’esclaffe, cela nous détourne de l’ennui quotidien et la visite est réussie.
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02:17
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vendredi 24 avril 2009
L'Espagne en pleine Beauce !
Après Saragosse, Chartres ! Et oui une partie des éléments exposés dans le pavillon de la France lors de l’exposition universelle l’année dernière en Espagne sont présentés à présent au COMPA à Chartres dans une exposition temporaire qui se révèle être une gageure. Le chargé de projet a bien du mérite d’avoir tenté l’impossible, celui de reprendre des éléments d’une scénographie nécessairement spectaculaire, c’était son rôle, pour les montrer dans un autre contexte, moins propice à l’événementiel, il faut bien l’admettre. Evidemment, les attentes en terme de fréquentation et de notoriété ne sont pas absentes de ce coup malin. Ceci étant les propositions retiennent l’attention, malgré des erreurs de conception de certaines manips. Le thème de l’Eau, choisi comme sujet pour une exposition universelle située à un endroit pour le moins critique de la planète, à cet égard - et que l’affluence à l'événement n’a paradoxalement pas dû arranger -, est revisité autrement dans la plaine de Chartres. Car paradoxalement c’est sans doute la partie, certes plus modeste expographiquement parlant, que le COMPA a ajouté à l’exposition universelle qui s’avère la plus intéressante, de par son contenu. Avoir le courage de révéler les problèmes de pollution et d’épuisement des sols dans une région d’agriculture intensive n’est pas anodin. L’exposition revient alors à des formes essentielles, déserte les grandes installations spectaculaires pour en venir au message, et c’est une drôle de chose que cette exposition en deux parties, où la vedette Saragosse perd de sa superbe et s’efface devant l’ajout modeste du COMPA !
http://www.lecompa.com/lecompa/index.html
sur le Pavillon de la France, son parcours muséographique et sa galerie photos
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02:08
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mercredi 15 avril 2009
De l'archéologie à Zamora
Très beau petit équipement, le musée archéologique de Zamora en Espagne est d’une qualité architecturale qui mérite attention. Le jeu avec les lumières naturelles, les ouvertures sur l’extérieur et le bâtiment, le parcours que suit le visiteur au gré du déroulé muséographique, tout cela est intelligent. On sent que les architectes (Tuñón et Mansilla) ont visité, et qu’ils font des clins d’oeil à d’autres lieux de référence. Inutile d’en aligner des tonnes, une visite efficace, qui en peu d’espaces et peu d’objets, apporte l’essentiel et propose une exploration dans le temps, de la préhistoire à la peinture contemporaine. Un défi ! Mais très bien relevé pour ce petit musée de ville qui remplit très bien son rôle dans la Cité et qui propose aux visiteurs de passage une initiation pertinente. Un peu l’écart des grands axes, une petite ville qui mérite du reste le détour, fort agréable, avec ses cigognes indifférentes à nos découvertes. Renseignements ici.
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01:43
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mercredi 8 avril 2009
Il sont partis sur le terrain !
Les étudiants de muséologie-muséographie et patrimoine de l'année 2009-2010 sont partis en stage long. Il sont investis les terrains suivants, dans une belle diversité. Souhaitons leur bonne chance et de beaux projets.
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09:53
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dimanche 5 avril 2009
Musée du Grand Curtius
Le musée du Grand Curtius vient d’ouvrir ses portes à Liège après des années de fermeture pour travaux, il regroupe plusieurs musées et collections jusque-là dispersés. Très belle réalisation architecturale, malgré quelques aménagements un peu étrange dans la cour notamment, la prouesse pour articuler plusieurs bâtiments et concevoir un parcours de visite est remarquable. Si la scénographie est également très réussie, avec de belles présentations et un design d’ensemble appréciable, il n’en est pas de même du graphisme des textes, la plupart du temps illisibles, en caractères trop petits, souvent trop longs par leurs contenus et édités ton sur ton. On s’étonne que de telles inepties puissent encore se faire malgré le nombre d’études et d’évaluations réalisées sur la question. Les collections de cartels sont également assez éprouvantes. Plus grave, le discours tenu est des plus classiques, voir demeure quasi inexistant, puisqu’il s’agit surtout de présenter des collections, au demeurant superbes. Mais la réalisation d’un musée peut-il encore se faire aujourd’hui avec le même paradigme que pour ceux ouverts au XIXème siècle, alors que depuis trente ans des réflexions notables ont eu lieu pour penser le musée autrement et dépasser le caractère fétichiste du musée gardien de trésors ? Conserver pour conserver, ou pour la seule contemplation, demeure un peu court alors que tant de choses devraient être dites sur l’histoire de la ville. Le plus étonnant est la collection d’un particulier qui prend au sein du musée une place assez déconcertante pour un établissement public. Que ces quelques critiques ne détournent pas malgré tout d’une visite qui mérite grandement d’être faite au moins pour le lieu et les collections. 
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04:00
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dimanche 29 mars 2009
De l'histoire de vie comme lieu de partage
Le musée de la personne, émanation du Centre d’histoire de Montréal, est une démarche originale dans le domaine de la muséologie communautaire et participative. Il s’agit de proposer à des communautés de se former autour de thème, en utilisant la mise en ligne rendu possible par internet. Ce qui était difficile et lourd financièrement devient de plus en plus accessible si la volonté est présente. L’idée est de proposer des histoires de vie, autour d’interviews et de portraits qu’il est possible d’illustrer autant que peuvent le permettre aujourd’hui les nouvelles technologies. Chacun peut de lui-même proposer de déposer son témoignage et ceux-ci servent de support éducatif pour parler des communautés. Ainsi ces histoires de vie, patrimoine immatériel, que les écomusées et musées d’ethnologie en général, ont souvent accumulé et qui demeuraient bien souvent inexploitées peuvent prendre corps et trouver place dans une exposition qui dépassse largement les murs de l’institution.
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10:43
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vendredi 27 mars 2009
Séminaire sur les écomusées
Organisé en partenariat avec l’Ecomusée du Creusot-Montceau-les-Mines, la MSH, le Centre Georges Chevrier et le CRCM, une journée rassemblant des professionnels et les étudiants de muséologie-muséographie s’est tenue à l’écomusée. La réflexion a porté sur les actions possibles aujourd’hui pour les institutions écomuséales dans le domaine de l’action sociale et du partenariat participatif, mais aussi sur la manière d’intervenir dans le domaine du développement durable. Car on l’oublie trop souvent mais ces deux domaines sont intimement liés à l’histoire des écomusées, et ce dès l’origine, comme le mentionne d’ailleurs la définition des écomusées. Si leur développement a trop souvent oublié ces deux aspects au profit d’autres interventions, l’époque rappelle combien ces deux urgences sont cruciales. Le social et l’environnement, que peu de propositions arrivent ailleurs à marier de manière satisfaisante, sont des terrains que les écomusées doivent repenser pour proposer une démarche qu’ils sont bien placés pour aborder de manière originale. Les débats et échanges, animés par Hugues de Varine, ont été particulièrement enrichissants. Un thème sur lequel nous aurons l'occasion de revenir très certainement à l'avenir lors d'autres journées.
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10:23
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mercredi 18 mars 2009
Le nouveau museum de Toulouse
Le muséum d’Histoire naturelle de Toulouse a fait peau neuve, son extension tout de verre s’ouvrant généreusement sur le jardin botanique est magnifique, et l’installation des collections de spécimens dans la paroi une riche idée. A la fois ouverture et invitation, symbolique de ces nouveaux musées communicants. La volonté d’en faire un lieu dynamique et ouvert sur la cité est manifeste par l’importance du service des publics, avec pas moins de 50 animateurs engagés, et un site internet innovant. Tout est là pour en faire un musée du XXIème siècle, sauf peut-être son contenu... Il est en effet très surprenant de constater les choix effectués, tournés vers des sujets très scientifiques de classifications des espèces alors que les questions environnementales actuelles, qui préoccupent tant nos concitoyens, sont au final si peu présentes. Sans doute ces débats ont lieu en marge des expositions, mais c’est malheureusement l’argument que donnent tous les lieux pour s’affranchir de traiter des questions d’actualité dans les espaces muséo. Or, c’est quand même ce qui peut être un vecteur d’intérêt et d’entrée pour la science pure...
La scénographie est assez étrange, alternant de très belles propositions et des choses assez kitsch, des manques de finitions et des erreurs impardonnables. Ainsi les textes sont très mal conditionnés, comme si le muséographe ne bénéficiait pas de nos jours des apports des études antérieures sur ce sujet. Mais le problème principal est peut être justement celui-là, l’absence d’un véritable muséographe dans l’équipe de rénovation, d’une personne qui ait donné le ton et harmonisé l’ensemble, puisqu’une fois de plus on peut deviner que les scientifiques sont restés en face à face avec l’équipe chargée de la scénographie, et qu’un acteur a manqué. Enfin ne boudons pas notre plaisir, le muséum de Toulouse est quand même une belle réalisation que l’on se plaît à visiter. Signalons également l'exposition temporaire portant sur l'aventure de la rénovation, qui invite à un voyage dans le temps et à observer la métamorphose des missions de l'institution.
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10:32
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samedi 14 mars 2009
Visites en Suisse
Comme chaque année, un séjour en Suisse avec les étudiants du master en muséologie a permis de constater in situ l’originalité des démarches qui sont à l’oeuvre. S’il n’a pas été possible de voir la nouvelle exposition du muséum de Neuchâtel, qui est actuellement en montage et que nous attendons avec impatience, en revanche les étudiants ont pu réaliser un exercice d’analyse de l’exposition La Marque Jeune au MEN sous le regard avisé de Marc-Olivier Gonseth qui a expliqué également les projets d’avenir pour le lieu. L’accueil a comme toujours été remarquable et comme toujours très apprécié par tous. Une demi-journée à également été consacré à la visite de l’exposition Au Fil de l’Age à la Fondation Claude Verdant à Lausanne. Deux expositions intéressantes à mettre en parallèle avec leurs choix muséographiques et scénographiques différents. (Voir les rubriques ci dessous du 1 et 2 février dernier).
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02:29
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jeudi 5 mars 2009
Des musées de l’Holocauste...
Le musée de l’Holocauste de Washington est célèbre pour son parti pris scénographique, avec des ambiances et des installations évocatrices, tout en refusant la mise en spectacle que l’on aurait pu craindre. De même le passeport remis à l’entrée de l’expo peut d’abord mettre mal à l’aise, il n’est pourtant guère utile car non plébiscité ensuite dans le parcours, et c’est sans doute aussi bien comme ça. Si le musée juif de Berlin marque par l’architecture osée de Liebeskind, c’est la profondeur du discours muséographique que l’on retient du Centre commémoratif de l'Holocauste de Montréal. Car ce musée, certes modeste, est loin d’être dépourvu d’intérêt. Il faut saluer notamment le courage qui fait aborder des questions dérangeantes, notamment l’attitude du Québec pendant l’occupation, et le peu d’empressement à accueillir les réfugiés. Comme son grand frère de Washington, un discours peu complaisant est tenu à cet égard. On y apprend aussi que Montréal fut après guerre la deuxième place pour les survivants. Il est sans doute dommage que ce musée ne soit guère mis en avant et qu’il soit encore trop confiné, paraissant réservé à la seule communauté juive, alors qu’il est au contraire ouvert au plus grand nombre.
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09:51
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dimanche 22 février 2009
De Marquéze à Marquéze
L’écomusée de la Grande Lande de Marquèze figure parmi les lieux mythiques de l’écomuséologie, puisqu’il compte parmi les premiers sites (inauguré avant même l’invention du mot écomusée d’ailleurs !) dans la lignée des musées de plein air, et installé au coeur du parc naturel régional des Landes. Sur l’airial traditionnel, le village présente les maisons et les fonctions de celles-ci, les usages et comportements de leurs habitants. Lové au coeur de la forêt, l’attrait réside aussi pour les familles par le mode d’approche, puisque cela suppose une ballade préalable en forêt au moyen du petit train qui y conduit.
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08:30
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dimanche 15 février 2009
Séminaire : quelle convergence entre culture et social dans les musées ?

Chaque année, depuis trois ans, Itinéraires Singuliers, association innovante dans ce domaine propose à l’IRTESS et à l’IUP de conduire en partenariat un séminaire de réflexions sur la rencontre entre culture et social. Les étudiants du secteur social et du secteur culturel peuvent ainsi être sensibilisés à des dimensions essentielles à laquelle ne les prédestinent pas toujours leurs parcours respectifs. C’est aussi l’occasion pour eux de rencontrer des professionnels inscrits librement à la journée.
Cette année, la journée inscrite dans le programme du Festival proposé par Itinéraires Singuliers, était centrée sur les musées, et le musée des Beaux-arts de Dijon a pris une place active dans l’organisation. L’idée était au travers d’ateliers de croiser les regards en invitant une institution culturelle et ses partenaires associatifs à présenter leurs actions auprès des publics éloignés. Le musée des beaux arts de Dijon, mais aussi le musée de Roubaix et les musées de Strasbourg, ainsi que les associations Pulsar, l’Institut Marcel Rivière, et Itinéraires Singuliers ont captivé leur auditoire. Enfin Alain Vasseur d’Itinéraires Singuliers, et Valérie de Saint Do de la revue Cassandre ont proposé une réflexion en forme de synthèse de la journée.
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02:55
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samedi 14 février 2009
Une exposition dans le noir complet est-ce bien raisonnable ?
Nous l’avions vu à sa création au Préhistosite de Ramioul (lieu à découvrir absolument, à côté de Liège), et nous avions été très impressionné par son audace ! L’exposition Ferme les yeux pour voir la préhistoire est non seulement originale et inovante, mais conserve toute sa puissance épistémologique pour communiquer simplement sur l’activité du chercheur, en l’occurrence ici le préhistorien et plus largement l’archéologue, et expliquer ainsi la démarche du scientifique en général. Loin de ne s’adresser qu’aux visiteurs non-voyants comme on pourrait le penser à priori, cette exposition qui se déroule dans le noir complet, - le visiteur a les yeux bandés (ce qui est un comble pour une exposition, et il fallait oser) -, parle à tous les publics, petits ou grands, aveugles ou non. Car la métaphore est intelligente, en proposant de toucher et de découvrir sensoriellement les objets, le visiteur se trouve dans la position du préhistorien qui avance dans le noir, par supposition déduction et qui doit reconstruire après coup pour deviner la réalité.
En suivant le fil d'Ariane de l'exposition, le public est amené à ressentir la Préhistoire et à l’imaginer. Comme Scène de silence à la CSI qui proposait il y a quelques années de porter un casque pour s’isoler phoniquement et découvrir le monde des sourds, le visiteur peut ici mieux comprendre le handicap, mais c’est bien plus largement un discours sur l’activité de chercheur qu’il s’agit de porter, de manière ludique et étonnante.
Après avoir été accueilli au musée départemental de Préhistoire de Solutré, au musée de préhistoire d'Ile de France à Nemours, et dernièrement au Musée des Tumulus de Bougon, cette exposition temporaire poursuit sa route, espérons pour le public qu’elle soit présentée dans de nombreux lieux.
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06:10
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mercredi 11 février 2009
Pour ou contre un musée de l’Histoire de France ?
Le débat semble lancé par des papiers parus dans la presse, le dernier en date dans Le Monde, signé de deux historiens, Daniel Roche et Christophe Charle, le 8-9 février dernier, contestant l’idée de la création voulue par le président Sarkozy d’un Musée de l’Histoire de France. Il a bien des raisons pour s’inquiéter de la création d’un musée alors que le gouvernement dispose d’un ministère de l’identité nationale. On sait que les musées d’histoire peuvent être instrumentalisés pour les pires causes, et notamment identitaires par les politiques. L’histoire en conserve en mémoire de fameux. Cependant, les arguments avancés ici nous semblent pour le moins contestables, et surtout trahissent une conception du musée pour le moins éculée, le comparant à un sarkophage (la blague est bonne, certes), mais parlant aussi de mise en boîte, “de choses offertes au regard” accompagnées de textes sur les murs. Ils traduisent ainsi leur propre conception du musée ! Comme si le musée n’avait pas découvert par l’exposition contemporaine des façons vivantes et dynamiques de présenter l’histoire, comme si la nouvelle muséologie n’avait jamais existé ! Et nos auteurs de contester l’utilité d’un tel musée à l’heure de la construction européenne, comme si penser le passé, ne servait pas à affronter et préparer l’avenir. Bref, sans prendre parti pour le projet présidentiel, les arguments ne sont pas les bons, car ce n’est pas un musée d’histoire de France qui est impossible ou problématique en soi, mais la façon de le concevoir. Et là dessus, on ne saurait repousser l’idée seulement en faisant un procès d’intention. A près tout, beaucoup de pays ont des musées présentant leur histoire nationale, sans que cela soit pour autant offusq
uant, ce qui importe c’est le contenu et la manière de le faire. Attendons donc de voir le programme précis. Enfin reste un argument encore plus dangereux, qui refuse de dilapider des crédits utiles à la recherche dans des missions culturelles, c’est-à-dire de sensibilisation et de diffusion, et c’est une dénonciation des plus contestables et dangereuses pour le muséologue, comme pour l’action culturelle en général. S’il y a un argument qui peut être avancé raisonnablement c’est de savoir si il convient de multiplier les grandes institutions dévoreuses de crédits, à chaque nouveau président, où s’il ne serait pas temps de penser à un véritable développement culturel s’appuyant sur les sites existants.
Pour un développement de cette critique, voir le site d'Expologie.
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11:06
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dimanche 8 février 2009
Intrus / Intruders au Musée national des beaux-arts du Québec
Derniers jours de cette très intéressante exposition développée dans les espaces permanents du musée avec des interventions d’artistes contemporains qui viennent assumer un dialogue avec les oeuvres habituellement présentées. Comme Marie-Laure Bernadac le propose régulièrement dans les collections du Louvre, il s’agit de faire se télescoper les époques. Parmi les réalisations remarquables celle de Adad Hannah qui mêle à l’accrochage des tableaux des vidéos de regardant regardés. Les installations de Catherine Sylvain dans les collections d’art sacré, celle de Carlos et Jason Sanchez qui propose un baptême ambigu, ou encore Yannick Pouliot et Daniel Faubert parmi les oeuvres de Riopelle, de Jana Sterbak qui interpelle la conscience écologique et la fonte de la banquise dans les collections d’art inuit, autant d’oeuvres parmi les quelques 25 présentées qui interpellent le visiteur. Un très luxueux catalogue édité à l’occasion garde en mémoire cette forte exposition et propose d’audacieux grands formats. Raymond Montpetit et Yves Bergeron signent un texte sur l'accrochage d'art contemporain dans les expositions d'art, ainsi qu'une étude sur la réception de l'exposition. Chose rare, le catalogue comporte un CD avec les principaux résultats de l’enquête de public conduit pendant l’exposition. La réception ne semble plus poser d’énormes problèmes, les visiteurs s’étant habitués au métissage des arts, et l’intérêt est évidemment de convier ce faisant de nouveaux publics dans les salles permanentes. Il est malheureux que nous ne pouvions pas présenter ici de clichés, la photographie étant interdite dans les salles du musée, selon cette nouvelle maladie de beaucoup de musées. 
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08:04
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samedi 7 février 2009
Quai Branly : un miroir aux alouettes ?
A propos d’ethnographie et d’arts premiers, André Desvallées ose poser la question directement, le musée du Quai Branly est-il en quelque-sorte un attrape-nigaud ? On savait les scandales révélés par Bernard Dupaigne et la réflexion épistémologique très critique conduite par Benoît de L’Estoile dans un livre fameux. C’est à une déconstruction en règle que se livre ici l’auteur qui connaît parfaitement l’histoire du lieu et les enjeux qui sont liés au passage du musée de l’Homme à l’actuel musée du bord de Seine. Catherine Clément elle-même a écrit combien le terme d’arts premiers était ridicule, mais il faut lire André Desvallées pour comprendre combien ce projet a dérivé et a échoué à renouveler le genre du musée d’ethnographie, pour revenir à un stade antérieur aux recherches qui se sont déployées à partir du courant de la nouvelle muséologie. Ceci est d’autant plus curieux que des acteurs, et non des moindres, comme Germain Viatte, ont contribué ainsi à une vision archaïque qu’ils avaient pourtant cherché à combattre dans leur jeunesse. Que le musée du Quai Branly cherche à récupérer Claude Lévi-Strauss n’est pas étonnant (d’autant que ce dernier a toujours eu des positions pour le moins ambivalentes, si ce n’est réactionnaires concernant la muséologie), - ceci ne doit pas occulter le procès de l’esthétisation pour l’esthétisation, qui là, moins qu’ailleurs, n’a de sens. Certes, on sait la crise que traverse les musées d’ethnologie, prisonniers des catégories construites par la discipline et des évolutions du monde, des injonctions sociales à fabriquer des identités et des exigences scientifiques à les déconstruire, tandis que la mondialisation les bouscule. Tout ceci conduit à fuir les problèmes posées en se réfugiant dans la pure exhibition contemplative. Ce faisant, le musée du Quai Branly ne fait que confirmer une conception passéiste, si bien que le premier musée du XXIème siècle donne un goût étrange de retour en arrière ! André Desvallées aborde le difficile problème des restitutions et les effets de celles-ci, si on conduit le principe dans ses retranchements. Les contradictions du musée d’ethnologie sont nombreuses, l’une d’entre-elle le piège, puisque si l’objet de musée perd ses fonctions premières, ainsi une statue de vierge d’une église perd ses fonctions cultuelles en gagnant ses fonctions culturelles, et notamment en devenant un objet artistique, par conséquent une pièce d’ethnographie peut suivre la même trajectoire. Les ethnologues ne peuvent soutenir la thèse du respect de la diversité culturelle, de la restitution pour usage et des biens gérés par les communautés sans s’attaquer aux fondements du musée, qui sous-entend que l’objet perde son ancienne fonction en entrant au musée. Mais dès lors, on ne peut pas réfuter totalement l’utilisation de l’objet à d’autres desseins, un réinvestissement de sens, à des fins esthétiques par exemple. Le problème est de faire croire que nous serions alors encore dans un musée d’ethno, comme si les tableaux de saintes vierges dans les musées de beaux-arts nous enseignaient encore la religion. On peut estimer que ce n’est plus le cas et que ces objets en devenant totalement laïque, acquièrent d’autres fonctions. Ainsi le masque africain ne nous parle ou ne nous enseigne pas davantage l’Afrique que la vision d’une pieta le fonctionnement du christianisme. C’est toute l'ambiguïté du Quai Branly que de prétendre jouer sur les deux tableaux, d’où son caractère bancal, si ce n’est malhonnête. Mais la question demeure à résoudre pour les musées d'ethno en général...



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08:48
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lundi 2 février 2009
La Suisse nous parle des jeunes...
Et notons la publication du catalogue avec de très belles photos de l'exposition, chose malheureusement rare dans le genre.
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dimanche 1 février 2009
La Suisse nous parle des vieux !
C’est à la Fondation Claude Verdan à Lausanne que l’on peut découvrir cette belle exposition, Au fil du temps, émouvante et très riche sur le troisième âge. “Mourir, cela n’est rien, mourir la belle affaire... mais vieillir, oh vieillir...” , tout le monde ne chante pas cette chanson là, il y a des avis divers, contradictoires, des interprétations de la vieillesse sur des tonalités différentes, des points de vue qui se croisent. Le nombre d’audiovisuels peut vous retenir longuement dans cette exposition copieuse, mais jamais bavarde. Des petits dispositifs ingénieux comme on aime en découvrir souvent dans ce lieu, développent des approches variées, et s’adressent par là à un public de tous les âges. Si le point de vue médical est évidemment présent, ce sont les aspects humains, sociaux, les rythmes de vie, les solitudes, les désespoirs, les rires et les imaginaires de la vieillesse qui invitent à découvrir cet âge de la vie. On apprend par exemple, que la Suisse délocalise parfois ces vieux sur la Costa Brava, et d’autres choses bien étonnantes ! L’expographie assez simple en soi se révèle efficace.
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samedi 24 janvier 2009
Le MoMA nous relaxe
Belle et prestigieuse rénovation que celle du MoMA qui comme son voisin le New Museum invite le visiteur à venir faire une expérience architecturale. Sur les pas initié par le Guggenheim avec l’architecture de Frank Lloyd Wright inauguré en 1959, puis par Beaubourg plus tardivement, les musées du monde initient ainsi un nouveau rapport à l'institution. Il s’agit moins de se confronter à l’art dans un rapport de contemplation - délectation que de vivre intensément une expérience collective qui marie le spectaculaire au sensationnel. Ce n’est donc pas un lupanar géant que l’on peut voir ici, mais un vaste lit où les visiteurs allongés pourront se reposer et contempler à loisir un environnement en mouvement, surfant sur les vagues d’images qui invitent aux rêves, à la fusion où à une poésie d’une nouveau genre. Le film de The Donald B. and Catherine C. Marron est particulièrement évocateur. Le lieu est sans conteste magnifique, on passe un moment délicieux, malgré la foule qui s’y presse et s’il vous reste quelques temps, n’oubliez pas qu’il y a aussi des peintures fameuses à voir !
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lundi 19 janvier 2009
Château des Ducs de Bretagne : musée d’histoire de Nantes
Belle réalisation nantaise, le musée d’histoire du Château des Ducs de Bretagne est certes assez classique dans ses formes scénographiques, signées par Jean-François Bodin, sobre et soigné, le lieu propose un parcours cohérent de l’Antiquité à la période contemporaine, en une trentaine de salles, démultipliant les techniques de médiation de manière efficace. Les bornes interactives, les cartes et dispositifs multimédia sont particulièrement pertinents. Le lieu est bien mis en valeur (notamment l'escalier évidé du bâtiment des Jacobins) dialoguant agréablement avec les expositions. La partie contemporaine sur le développement urbain, les chantiers navals, l’industrialisation et la métamorphose actuelle de la ville sont avantageusement traités. Nous avons beaucoup aimé l’installation de Pierrick Sorin, enfant du pays mais descendant surtout de Mélies, qui conclut le parcours, l'artiste proposant une lecture subjective de son histoire de Nantes. Art contemporain, témoignages ethnographiques et documents d’archives sont mariés efficacement pour conduire le visiteur dans sa découverte de la ville. Le lieu a reçu le label tourisme et handicap et propose un programme dense d’activités pédagogiques et d’ateliers pour les scolaires. Le site de Pierrick Sorin :http://www.pierricksorin.com/
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samedi 17 janvier 2009
Wim de cochonnailles en cochonneries
Sensations à la galerie d’art de l’UQAM de Montréal où l’exposition de l'artiste belge Wim Delvoye présente sa nouvelle machine à fabriquer de la merde, Cloac n°5, comme une célèbre marque de parfum. La chose pourrait avoir toute sa place dans une exposition de sciences comme performance technique, mais c'est ici pleinement le caractère artistique qui est revendiqué. “Beau monde au vernissage qui vient acclamer la prouesse comme au lever du roi les courtisans admiraient le pot de chambre”, remarque avec malice un des convives un brin critique ! Subtile alchimie qui transforme de fins mets préparés savamment par de grands chefs en étrons plus ou moins bien digérés, et la bonne société de s’ébaudir en choeur. L'allégresse est générale, réveillant peut-être les pulsions les plus primaires de l’Homme. La conservatrice s’extasie après quelques temps de digestion : “ça y est la machine l’a faite !”, comme ces jeunes mères qui montrent les couches du dernier né avec fierté.
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lundi 12 janvier 2009
Voyage de l'année entre Seine et Marne
Voyage d’étude dans les pays de Seine et Marne pour les étudiants du Master 2 cette année. Etudier et comprendre les politiques culturelles mises en oeuvre par un département au profil contrasté, partagé entre zones rurales et villes nouvelles de la grande couronne parisienne. Un peu un mariage de la carpe et du lapin ! Comment impulser des logiques de rapprochement, comment faire évoluer les institutions, comment faire se rencontrer les publics ? Ce voyage a été bien rempli et ingénieusement organisé grâce à l’aide d’une ancienne étudiante, aujourd’hui administratrice des Concerts de poche, une structure de diffusion qui fait un magnifique travail sur le territoire. Rencontres avec les directeurs de structures, le Président du Conseil Général, les directeurs de services, les compagnies implantées... Les étudiants de muséologie et patrimoine ont pu faire connaissance avec le château de Blandy-les-Tours, le musée de préhistoire d’Ile de France à Nemours, la ville d’art et d’histoire de Noisiel... Une façon d’ancrer sa réflexion dans les réalités territoriales et de comprendre la logique des acteurs, une démarche essentielle dans une formation...
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mercredi 7 janvier 2009
Pélerinage à Anacostia !
Anacostia muséum fondé en 1967 par John Kinard fait figure de pionnier dans le monde de la muséologie communautaire. C'est un lieu culte pour ceux qui s'intéressent à la question. Musée de voisinage, pour reprendre l’expression consacrée, implanté dans la banlieue de Washington, il travaille avec les populations des communautés noires environnantes pour présenter l’histoire de ceux avaient jusque-là été trop souvent oubliés par les institutions culturelles. Le lieu a été rénové en 2002.
Toutefois, si l’exposition présente les différents aspects de la culture populaire, ce sont davantage les aspects historiques, et très peu les aspects contemporains, contrairement à un autre musée de la Smithsonian, ouvert récemment, le National Museum of the American Indian. Ce dernier donne une grande place à la présentation des peuples autochtones, par eux mêmes, avec des curators associés, et pour traiter des problématiques actuelles rencontrées par ces populations. Même si les aspects les moins lisses sont comme toujours évacués et que l’on ne s’apesantit pas sur les questions qui fâchent, donnant à voir un visage très consensuel et positif des communautés, il demeure que le musée participe ainsi de sa mission sociale, mais aussi culturelle en favorisant la tolérance et l’ouverture à l’altérité. Il ne s’agit pas seulement de nourir une fierté, mais par le musée d’être un lieu d’ouverture des esprits. Une très belle réalisation à ne pas manquer, un vrai musée d’ethnologie comme on aimerait en voir plus souvent...
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11:49
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jeudi 18 décembre 2008
La tragicomédie de La Maison du chaos
Détruire La Maison du chaos, c'est un comble ! Et de ce fait les tenants de l’art destroy sont obligés de prendre la plume et de signer des pétitions pour s’opposer à l’anéantissement de ce lieu qui a néanmoins la destruction pour concept. Le monde est extraordinaire ! Il faut dire que certains riverains voient d’un mauvais œil ce Palais du Facteur Cheval du XXIème siècle dans une banlieue chic de Lyon, car, comme toute démarche originale, elle dérange du moment qu’elle n’est pas confinée dans un endroit pour ça : tel un centre d’arts contemporains. Comme on le sait, “la tolérance il y a des maisons pour ça”. Bel embrouillamini judiciaire, le fondateur Thierry Ehrmann qui est loin d’être un novice sait démontrer une atteinte à la création artistique et la dénonciation de la censure n’est jamais très loin. Dès qu’une démarche artistique est critiquée les défenseurs de la liberté d’expression montent au créneau, le livre publié des soutiens et distribué gratuitement sur le site en atteste. La décision de la Cour d'Appel de Grenoble le 16 décembre 2008 qui stipule la destruction prend le risque de faire monter une mobilisation déjà forte. Il faut dire que le lieu par les débats qu’il suscite et les visites qu’il génère, est plus stimulant pour l’esprit que la dernière exposition du musée d’art contemporain de Lyon qui elle ne s’attirera que l’ironie des critiques de France Culture dans l’indifférence générale. La Maison du chaos offre quand même de beau visuel, et on s’amuse beaucoup à la visiter. Le plus drôle dans l’affaire est peut-être cette contre-position avec la maison du bonheur en face de la maison du chaos. Pourra t-elle survivre en cas de destruction de son image inversée ? Elle ne semble déranger personne, bizarre !
Voir : http://www.demeureduchaos.or
ou http://blog.ehrmann.org/
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03:15
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dimanche 14 décembre 2008
Musée haut musée bas, le film
Après la pièce de théâtre, le film. Si les lieux sont démultipliés et incarnent plus de véracité que lors de la représentation théâtrale, les dialogues eux sont fidèles au texte de la publication. Musée haut, musée bas, de Jean-Michel Ribes, est un pastiche de l’institution, et comme toute caricature, elle ne fait pas toujours dans la nuance ou dans l’exactitude, mais il ne s’agit pas de proposer un documentaire sur le musée. On appréciera l’humour qui sert un regard tendre mais sans complaisance sur l’institution. Quelques pointes décochées envers l’art contemporain doivent faire crisser les dents des intégristes du secteur, mais s’avèrent assez savoureuses. Le happening et le meurtre au musée comme œuvre d’art thérapeutique demeure le nec plus ultra qui reste à atteindre alors que tout à été déjà tenté et que l’idéal contemporain de la création n’est pas de parfaire mais d’innover.
La brochette d’acteurs qui sont invités à visiter les lieux est impressionnante, et sert à dresser une typologie des visiteurs qui fera sourire le spécialiste des publics. Le conservateur hanté par la dégradation et l’envahissement de ses collections par une nature qui entend reprendre ses droits est aux yeux de l’éternité assez juste, la volonté de conservation étant par essence contre-nature et au final assez vaine. Le raccourci qui est dressé par la mise en scène d’une fin du monde des musées fait frémir les amoureux des collections - ainsi cette petite danseuse de Degas chavirant au sol fait se raidir dans son fauteuil ! - mais à le mérite de rappeler notre incommensurable finitude, ce dont l’art traite toujours au final, pour évoquer la figure tutélaire de Malraux qui hante les débuts du film. Malgré certaines longueurs et quelques faiblesses, ce film grand public est assez plaisant à découvrir pour le muséologue !
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03:54
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samedi 13 décembre 2008
Séminaire sur les Projets Scientifiques et Culturels dans les musées
Deux jours de séminaire dense en discussions et en échanges à l’Institut Denis Diderot les 4 et 5 décembre, avec une vingtaine d’intervenants, et une centaine de participants, dont une bonne cinquantaine de professionnels. La réflexion a porté sur plusieurs points, moins sur les méthodologies que sur les attentes et besoins des PSC, leur évolution, l’adéquation aux caractéristiques locales et à l’histoire particulière de chaque site, les nouveaux critères qui sont à prendre en compte, mais aussi sur les effets d’éventuelles normalisations quand la DMF impose une grille qui ne correspond que modérément aux besoins des institutions. Absence du reste remarquée de la DMF durant le séminaire qui n’avait pas jugé bon de venir communiquer et notamment expliquer les critères de validation des PSC. Heureusement trois conseillers DRAC étaient au rendez-vous s’efforçant de réduire un écart et une distance, pour ne pas dire une condescendance, dont témoigne parfois la rue des Pyramides. L’OCIM qui était partenaire des journées publiera en 2009 un numéro de La Lettre de l’OCIM pour faire suite à ses journées stimulantes.
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04:42
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mardi 9 décembre 2008
Vous avez de beaux restes ! Objets et modes de vie du XXème siècle.
Belle exposition qui démontre une fois de plus qu’une exposition avec un discours fort est plus probante qu’une exposition où sévit seulement de beaux objets. Car il ne s’agit pas de faire preuve de démagogie et de clamer que les objets exposés ici sont des merveilles, produits de notre quotidien depuis tente ans, issus de la standardisation et de la banalisation, ils rendent délicate la mission du musée d’ethnologie soucieux de rendre compte d’une “identité” locale. Rien de tel ici, aucune prétention à distinguer un territoire d'exception, il s’agit plutôt d’inviter à la réflexion sur nos sociétés par une classification malicieuse.
Bravo pour cette proposition, à voir au Musée de la ville de St Quentin en Yvelines jusqu'au 5 juillet 2009.
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09:50
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jeudi 4 décembre 2008
U-Culture : à propos de culture scientifique

Le numéro de la revue U-Culture, revue de l’Université de Bourgogne, sur le thème de la culture scientifique et technique au sein des universités, coordonnée par Philippe Poirrier, est sorti en version papier, il est disponible sur demande ou sur le site de l'Athéneum.
Il contient des articles de Philippe Poirrier, Catherine Cuenca, Jean-MArc Levy Leblond, Dominique Lecourt, Daniel Raichvarg, Soraya Boudia, Dominique Ferriot, Catherine Gadon, Gilles Bertrand, Catherine Ruppli, Jean-François Desmarchelier.
Le prochain numéro concernant l’art en espace public est sous presse.
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mercredi 3 décembre 2008
L'origine de la marchandisation
Courbet est pornographe, des critiques l'ont affirmé, mais ce n'est ni le premier, ni le seul. Et il n'y a pas là de quoi s'émouvoir. Mais Courbet est-il responsable de la décadence de l'art ? Courbet est-il, qui plus est, responsable d'avoir aliénée l'image de la femme, soudain réduite au rang d'objet, la réifiant au point que ce peintre apparaisse à l'origine d'une conception marchande du corps humain? Courbet est-il un antiféministe viscéral ? Ces questions sont décidément bien curieuses, mais ce sont les thèses tenues par le héros du roman de Rezvani L'Origine du monde, ouvrage publié en 2000.Après tout, ce n'est pas aussi ridicule qu'il y paraît, n'est ce pas la première représentation d'un corps humain partiel, présenté par morceau ? Si le tableau fit et fait encore scandale (il n'y a pas si longtemps qu'un livre le portant en couverture fut interdit de devanture de librairie dans certaines villes), c'est aussi qu'il dépasse assurément ce qu'il montre, et qu'il est l'ingénieux point de départ d'une façon de représenter le corps qui n'avait pas cours auparavant. Alors coupable Monsieur Courbet ? En tous les cas, Bergamme le héros du livre, le croit fermement et entend dérober le tableau pour l'achever, le faire disparaître en le menant à son terme. Car ce n'est pas la seule théorie curieuse du personnage, qui se montre violemment hostile aux musées sous prétexte que ceux ci sont des cimetières pour les oeuvres. Il reproche que celles-ci doivent, dès leur intégration aux collections muséales, stopper leur développement en s'immortalisant à un moment de leur histoire (encore que certaines restaurations...). Lui vise au contraire à les poursuivre et les améliorer, et si la peinture qu’il leur ajoute est évidemment un véritable massacre, il ne doute pas pour autant de son bon droit. Inébranlable certitude qui devrait faire réfléchir ceux qui pensent détenir la science et la vérité... « " C'est d'accord, les gens se pressent dans nos musées non pour voir des tableaux, nous le savons bien... et encore moins pour méditer devant eux mais pour retrouver en quelque-sorte la « matrice » qui a servi à l'impression de leurs T-shirts, par exemple, ou à l'agrandissement d'un visage ou d'un détail pour les besoins d'une publicité qui se vante d'ajouter à ce monde un plus de culture quand en réalité elle vulgarise et banalise l'Art » : non ce n'est pas Jean Clair qui écrit ça, mais le héros qui tient une de ces fameuses théories ! D’autres curiosités muséologiques y sont développées. Le roman est riche de bien d'autres aspects, trop même car il déborde et le lecteur finit par se perdre dans tant de rebondissements, mais le plus curieux n'est-il pas la façon dont le personnel du musée accompagne finalement ce piètre héros, ayant finalement pris l'art en aversion à force de le fréquenter ? Drôle d'ambiance assurément !
Pour ceux qui aiment à lire des romans évoquant les musées, nous rappelons les deux excellents titres que nous avions présenté dans La Lettre de l'OCIM n°115 :
Le Patrimoine de l'Humanité, petit livre fort drôle sur les agents de surveillance, de Nicolas Baujon. à La Dilettante en 2006.
Le Musée du silence, concernant un muséographe bien spécial ! de Yoko Ogawa, chez Babel en 2003.pour voir le compte rendu : voir ici
On pourra lire également de Jean-Pierre Keller, Meurtre au musée, Editions Zoe, 1995. Drôle d'ambiance dans ce musée bien spécial ! L'art contemporain poussé à sa logique extrême, le meurtre comme ultime oeuvre d'art...
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06:11
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lundi 1 décembre 2008
Repartir à zéro: comme si la peinture n’avait jamais existé.
En effet, le traumatisme de la guerre, l’horreur des camps et les abominations nazies, rendent toute démarche artistique désormais un peu vaine et puérile. Malgré tout, comme le déclame Olivier Py à propos du drame lyrique dans Les Illusions comiques, tout pourrait continuer comme avant, sauf le théâtre ? Tout pourrait reprendre vie, sauf l’art ? La question est la même pour la peinture, le cours des choses retrouverait ses droits, sauf le geste de l’artiste confronté désormais à la finitude et à l’absurdité ? La thèse tenue jadis dans Le Château de Barbe bleue par Georges Steiner se défend, mais Olivier Py a également raison, pourquoi faudrait-il abdiquer tout élan de beauté sous prétexte que la monstruosité s’est manifestée ? Cruelle question qui s’exprime ici par la peinture. Hélas, les mauvaises langues pourront faire remarquer qu’en ce qui concerne les arts plastiques la déconstruction et le refus de s’approprier un métier, désormais perdu, pour reprendre les mots de Claude Levy-Strauss, avait été bien antérieur. Simplement il n’est pas possible de le dire car les mêmes ont été stigmatisé comme marqueurs de l’art dégénéré, dès lors comment serait-il possible de les confronter et de les contredire sans paraître épouser le camp des assassins ? C’est donc au silence qu’est condamné l’homme moderne, prêt à tout voir, à tout accepter, du moment que la signature de l’artiste en légitime l’expression. Ainsi, devra-t-on visiter cette exposition avec un grand recueillement, même si la plupart des propositions sont d’une vacuité manifeste, mais comme cela exprime un air du temps décomposé, l’artiste a par conséquent toujours raison. Cet art de l'immédiat après-guerre est, sauf exception, un Rothko ici ou un Soulages là, d’un profond ennui et d’une grande laideur, mais il annonce en cela notre monde avec beaucoup de talent. A voir au musée des beaux-arts de Lyon jusqu’au 2 février 2009.
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08:03
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vendredi 28 novembre 2008
Du musée de science au musée de société
Deux jours intenses pour un colloque organisé par le musée des Confluences les 26 et 27 novembre, avec alternativement des récits d’expériences, des apports par des muséographes où des scénographes, des institutionnels ou des universitaires. Cela a donné l’occasion de plusieurs tables rondes au sujet de la coécriture du scénario d’exposition, sur le développement durable, sur la critique d’exposition, où à des regards sur les publics. Les étudiants de muséologie de Dijon ont pu y rencontrer des anciens de la formation, puisque cela est une des fonctions premières des colloques, se rencontrer, échanger, se revoir où faire connaissance ! Deux jours à l’organisation minutieuse et un avant-goût du projet du musée des Confluences que nous attendons tous avec impatience !
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dimanche 16 novembre 2008
Des traces de toi à Beaubourg
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mardi 11 novembre 2008
Actualité du Patrimoine : Dispositifs et réglementations en matière de patrimoine en France
Issu d’une commande du CNFPT, et enrichi par les séminaires conduits dans le cadre de la MSH, cet ouvrage est la résultante d’une synthèse conduite par Laetitia Di Gioia avec l’aide de Serge Chaumier. Le livre a pour vocation de faire le point à un instant t, c’est-à-dire fin 2007, sur les différents secteurs observés. L’organisation territoriale, les dépenses publiques en la matière, puis les secteurs de l’archéologie, de l’inventaire, du patrimoine bâti et des sites, enfin des musées, sont passés au crible. Philippe Poirrier signe une introduction au volume. Des bibliographies thématiques complètes chaque chapitre.
Cette matière nécessairement en mouvement est difficile à saisir, et c’est l’objectif de ce volume que de permettre de faire un bilan, qui pourra être complété et enrichi au fur et à mesure des nouvelles dispositions. Nous espérons que ce volume, publié par les EUD, apportera son aide aux personnes désireuses de passer les concours de la fonction publique, notamment ceux d’assistants et d’attachés de conservation du patrimoine, mais aussi aux professionnels du secteur.
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07:18
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mercredi 5 novembre 2008
Séminaire sur l’art en espace public
Premier séminaire de l’année universitaire pour les étudiants en muséologie, au sujet de l’art en espace public, avec une approche historienne. Organisé par Philippe Poirrier, avec la MSH, le Centre Georges Chevrier, le CRCM et l’IUP Denis Diderot. Le séminaire se passait à l’Atheneum, centre culturel de l’Université qui fête actuellement ses 25 ans.
Après l’introduction à la journée de Philippe Poirrier, Aline Magnien à présenté les problématiques liées à la statuaire de la IIIème République, Gérard Monnier les composantes culturelles de la commande, Loic Vadelorge l’art public dans les villes nouvelles. Guy Tortosa a fait part de ses réflexions et Martial Gabillard a rendu compte du travail conduit par la ville de Rennes et de son expérience d’élu, enfin Claude Patriat a conclu la journée en rappelant le cheminement d’aménagement du campus. Les participants, étudiants comme professionnels ont pu suivre des visites guidées organisées par l’Atheneum, en fin de journée, pour découvrir le patrimoine in situ du campus. Une prochaine journée sera organisée pour analyser des cas de commandes.
Prochain séminaire les 4 et 5 décembre sur les Projets Culturels et Scientifiques dans les musées (programme sur le site du CRCM).
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11:34
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samedi 1 novembre 2008
Epidemik : Jouer avec votre vie
Deux nouvelles expositions à Paris en ce début novembre qui décoiffent. Nous reviendrons plus tard, sur la seconde, surprise, c’est un bijou ! Entrons dans le jeu avec Epidemik à la Cité des Sciences. C’est gonflé d’expérimenter ainsi le plateau en espace de jeu et le visiteur en agent acteur de la transmission dans un jeu vidéo grandeur nature. Certes, Climax avait proposé aux visiteurs il y a quelques années de décider des suites du scénario et de la façon dont le monde pouvait changer en fonction des votes, sans collection et avec pour seul objet un traitement en images dynamiques, mais Epidémik va encore plus loin. Du point de vue technique tout n’est pas encore parfait, mais on demeure admiratif envers les concepteurs d’avoir osé une telle démarche, il ne fallait pas avoir froid aux yeux ! Comment anticiper les réactions du public, jusqu’où aller, quel rythme nécessaire ? On s’étonnera peut-être d’un discours style big brother, mais c’est tellement dans le ton ! Bon, les visiteurs doivent prendre le temps de comprendre des consignes trop complexes, et il ne faut pas hésiter à passer son tour trois, quatre, cinq fois s’il le faut, en regardant et en écoutant, et puis rentrer dans la danse. Car à vouloir aller trop vite, on risque d’être perdu si on n’est pas rompu à la maîtrise du jeu virtuel. Mais c’est un vrai délice que de regarder les interactions, d’écouter les commentaires, tout en constatant la concentration que le jeu suppose. Nous avons adoré cette jeune fille affirmant tout de go quand on l’interrogeait sur pourquoi elle amassait des dollars : “bah pour faire la teuf, de toute façon je suis contaminée !”. Ah le visiteur est toujours surprenant et c’est le plaisir de l’évaluation que de le redécouvrir sans cesse.
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jeudi 30 octobre 2008
Mantegna, évidemment...
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mardi 28 octobre 2008
I-Tunes vous accompagne dans vos visites de site
Préparer sa visite ? Prendre les devants pour ne pas encombrer les files d'attente ? Avoir le commentaire, avant, pendant et après ? Sensibiliser des amis récalcitrants à la visite ? Il y a bien des raisons pour utiliser l'offre désormais disponible pour de nombreux lieux de visite, qui consiste à podcaster l'outil de médiation sur son Ipod avant d'aller visiter. Allez faire un tour sur I-Tunes et vous constaterez que s'y préfigure les médiations de l'avenir. Ce n'est sans doute que le début de ce que promettent les nouvelles technologies en matière d'accompagnement du visiteur. Conserver un souvenir et une possibilité de revenir à cet outil après la visite n'est pas des moindre intérêts.
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jeudi 23 octobre 2008
De la pub entre les oeuvres au Petit Palais
Faut-il vraiment mettre du sexy partout pour vendre ? Et même s’il ne s’agit que de déclarer des fréquentations records puisque le lieu est d'accès gratuit aux expositions permanentes comme l'a voulu la mairie de Paris ? En effet cette temporaire est immiscée dans le permanent, comme il est de mode aujourd'hui. Alors ? Succès d'audience, faire parler de soi, en être, ne pas décrocher du haut des palmarès, demeurer sous les spots lights, voilà la morale de l'époque, l'importance de la fréquentation et de votre côte de popularité décidera de votre place dans la hiérarchie et l'estime sociale. Les photos de Demarchelier sont sans doute techniquement parfaites, même si elles sont toutes aussi niaises et fadasses les unes que les autres, puisqu'il est bien difficile d'en mémoriser une seule au bout du compte, mais c'est le principe de cette juxtaposition qui est étrange. Même si l'accrochage donne un visuel du plus bel effet, c'est un peu court pour convaincre, si ce n'est de dévoiler la vacuité du discours général : suffit-il de mettre des pin up en maillot de bain à côté d'une peinture de bord de mer pour tenir un propos ? C'est un peu au raz des pâquerettes, mais bon cela plaît, c'est la version bling bling de la muséographie.
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mercredi 8 octobre 2008
De l'interprétation au centre d'interprétation
Numéro spécial de La Lettre de l'OCIM de septembre octobre, que nous avons eu le plaisir de coordonner avec Daniel Jacobi, suite au séminaire sur ce thème tenu à l'Université de Bourgogne l'année dernière. Quelques uns des communicants aux journées d'étude proposent ici un article, analysant au travers d'une étude de cas la notion de centre d'interprétation. Un dossier spécifique traite des CIAP, les Centres d'Interprétation de l'Architecture et du Patrimoine. Des thématiques variées sont abordées, à partir de lieux existants ou en devenir.
Mélanie Bessard et Nolwenn Robine, étudiantes de muséologie de la formation de M2, ont ainsi pu valoriser un travail conduit lors de l'année, explorant plus particulièrement les relations des centres à la recherche.
Espérons que ce numéro puisse servir à alimenter les réflexions. Nous pouvons d'ores et déjà annoncer la parution d'un ouvrage plus complet, à venir sur ce thème début 2009.
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samedi 4 octobre 2008
A table ! ... au Pavillon des sciences
Belle exposition remise en mouvement par CAP Sciences, le CCSTI de Bordeaux, après sa présentation au Palais de la Découverte. Elle nous avait laissé un très bon souvenir, la version plus légère qui circule présentement en itinérance gagne peut-être en efficacité ce qu'elle perd en impression visuelle. Moins de spectaculaire, mais un message qui est plus limpide, plus incisif. Si le visiteur se perdait un peu dans la grande exposition du Palais, agacé parfois par l'omniprésence des marques et de leur collusion avec le monde de la recherche, tendance particulièrement forte de ce secteur, la version présentée actuellement au CCSTI de Montbéliard évite ce travers.
Le visiteur est confronté aux grandes questions liées à la thématique, les OGM évidemment, mais aussi les pollutions et démarches frauduleuses, les choix en matière de pratiques alimentaires... Une vision anthropologique est développée mêlant histoire, sciences, coutumes et choix politiques. Un faux espace snack, dans lequel le visiteur compose son menu à partir de photos de plats revêtus de codes barres avant de passer à une caisse qui lui révèle si son choix est équilibré, n'est pas seulement ludique, mais développe une vraie pédagogie alimentaire. Un espace pour tous petits a également été aménagé par le lieu d'accueil, proposition très réussie.
On pourra profiter de la visite pour découvrir ou redécouvrir le Pavillon des sciences et son parc magnifique, son emplacement exceptionnel. Un très bel équipement servit par une équipe dynamique.
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05:25
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samedi 27 septembre 2008
Voir le muséum de La Rochelle
Belle réalisation expographique, le muséum de la Rochelle est une heureuse surprise dans le paysage des muséums. Du reste le nouveau musée invite à une découverte des milieux et des espèces, avec le déploiement de discours modernes, mais tout en conservant l'esprit du muséum, tel qu'on se le représente généralement, avec ses accumulations, ses objets phares et ses monstres. La restauration du célèbre cabinet de curiosité Lafaille n'est pas la seule merveille du site. Le musée réserve aussi des surprises pour le grand public : ainsi une grande partie du lieu est consacrée à la mise en valeur de très belles collections ethnographiques, d'une richesse étonnante.
Les choix muséographiques sont pour l'ensemble du musée audacieux, ainsi la volonté de proximité et d'intimité avec les espèces présentés dans la partie d'histoire naturelle ne sont sans doute pas faciles à gérer avec les groupes, les animaux étant à portée de main, mais il est indéniable que la faible mise à distance apporte aussi convivialité et qualité de visite pour le passionné. Les multimédias sont certes encore en maintenance, peu de temps après l'ouverture, car il faut comme souvent un certain temps « de rôdage », on notera surtout leur qualité pour le contenu et l'intérêt qu'ils suscitent. Un lieu bien agréable, à l'image de la ville.
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04:57
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mardi 23 septembre 2008
Perec et Nantes
Le musée des beaux arts de Nantes propose une exposition, au demeurant fort belle, d'art contemporain, sous l'intitulé alléchant « L'Art contemporain de Georges Perec ». Sans vouloir jouer les rabats-joies, on se demande si on ne pourrait pas remplacer Perec par un de ces contemporains sans rien changer à l'exposition. En effet, le visiteur devra chercher par lui-même les relations, et se précipiter en librairie ou en bibliothèque pour découvrir Perec s'il ne le connaît pas avant sa visite ! Encore une manière pour le musée de ne s'adresser qu'aux pairs bien informés et d'exclure ceux qui ne sont pas du sérail. Les cartels qui accompagnent les œuvres peuvent du reste être remisés avec l'œuvre et resservir lors de la prochaine exposition, puisqu'ils n'évoquent pour la plupart aucunement Perec, mais seulement l'histoire de l'œuvre elle-même. Bref, de là à dénoncer l'instrumentalisation de Perec il n'y a qu'un pas. On ne boudera pas son plaisir néanmoins en découvrant quelques pièces fort intéressantes. Ainsi, le maniaque des musées appréciera particulièrement de Kit Rangera, La Commode rétrospective (1995), qui dévoile dans un meuble tiroir une collection de maquette d'expositions. Une bien belle idée.
Exposition à voir jusqu'au 12 octobre.
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13:50
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jeudi 11 septembre 2008
"Le Cabinet des merveilles de Monsieur Wilson"
« Le monde ne périra pas par manque de merveilles, mais par absence d'émerveillement », cite l'ouvrage dans sa postface. Bien étrange ouvrage que ce récit traduit de l'américain, de Lawrence Weschler, qui nous invite à visiter une sorte de cabinet de curiosité moderne dans la banlieue de Los Angeles. Objets improbables qui tous portent des significations, souvent cachées, que son possesseur se trouve du même coup en puissance de révéler. Le visiteur peut s'éblouir de l'incongruité de « ces vraies choses », et le dialogue s'instaurer... Fiction et science sont, on le sait, souvent entremêlés, et la littérature en saisit l'expression. L'ouvrage invite à explorer les limites parfois tenues entre le cabinet des merveilles et le muséum d'histoire naturelle, entre l'objet inouïe et la chimère, entre l'art de la simulation et la créativité, l'art brut n'est jamais loin qui invente des mondes impensables... En quelque sorte ce musée extravagant est la figure de milliers de musées plus modestes, qui sont en eux-mêmes de véritables oeuvres d'art désirées et mises en scène par leur concepteur, collections prestigieuses ou modestes qui sont l'occasion de révéler un intérieur, d'inviter à une exploration sensuelle par l'objet mis en représentation et placé en interaction avec d'autres. Fascination que nous éprouvons et pour laquelle nous sommes prêt à toutes les folies, la chambre des bizarreries à un étrange appel érotique. Il excite notre désir de voir et d'imaginer, pour notre plus grand plaisir. Pour ceux qui voudront en savoir plus sur les cabinets de curiosité dans une approche plus scientifique, signalons ce site de recensions et d'études proposées par des chercheurs de l'université de Poitiers, il invite à un voyage européen sur le genre avec une série d'articles :
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13:36
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vendredi 5 septembre 2008
Les expositions imaginaires du louvre
Le Louvre a eu une idée géniale, et comme souvent , elle est forte parce qu'elle est simple dans son concept. Il s'agit d'expérimenter virtuellement l'histoire de la muséographie. Imaginez ce qu'était l'accrochage du Louvre au début du XIX siècle, puis pendant les salons, à la fin du siècle, ou après la seconde guerre mondiale... Imaginez de visiter virtuellement ces espaces. Il est certain que la chose ne serait pas appréciée des seuls muséologues, mais que tous ceux qui aiment les musées pourraient s'en émerveiller.
Pour le moment, il s'agit de « visiter » une salle du Louvre dans son état de 1913, l'actuelle salle des bronzes de Sully. La collection léguée par Louis la Caze de 177 tableaux est à présent dispersée dans l'ensemble du Louvre (si ce n'est pas demain à Lens, voire à Abou Dhabi...). Il est donc possible de « visiter » cette exposition dans son état d'accrochage de l'époque. La technologie devient ainsi un vrai plus culturel et pédagogique pour conserver une trace virtuelle des anciens états du musée. Ajoutons bien sur que chaque tabeau est « cliquable » et fait apparaître une notice. Bravo pour cette première proposition, on espére qu'elle fera des petites soeurs.
http://www.louvre.fr/llv/dossiers/liste_ei.jsp?bmLocale=fr_FR
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02:52
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lundi 1 septembre 2008
L'Esprit d'Emile Cohl à Annecy
Très belle exposition présentée par le musée château d'Annecy, qui affirme ainsi un partenariat stimulant entre les structures culturelles de la ville. Rappelons qu'Annecy accueille chaque année le festival du film d'animation, référence majeure dans le domaine. Le musée complète le positionnement d'Annecy dans le domaine en présentant cette grande exposition sur un des pionniers du film de genre, inventeur en quelque sorte du mélange du dessin d'animation et des images réelles, très moderne dans le style. Emile Cohl est méconnu, et il est intéressant de découvrir son passage de la caricature et de la presse au monde de l'image en mouvement, mais aussi de l'imaginer précurseur de certaines formes de bandes dessinées. L'exposition conduit progressivement aux descendants qui ont en quelque sorte repris l'héritage à leur compte. Attention, l'exposition est en deux parties, l'entrée n'est pas évidente, c'est vite arrivé de la faire à l'envers ! Ne manquez pas non plus le faux documentaire de Pierrick Sorlin sur l'art en espace public à Nantes, un petit complément décalé vis à vis de l'expo, mais un clin d'oeil ironique surprenant. A voir avant le 30 octobre. Présentation en pdf de l'exposition ici.
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02:14
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mardi 19 août 2008
Tryptique de l'ongle, de Bernard Comment
Comme aucun artiste ne semble encore avoir osé, un romancier l'a fait non sans malice. Dans un autre temps, on a connu à Beaubourg une exposition de femmes pour dénoncer la femme objet. Il s'agit ici d'autre chose. Proposer d'exposer « des chômeurs en fin de droits », voilà la performance que cet artiste en art contemporain n'hésite pas à conceptualiser savamment , mais comme cela demeurerait insipide, il leur donne un savant coup de marteau sur un des ongles du pied pour que celui-ci noircisse, se détache et finisse par tomber. Lorsque les dix ongles des dix figurants sont tombés, l'exposition est terminée. Une façon de remettre en cause les barrières du temps ! Est-ce une exposition, une installation, un spectacle, un happening ? Comme souvent en art contemporain les frontières se brouillent, et la façon dont le romancier aborde la question, par trois regards distanciés est souvent savoureux. Une manière d'interroger les limites possibles de l'art et de l'exposition.
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03:18
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jeudi 14 août 2008
Cherry je t'adore ou Fougerolles et le goût de la cerise
Il fallait oser ! On avait aimé Morez, on admire Fougerolles ! Le résultat est superbe et donne a espérer pour les innombrables musées d'art et traditions populaires qui peuvent s'inspirer ici d'une approche originale dans le dessein de se renouveler.
Même si le projet s'est fait dans la douleur, avec des innombrables rebondissements, sans doute fallait-il ce temps long de maturation pour arriver à ce brillant résultat. Car s'opposaient ici deux visions, celle des traditionnalistes qui voulaient préserver un musée populaire à l'ancienne, un musée d'objet, mais qui paradoxalement ne fasse pas musée justement, et la conception moderniste de ceux qui prônaient une approche façon nouvelle muséologie. « L'exposition de discours » s'inscrit dans une rénovation architecturale impressionnante (de Vichard et Quirot, architectes que l'on savait par ailleurs excellent) et une intelligence scénographique à saluer (de Audrey Tenaillon). L'influence de l'art contemporain est manifeste et donne une sorte d'électrochoc dans ce territoire qui ne brille généralement pas par ses innovations. Si la théorie écomuséale en a pâtit quelques peu, il ne faut pas bouder son plaisir, car le résultat a sans doute un goût amer pour certains, qui se sont battus pour que rien ne change, mais la majeure partie des visiteurs apprécie très certainement cette transformation en visitant le nouveau lieu. On apprend tout de la cerise et de sa transformation en kirch, et on le fait en s'enthousiasmant visuellement de ce qui nous est donné à voir.
Nous attendons à présent avec impatience le nouveau musée de Salins, en cours de chantier de rénovation sous la patte muséographique de la même équipe des MTCC, réseau de sites de Franche-Comté.
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00:38
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mercredi 13 août 2008
Retour au Louvre
Agréable d'écouter tous les jours de l'été un petit morceau de l'Histoire du Louvre par Pierre Rosenberg sur France Culture. Variant entre histoire des lieux, des œuvres et des acquisitions ou encore des dispositifs pour la gestion de l'établissement. Le ton est agréable pour cette petite intrigue quotidienne. Emission à podcaster en attendant une sortie de l'intégrale peut être ?
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02:37
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mardi 12 août 2008
Tableau de chasse selon Claire Diterzi
Juliette interpréte La Joconde, Jean Ferrat L'Homme à l'oreille coupée, et Reggiani s'amuse à ridiculiser les archéologues dans Lucie ou dans L'Homme fossile, Tachan adore évoquer Beethoven, Chopin ou Rossini, alors que France Gall chantait Cézanne... L'art ou l'artiste a toujours inspiré, mais c'est ici le concept de tout un album de faire référence à des œuvres d'art.
Le dernier disque de Claire Diterzi s'inspire aussi bien du Verrou de Fragonard (notre préférée évidemment !), de l'Odalisque de Manet, que de Lautrec ou encore Turner. Auguste Rodin et Camille Claudel sont très présents, mais aussi Doris Salcedo ou Allen Jones, également source d'inspiration pour des chansons où les femmes ont malheureusement souvent oublié les acquis du féminisme, mais on le mettra sur le compte du deuxième degré... Un petit clin d'œil pour une sorte d'exposition auditive, inventive et surprenante.
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02:21
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lundi 11 août 2008
Au musée (?), les dinosaures vous parlent
C'est génial, un musée vivant diront certains, mais pour ceux que cela intéresse, nous renvoyons au numéro que nous avons dirigé de Culture et Musées (n°5) en 2005, intitulé « Du musée au parc d'attractions », nous avons ici, une fois de plus, une parfaite démonstration du cheminement de ces institutions.
Pour s'en convaincre, voir par exemple cette vidéo, mais pour les amateurs il y en toute une série : ici You tube
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06:46
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samedi 9 août 2008
Le don de musée : Mariemont, capitale du don
C'est une réflexion sur le don, que François Mairesse poursuit de livre en livre, et que l'auteur applique ici à un musée qu'il connait bien puisqu'il le dirige, le Musée Royal de Mariemont en Belgique. L'institution s'y prête bien, puisqu'elle a pour origine une riche famille d'industriels, les Warocqué, qui léguèrent à l'État la propriété familiale sous certaines conditions. Auparavant, dans la pure tradition paternaliste du XIXème, les maîtres des lieux avaient conduits une action locale très typique de ces grands patrons éclairés d'alors, qui s'employaient à l'essor de l'activité économique, mais qui œuvraient aussi à l'amélioration des conditions de vie locale.
Si l'ouvrage de Mairesse donne à penser, c'est aussi sur le processus de constitution des collections, sur les donations et les recommandations du légataire, sur la façon dont les amis de musée vont également donner de leur temps et de leur moyen pour enrichir et faire vivre ensuite le lieu. Il rappelle que le don s'actualise à des niveaux multiples de la vie d'une musée. Bref, c'est un beau cas d'étude, richement illustré, qui en fait un livre d'histoire ancré dans le réel, et porteur de réflexions plus générales.
Le livre est à commander sur le site du musée.
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03:57
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vendredi 1 août 2008
L'Historial Charles de Gaulle brouille les ondes
Très belle réalisation expographique, l'Historial Charles de Gaulle pêche, et c'est fort dommage, par des aspects techniques regrettables. Lieu évidemment apologétique, mais on voit mal comment il pourrait en être autrement, l'exposition aborde les différents aspects de la vie du grand homme, en gommant certains aspects contestés des années de pouvoir, même si la révolte de 68 est évidemment traitée, ainsi que le fameux coup d'Etat permanent dénoncé par Mitterand un peu avant. Tout est cependant à la gloire du Général dans une hagiographie attendue, et frôle parfois le risible quand le propos s'appesantit sur l'enfance de celui qui allait présider aux destinées de la France.
Peu importe, retenons que la scénographie de 2500 m2, signée de l'Agence Moatti et Riviere, est splendide, avec des idées originales comme on aimerait en voir mises en œuvre plus souvent. L'idée du parcours se déclinant autour de la salle multi-écrans est convaincante. Des atmosphères sont créées, pour chaque contexte, sans que cela soit ni anecdotique, ni une façon artificielle et démagogique d'appâter le chaland.
Toutefois, on se demande comment des muséographes peuvent encore faire de telles bévues ? En effet, la visite s'opère au moyen d'un audioguide fonctionnant par infrarouge, c'est-à-dire par zone, ce qui ne marche nul part et qui engendre toujours des effets pervers incontrôlables. Ainsi, ce qu'on accorde ici de liberté au visiteur pour constituer son parcours de visite lui est aussitôt retiré en le canalisant dans son cheminement, jusqu'à ce qu'il craque et se passe des médiations, c'est-à-dire qu'il abrège sa visite. L'intention est que le visiteur conserve son casque du début à la fin, mais il rend les armes (ce qui est un comble dans un tel lieu !) généralement après une épreuve plus ou moins longue. Comment est-il possible de recourir encore à cette technique dépassée, qui n'a jamais donné satisfaction, alors que les médiations embarquées, librement déclenchées par le visiteur, sont à portée de tous aujourd'hui ? Nous avons pu constater les effets dévastateurs sur les visiteurs, sans parler de ces enfants d'un groupe scolaire paniqués à devoir remplir leur document de visite, alors que l'accueil leur refusait des casques, sous prétexte qu'il n'y en avait pas assez pour tous ! C'est évidemment ennuyeux de regarder des vidéos sans le son, quand il s'agit de remplir un test de bonne compréhension des informations dispensées ! Bref, nous avons été très énervé que l'on puisse encore louper un lieu pour de telles raisons, presque quinze ans après l'ouverture de la Cité de la musique... Espérons que ceci soit rectifié assez vite, malgré les dépenses à assumer pour rattraper ce plantage.
Nous attendons par ailleurs avec impatience l'ouverture en octobre prochain du centre d'interprétation du Mémorial de Colombey les deux Eglises pour pouvoir comparer les démarches mis en œuvre par les deux équipes de conception.
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04:38
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