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La Formation en muséologie :

Vous êtes intéressés par une formation initiale ou par la formation continue en muséologie et muséographie ? La formation MEM : Master Expo-Muséographie, en conception des expositions de l'Université d'Artois est faite pour vous !

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Master MEM

lundi 22 août 2016

Ronan et Erwan Bouroullec à l'honneur à Rennes

Dans cet étrange bâtiment étonnant trop massif d'Odile Decq du FRAC Bretagne, sont présentés deux volets des expositions rennaises consacrées aux deux designers Ronan et Erwan Bouroullec. Des quatre expositions, celle sur le design est plus classique, mais comporte néanmoins de très belles propositions, alors que celle sur les installations urbaines est curieuse. Si nous n'avons pas pu voir la maison présentée au Parlement de Bretagne, en revanche l'exposition de micro-architectures présentée aux Champs Libres est très étonnante également. Les deux designers présentent les résultats inachevés de leur recherche, et s'amusent des matériaux et des formes, créent des ambiances, invitent à la rêverie urbaine. A voir jusqu'au 28 aout.

jeudi 18 août 2016

Destination vacances : les Iles de la Seine !

Le Pavillon de l'Arsenal présente souvent de forts intéressantes expositions, c'est encore le cas avec celle en cours, qui s'intéresse aux iles de la Seine. Curieux sujet à priori, mais qui s'avère passionnant tant la diversité est au rendez-vous. Les iles, selon leur nature, ont durant leur histoire servi de lieux de résidences aux moines, aux détenus, aux malades en quarantaine, aux vacanciers... Elles ont été convertis en résidence royale, en usines, en lieux de villégiatures ou d'expérimentation, en réserves naturelles, et même en camp naturiste, ce qui n'est pas la partie la moins drôle de l'exposition. Belle promenade très variée et agréable à faire dans une exposition qui invite à poursuivre ensuite sur le terrain.

On en profitera pour voir la petite exposition sur une autre ile, celle de Lampedusa et sur la question migratoire, au rez de chaussée.

lundi 15 août 2016

Les collections de A à Z au musée de Bretagne

Le musée de Bretagne revient sur sa politique d'acquisition depuis dix ans en présentant ses collections autrement, en forme d'abécédaire. Le visiteur peut découvrir la diversité des collections, et des acquisitions, mais aussi les métiers du musée et s'initier en quelque-sorte à la muséologie. Il est un peu dommage que ceci prenne le pas sur d'autres motifs, à savoir les raisons pour lesquelles tel objet est choisi plutôt qu'un autre, ce qui guide et motive à collecter ceci plutôt que cela, en quoi cela témoigne d'une société à un temps donné, et tout ce que l'on pourrait dire de la biographie de l'objet. Car s'il est bien précisé que l'on doit documenter l'objet avant de l'entrer en collection, on n'en voit pas ensuite beaucoup la trace au sein de l'exposition : qui étaient les propriétaires, pourquoi l'avaient-ils acquis, pourquoi s'en sont-ils séparés, quelles émotions ont-ils ressentis de le voir en vitrine ? Autant de questions qui pourraient être le propos de l'exposition et qui demeurent en suspens. Mais cela n'enlève rien à l'intérêt de l'ensemble, dans une scénographie simple, mais attentive à mettre en valeur les pièces montrées.

vendredi 12 août 2016

Mais comment tout cela tient ? Wow !

Non ce n'est pas le titre de l'exposition d'architecture dont vous nous parlions il y a quelques années, mais la remarque que l'on ne peut s'empêcher de se faire en visitant la récente exposition présentée au Muséum d'histoire naturelle de Bruxelles, l'Institut Royal des sciences naturelles de Belgique. Justement nommé WoW, car c'est bien de cet effet qu'il s'agit, on se dit que le taxidermiste de cette exposition est fou tellement il est talentueux ! La naturalisation aboutit à de véritables oeuvres d'art. Les tigres, les lions et même des troupeaux de proies flottent littéralement dans l'espace, comme par magie. On reste assez médusé, et du coup on s'intéresse assez peu au contenu de l'exposition, à savoir les animaux en chasse. L'impression visuelle suffit souvent à notre contentement. C'est comme un arrêt sur image, sauf que ce sont de vraies images en 3D ! La publicité du musée dit même que l'on peut y faire des selfies incroyables ! 

mercredi 10 août 2016

Habiter le campement

Très beau sujet traité par la Cité de l'architecture et du patrimoine avec Habiter le campement, Nomades, Exilés, Voyageurs, Contestataires, Infortunés, Conquérants. En s'interrogeant sur les différents modes de campements éphémères, déployés pour des raisons fort différentes, le risque était d'amalgamer des sujets de manière périlleuse, mais l'écueil est évité car au final l'exposition est convaincante. Il s'agit de comprendre comment cette architecture élémentaire permet de dresser une typologie des formes et de mieux comprendre l'ordre urbain se réorganise à chaque fois avec ses propres logiques. En scrutant ces formes marginales, l'exposition entend interroger la norme. Si le contenu de l'exposition est original, il faut reconnaitre que l'exposition ne serait pas davantage qu'une exposition panneaux sans l'intervention scénographique qui rend l'ensemble attrayant. Le collectif 1024 signe du reste son travail comme une installation artistique cinétique et non comme une scénographie !

lundi 8 août 2016

Le Grand orchestre des animaux

Etonnante exposition à la Fondation Cartier pour l'art contemporain qui après l'ethnographie investit le terrain des muséums d'histoire naturelle. On se demande ce que l'art contemporain ne finira pas par engloutir, en artialisant tous les domaines. Peu importe dans la mesure où cela permet de sensibiliser de nouveaux publics. Bernie Krause réalise des paysages sonores en enregistrant les sons émis par la nature et constate sur le long terme la perte de la biodiversité par les sons. Intéressante démarche dont on ne sait si elle est plus artistique que scientifique et que la Fondation met en scène en l'accompagnant d'autres approches artistiques sur la nature. L'oeuvre de Cai Guo-Qiang est assez impressionnante et le mode de présentation choisi par les scénographes n'y est pas pour rien. On ne commentera pas d'autres oeuvres assez kitsch ou indigentes, comme les céramiques d'Adriana Varejao qui invente un concept mis en oeuvre par Beatriz Sauer, la véritable artiste. On appréciera seulement l'honnêteté si rare dans l'art contemporain désormais de mentionner ceux qui réalisent vraiment le travail voulu par "l'artiste". L'exposition est assez disparate, les films sur les oiseaux artistes captivent le public, peut-être cela donnera envie à certains de poursuivre en se rendant dans les muséums où l'on peut voir fréquemment ce type de films !

vendredi 5 août 2016

Le Parlementairum

A l'heure où l'Europe est incertaine, il n'est pas inintéressant de revenir sur son histoire et de mieux comprendre ses institutions. Au sein des bâtiments du Parlement dans le quartier européen de Bruxelles, le Parlementarium propose une exposition assez astucieuse et plutôt bien conçue. De bonnes idées de mise en valeur y sont présentes, même si l'interactivité et le jeu avec les visiteurs auraient pu être avantageusement développés. Evidemment, on n'y trouvera aucun discours critique, et il est dommage que le débat n'y soit pas davantage à l'oeuvre. Le lieu prône la démocratie, mais n'invite guère les visiteurs à débattre des enjeux. Tous les témoignages et exemples sont très positifs, alors que l'on sait toutes les critiques courantes dont l'Europe fait l'objet dans tous les pays. Il est dommage que l'occasion ne soit pas ainsi saisie pour débattre, même s'il est fort intéressant de mieux comprendre pourquoi et comment nous en sommes arrivés la.

mercredi 3 août 2016

The Velvet Underground, l'expo

L'exposition présentée à la Philarmonie de Paris durant l'été, The Velvet Underground permet de découvrir la petit dizaine d'années où ce groupe a sévit et connu ses heures de gloire. En six étapes, le parcours oriente le visiteur depuis les prémisses de la Beat Generation jusqu'aux descendants du groupe et à ses influences. La jeunesse de Lou Reed et de John Cage, la vie à New York et les années à La Factory, puis les différentes variations musicales explorées. On comprend combien le gourou Andy Warhol et le tyrannique Lou Reed ont eu d'importance dans l'évolution éphémère de ce groupe improbable. La scénographie de Matali Crasset décline les personnages, à partir d'ingénieux totems, sur lesquels sont disposés des informations dans des cahiers souples absolument malcommodes. Belle exposition qui mérite le détour, que l'on soit fan ou pas du groupe.

lundi 1 août 2016

Train World, le parc musée du train belge

Un nouveau musée à Bruxelles, dénommé Train World dans le quartier de Schaerbeeck au sein de l'ancienne gare, au demeurant magnifique. La scénographie de François Schuiten est réussie pour créer des ambiances immersives. Dans son style, le lieu est réussi, on y découvre de vastes espaces dans lesquels les sujets traités sont contextualisés et mis en valeur. Evidemment les collections sont imposantes et les trains présentés permettent de se familiariser avec l'histoire des chemins de fer belges. Quelques belles idées de mises en scène sont à apprécier, au gré d'un parcours distrayant. Il est encore trop tôt pour savoir si le public sera au rendez-vous puisque l'endroit est un peu éloigné du centre de Bruxelles, mais c'est un endroit agréable de visite.

mercredi 27 juillet 2016

Persona : étrangement humain

A en croire le philosophe grec Thalès de Milet les choses sont pleines de dieux. Belle approche animiste, qui a pour effet de nous débarrasser de la croyance religieuse tout en ne se séparant pas d'une mystique du monde. Source de l'écologie en quelque-sorte, qui voit dans la matière plus qu'elle même sans céder pour autant nécessairement à une spiritualité aliénante. Il demeure que toutes les sociétés ont besoin semble-t-il d'imaginer des présences mystérieuses pour s'expliquer le monde et l'exposition Persona au musée du Quai Branly peut ainsi explorer la question sous différentes facettes. Belle exposition dont la difficulté a sans doute été la sélection dans des collections qui pourraient quasiment toutes être présentées dans l'exposition. La fin de l'exposition laisse un peu sur sa faim car le lien à la robotique et à l'esprit investi dans les machines s'impose avec moins d'évidence.

lundi 25 juillet 2016

Les itinérants vus par Art & Marges et par Andres Serrano

A découvrir à Bruxelles, un bel endroit d'exposition de l'art brut et qui conduit avec le quartier un travail culturel et social remarquable, Art et Marges n'hésite pas à explorer des solutions nouvelles, avec peu de moyens mais beaucoup de courage. Ainsi c'est le choix des visiteurs qui est mis à l'honneur durant l'été 2016, avec des solutions graphiques amusantes.
On peut citer aussi ce travail conduit avec des itinérants pendant plusieurs mois en leur confiant des appareils photos pour faire découvrir leurs visions de la rue. Ceci résonne étrangement avec l'exposition présentée au même moment aux musées royaux des beaux-arts, avec l'exposition de Andres Serrano à qui une commande a été passée par l'institution : photographier des itinérants dans la capitale belge. Les photographies sont fort belles, comme toujours chez Serrano, avec des clichés à l'esthétique un brin publicitaire, qui peut faire penser aussi à Oliviero Toscani !

lundi 18 juillet 2016

Le Mima, pour Millennium Iconoclast Museum of Art

Encore un nouveau musée sur Bruxelles ! Initiative privée, cette ancienne brasserie de bières de Molenbeeck est reconverti en centre d'arts contemporains dédiés au Street art. Le MIMA est un beau lieu, même si son contenu est peu court au regard du prix d'entrée. Comme il se doit dans le milieu de l'art contemporain, tout est en anglais, mais on nous assure que les actions culturelles développées dans ce quartier difficile sont au rendez-vous... Des artistes américains y sont présentés jusqu'à fin aout, avec plus ou moins d'intérêt, et même s'il peut paraitre étrange d'enfermer dans des murs ce qui a pour vocation à investir l'espace public, le lieu est sympathique et on y comprend mieux les influences vers l'institutionnalisation du genre. Nous sommes curieux de voir comment le lieu évoluera de par sa programmation d'expositions à venir.

dimanche 17 juillet 2016

Michel François au domaine de Rentilly

Dans l'étrange pavillon empaqueté par Xavier Veilhan, le FRAC Ile de France a pour habitude de présenter une exposition par année. Pour cet été, c'est Michel François qui se voit confier les clés du château de Rentilly. Avec ses photographies transformées en affiches, l'artiste vise sans doute à démocratiser l'accès aux oeuvres, puisque chacun peut repartir avec l'une d'entre-elles et l'accrocher dans son environnement, maison, bureau, école... Il en faut par conséquent pour tous les goûts, et si c'est bien puisque chacun y trouve ainsi son compte, on pourra reprocher à cet éclectisme de laisser sur sa faim, car aucun parti pris véritable ne s'en détache. L'autre exposition présentée dans le domaine est le résultat de la résidence d'artiste de Dominique Ghesquière qui se joue des matériaux collectés et de l'inspiration rencontrée dans les promenades dans le parc. Il est surtout possible de venir profiter de ce bel espace, populaire, en cherchant un peu de fraîcheur aux abords de Paris.

samedi 16 juillet 2016

L'hybridité, comme avenir de la muséologie

Dans un de ces ouvrages remarqués, François Mairesse parle du musée hybride pour caractériser des modes économiques de gestion des lieux, essayant de caractériser des évolutions possibles pour l'institution. Concept intéressant, mais il nous semble que si l'avenir de l'institution passe par l'hybridité, ce n'est pas que par la gouvernance économique, mais par le fait que ce sont les activités qui se mêlent et que le métissage de celles-ci induit une rencontre des publics, tout en démultipliant les occasions de partage. Ainsi, ces nouveaux lieux que l'on a dit intermédiaires, friches culturelles, figurent l'avenir de l'institution culturelle dans son ensemble. En mêlant le spectacle vivant aux boutiques, les pratiques amateurs à la possibilité de venir faire son marché, ou au plaisir de promener ses enfants, le 104 a instillé cette figure au sein de l'univers parisien, tout comme le parc de la Villette est un autre lieu également stimulant. Les cinéma Utopia ont nourris également ce plaisir dans plusieurs villes. Ce sont à présent les expositions qui deviennent des lieux hybrides, ainsi le Grand train où l'on peut alterner la visite des séquences de l'exposition avec une halte dans un food truck, la sieste à l'ombre d'un jardin partagé aux emplettes dans une ancienne brocante, ou regarder une étape du tour de France avant que de reprendre sa visite un peu plus loin... Ces formes décloisonnées donnent des occasions de respiration, permettent l'hybridité des pratiques culturelles avec les autres sphères de la vie. Bref, un bel exemple de ces nouveaux lieux, si nombreux en Allemagne ou aux Pays Bas et encore trop rares en France.  

jeudi 14 juillet 2016

Metz : Entre deux horizons

Le titre est évidemment pertinent, puisque à l'orée de la ligne bleue des Vosges, Metz est bien placée pour proposer une exposition sur les avant-gardes allemandes et françaises. Avec des artistes que l'on connait mal en France, et qui sont en dialogue constant avec les courants artistiques connus à Paris, le Rhin apparait moins comme une frontière que comme un trait d'union. Les oeuvres du musée d'art moderne du Saarlandmuseum de Sarrebruck sont à découvrir jusqu'en janvier prochain au Pompidou Metz.   Des extraits de films captent aussi l'attention du visiteur d'une exposition divisée en quatre sections efficaces qui suivent la chronologie : Impressions, Tempête, Stupeur, Abstractions. Une belle exposition pour compléter une offre très attractive cet été au Pompidou Metz.

mardi 12 juillet 2016

La construction du mythe en direct

Ce n'est pas nouveau, le musée qui s'affiche volontiers comme scientifique a souvent participé par ses expositions à construire des mythologies en portant un discours soit disant objectif tout en construisant une intelligibilité du monde fort discutable. Les musées d'ethnologie sont depuis leur origine particulièrement en proie à cette tentation. On en verra un exemple avec l'exposition Jacques Chirac ou le dialogue des cultures présentée au Quai Branly actuellement. Panégyrique pour construire une histoire revisitée à la gloire du grand homme. Une relecture du XXè siècle nous est proposé dans laquelle Jacques Chirac devient à la fois grand intellectuel, grand esthète et homme particulièrement éclairé, sorte de génie transcendant le siècle. Un Victor Hugo contemporain en quelque-sorte. Tout ce qui est arrivé de bon est quelque part lié à son pouvoir, il faut dire qu'il en a concentré et monopolisé quelques-uns durant sa carrière politique !

dimanche 10 juillet 2016

Sublime : Metz et les tremblements du monde

Voilà une exposition qui porte bien son nom ! L'exposition Sublime, Les tremblements du monde, présentée au Pompidou Metz est non seulement très belle sur la forme, avec des oeuvres intéressantes, mais avec un propos intelligent, bien construit, engagé et utile. Une exposition comme il y en a peu, et telle que nous les aimons. Car les oeuvres ne sont pas instrumentalisées, comme il est parfois coutume de l'entendre, dès qu'elles sont mis au service d'un propos, mais elles prennent ainsi une véritable force, deviennent intelligibles et intéressantes. Comment notre rapport au monde, à notre environnement s'est transformé ? Comment la catastrophe de naturelle est devenue une production de l'activité humaine ? On pourra trouver que la fin de l'exposition demeure un peu en deça des urgences de notre époque, et qu'il y manque des oeuvres plus poignantes, mais on ne boude pas son plaisir sur l'ensemble. L'installation de Kawamata donne le ton et complète bien cette exposition.  A voir absolument avant le 5 septembre.

lundi 4 juillet 2016

Home Cinéma

L'exposition Home Cinéma qui vient de s'achever à la Gare Saint Sauveur à Lille était fort intéressante, dommage qu'elle ne soit pas prolongée tout l'été. Avec une vingtaine de propositions artistiques, il s'agit de revisiter la mémoire et l'histoire du cinéma, de notre rapport à l'image et de la manière de la construire. Des artistes comme Lauren Moffatt, Julien Maire, Guillaume Faure, Nicolas Bernier, Jim Campbell explorent chacun à leur manière l'histoire du cinéma et de son mode de fabrication. Pour se consoler, on pourra toujours voir Foot Foraine jusqu'au 6 novembre, exposition beaucoup moins intéressante, mais la nouvelle religion opium du peuple oblige même les artistes à s'y soumettre.

mercredi 15 juin 2016

Dans les mailles du filet

Une exposition pour tout savoir sur la morue ! Reconfigurée dans une belle scénographie de Nicolas Groult et Sylvain Roca, à partir d'une précédente exposition du musée de Bretagne et à partir de collections empruntées dans beaucoup de musées maritimes, l'exposition Dans les mailles du filet, présentée au musée de la marine, mêle les collections aux réflexions et aux informations sur l'histoire, les conditions de vie, l'attente des marins partis en mer, les oeuvres d'art qui en témoignent... L'exposition apporte aussi des infos étonnantes, sur ces plats à la morue typiques du massif central ! Mais c'est aussi et surtout l'état calamiteux des stocks de poissons et le péril d'un océan qui se vide. Faut-il arrêter la bacalhau ? Ce serait dramatique tellement on aime ça. Plus globalement on constate la stupidité d'un système de pêche qui pendant cinquante ans a industrialisé, comme si les ressources de la nature étaient sans limites.
Puisqu'on ne peut pas faire de photo dans l'exposition - et on se demande bien pourquoi car les collections ne le justifient pas - on se contentera comme souvenir de l'écran d'accueil du livre d'or numérique, sorte d'hybride entre livre d'or et questionnaire, c'est intéressant, mais pas encore très abouti.

vendredi 3 juin 2016

Why not Judy Chicago ?

Bon soit, c'est sans doute un mouvement important que les femmes puissent exposer et s'exposer, jusque dans leur intimité, par souci d'égalité. Le mouvement des Femens a ainsi fait prendre conscience que la nudité est une arme aussi symbolique que politique. Le musée Guimet présente ainsi actuellement une exposition dans laquelle l'anatomie des femmes tient une belle place pour d'autres raisons, avec Araki et "l'art" du bondage japonais. Les femmes y sont ligotées, leur statut y est assez clair. De son côté le CAPC fait une exposition sur une artiste Judy Chicago dont le féminisme tient dans les représentations de vagins de toutes les couleurs. Bon, cela laisse songeur, est-ce suffisant pour que ce soit intéressant ? Les dessins de bites ont-elles d leur côté un grand intérêt ? Bref, on réhabilite une artiste ignorée, mais son engagement politique suffit-il à légitimer sa production artistique ?

mercredi 1 juin 2016

Hommage au Floréal : Un soir j'ai assis la beauté sur mes genoux

Le Bar Floréal a marqué l'histoire de la photographie durant 30 ans à Paris avec des expositions permettant de découvrir des démarches et des auteurs. La fermeture du lieu est une perte pour Belleville, tant on aimait y faire un tour en passant avant ou après une ballade dans le parc. Une exposition, "Un soir j'ai assis la beauté sur mes genoux" présentée au Carré Baudouin rend hommage à ce mouvement et à cette aventure qui hélas à pris fin. C'est aussi un signal de détresse envers la capacité des photographes à vivre de leur activité, et l'exposition est aussi un manifeste politique en rappelant les difficultés présentes.

dimanche 29 mai 2016

Si loin, si proche... ces objets qui nous accompagnent...

Le musée d'ethnographie de Bordeaux dispose d'une collection unique, et les expositions temporaires visent à la valoriser à partir de sujet toujours originaux. En s'intéressant actuellement aux objets d'ailleurs qui habitent les intérieurs européens, notamment ceux des personnalités, artistes, intellectuels, hommes politiques... il s'agit de convier à s'interroger sur la manière dont se construisent les imaginaires sur l'ailleurs et sur l'altérité. Comment l'exotisme imprègne aussi de nouvelles créations par imprégnations, métissages, hybridations... L'exposition composée en trois parties : Cohabitation, Confrontation, Obsession...  avec principalement des photographies qui dévoilent des intérieurs souvent étonnants, de 1870 à nos jours. Même si les intérieurs actuels sont, il est vrai, moins présents. Une constance au travers des périodes : l'orient est la source principale d'inspiration.

samedi 28 mai 2016

Bienvenue en gare de Bordeaux !

Superbe installation d'échafaudages pour la rénovation de la gare de Bordeaux, impressionnante, un véritable Monumenta bordelais ! Une nuit blanche en plein jour ! Mais pourquoi personne n'a eu l'idée de faire signer ça comme oeuvre artistique ? Juste un concept à superposer et hop le tour est joué, que sais-je : l'antre du dragon laissant s'échapper la bête humaine ? Anti-Cosmopolis, la ville inversée ? La métaphore deleuzienne du réseau à l'heure ou communication et logistique fusionnent ? Néo-labyrinthe post-moderne ?  Zut, on peut bien échafauder quelques collages conceptuels, c'est bien le moins que l'on peut faire et ainsi faire d'une pierre deux coups, des grands travaux et des oeuvres en espace public à bon compte, un créneau porteur en temps de crise ! Mais que font le FRAC ou le CAPC ?

jeudi 26 mai 2016

Carambolages

L'exposition conçue par Jean-Hubert Martin au Grand Palais est, comme souvent chez ce commissaire, passionnante. En effet, Carambolages est une exposition en énigme, en rébus, le concept de l'accrochage réside dans le "bout de ficelle, selle de cheval", comme on dit. C'est très amusant : enfin une exposition amusante ! Une exposition-Jeu. Un principe fort intéressant conduit à ne pas placer le systématique cartel sous chaque oeuvre et de les réunir tous de manière numérique en fin de chaque travée. Le public est intrigué, s'interroge, il est même conduit à échanger, à s'étonner de concert. Le regard est aiguisé, chacun cherche à reconnaitre ce qui est donné à voir, - et l'exposition devient un quizz géant -, le visiteur formule des hypothèses avant d'aller vérifier son choix sur l'écran. De très beaux objets deviennent ainsi de véritables mystères, on les regarde autrement, avec plus d'attention qu'à l'ordinaire. Les rapprochements sont parfois osés, et produisent des effets détonnants. Bref, un bel exercice muséographique, qui assume le divertissement comme mode d'accès au savoir, qui fera date dans la mémoire des expositions.

mercredi 25 mai 2016

Museo della follia

Intéressante exposition présentée actuellement au Château Ursino de Catane en Sicile sur les productions artistiques issues de personnes incarcérées en milieu psychiatrique. Intitulé le Museo della follia, il ne s'agit pas en réalité d'un musée mais d'une exposition itinérante présentée dans de grandes villes d'Italie, à Matera, à Venise, à Milan etc. Si les premières peintures présentées sont assez disparates en intérêt beaucoup d'autres productions sont passionnantes, émouvantes et mêmes drôles. La manière de présenter l'exposition au sein des collections permanentes du Castello Ursino est étrange mais produit des effets incongrus intéressants. A voir jusqu'en octobre.

lundi 23 mai 2016

Napoleon à St Hélène : la conquête de l'ennui

Saviez-vous que Napoléon mangeait dans des assiettes, dormait dans un lit et même disposait de fauteuils, de table et d'un mobilier, même lorsqu'il était détenu à Sainte Hélène ? Si ce n'est pas le cas, courrez vite aux Invalides voir l'exposition temporaire : Napoléon à St Hélène : la conquête de la mémoire. Nous demeurons toujours dubitatif sur ces expositions d'objets qui semblent vouloir prouver l'histoire au travers de quelques reliques. A quoi cela sert-il de conserver, voire même de restaurer des objets à grands frais parce que cela alimente le culte d'une personnalité, au demeurant sulfureuse par ses actions ? Est-ce vraiment indispensable d'investir de l'argent pour reconstituer virtuellement sa cuisine, sa chambre à coucher et son salon ? A part nous signifier que l'on célèbre avec d'autant plus de passion ce despote que cela évite de s'intéresser à des personnages porteurs de davantage de subversion : ceux qui ont fait la Révolution sans la travestir ensuite.

samedi 21 mai 2016

Empires en pire

Impressionnante installation, comme toujours de Monumenta, avec Huang Yong Ping, mais au final assez décevante, car si l'effet visuel est certain, la note trop kitsch du bicorne napoléonien, symbolique de la puissance fragile du pouvoir, vient contredire la simplicité de l'ensemble, un monstre mi-marin mi-terrestre qui bouscule et désorganise les alignements bien rangés d'une économie mondialisée. Les conteneurs débarqués avec la grue du port sous la voute du Grand Palais sont aussi incongrus que détonnants, mais déclenche surtout des remarques chez le public sur les efforts déployés et le coût d'une telle opération pour un effet somme toute peu marquant. Bref, si l'impression est mitigée, ce n'est pas parce que l'on aimerait à l'instar de Philippe Dagen dans Le Monde des expositions aussi ennuyeuses et moches que celle des Kabakov en 2014 pour bien démontrer son appartenance aux initiés, mais parce que ce grand déploiement laisse un peu indifférent.

jeudi 19 mai 2016

Drôle de jardin d'orient

L'Institut du Monde Arabe propose une exposition sur Les Jardins d'Orient qui est un bien beau sujet et dont on peut attendre beaucoup de douceurs, de poésie et d'émerveillements. La promesse est partiellement tenue puisque les objets sont beaux, les dessins, calligraphies et oeuvres délicieuses, mais il manque l'enchantement d'une exposition qui surprendrait. Certes, le simili jardin reconstitué sur l'esplanade vise à apporter un plus, mais demeure un peu maigrelet et trop sage pour emporter l'adhésion. L'impression qui se dégage de l'ensemble est un manque de moyens, si la scénographie de l'exposition précédente est avantageusement recyclée, il y manque un peu d'envolée. Sur le site internet, des questions intéressantes sont posées : sur l'origine de la tulipe, sur le fait que le jardin et le paradis sont synonymes, et que le parc est une invention récente en Orient... mais la visite de l''exposition semble en revanche bien sage. La fin de l'exposition par exemple sur les effets du réchauffement climatique demeure bien allusif, alors que le sujet est certainement passionnant... Mais bon le public peut contempler des oeuvres,  il s'en trouve sans doute heureux.

mardi 17 mai 2016

Pietro Ruffo : une brève histoire du reste du monde

Nous avons découvert avec bonheur l'artiste italien Pietro Ruffo à la fondation Puglisi cosentino, au Palazzo Vale de Catane en Sicile. Très belle exposition qui interroge par des cartographies de l'imaginaire les territoires de l'ailleurs. Epinglé, comme des mouches ou des papillons dans une collection d'entomologiste, l'artiste souligne les espaces de liberté que l'on peut investir, par une symbolique libellule découpée et prête à s'envoler de cartes revisitées. Evoquant Magellan, et ces explorateurs découvrant des territoires aussi lointains qu'imaginaires et qui en arpentant le globe ont su mêler les approches les plus scientifiques du relevé des côtes et des rivières aux dessins d'un bestiaire endiablé en guise d'accompagnateurs inquiétants. Pietro Ruffo inspire, et par quelques  relevés photographiques, développe les relevés pour tracer des ambiances et des contours sujets à nos appréciations poétiques, si ce n'est politiques lorsqu'il s'agit de parler des territoires occupées. Ses calques remplis de lumière, ses collections étranges de découpages savants et même son avion de la conquête aéronautique recouvert de milliers de fragments de vent et de poussière nous emportent. Un beau travail.

lundi 11 avril 2016

Ils et elles sont parties en stage...

Cette année encore, les mastériens et les mastériennes du Master Expographie Muséographie ont de beaux stages. Ils et elles sont parties dans toute la France, et même en Italie, aux Etats-Unis et en Belgique ! Sur les quinze étudiant.e.s de Master 2 et les treize de Master 1, on peut citer des stages au Musée d'art et d'industrie de St Etienne, au musée atelier du chapeau de Chazelles, dans une agence de scénographie à Bologne, au musée du Louvre, au Pole Image Haute Normandie à Rouen, au musée des douanes de Bordeaux, au Centre Pompidou Metz, à l'Agence Abaque, au musée Carnavalet, à l'Association des conservateurs du Nord Pas-de-Calais, au PASS à Mons, au Festival de Lecture, à La Manufacture de Roubaix, au Musée d'Ethnographie de Neuchâtel, à l'association Signe de Sens, à la National Gallery à Washington, au Musée d’Epernay, au Forum des sciences, au Fresnoy, à la Cité des Sciences, dans l'entreprise Cartier, au musée des beaux arts d’Arras, au musée de Deauville, à Universciences, au musée de Bretagne à Rennes, au Museon Arlaten, à la Fondation Cartier, à Art et Marges à Bruxelles... Bons stages à toutes et tous !

vendredi 8 avril 2016

Sciences extraordinaires : de Jules Verne aux mondes de demain

L'exposition Sciences extraordinaires présentée au CCSTI de Capelle-la-Grande, le PLUS, vise à montrer la science comme objet de désir et de rêves, à la manière dont Jules Verne à présenté les sciences à son époque. En reprenant les thèmes récurrents chez Jules Verne, le groupe tuteuré du Master MEM, qui a conçu le programme muséographique a fait le pari d'inviter les scientifiques de notre temps à exprimer d'une certaine manière des notes d'espoir en la science ! Les manips sont inventives et permettent de découvrir d'étonnantes perspectives. La scénographie de Scénorama est d'une belle expression et promet à cette exposition conçue pour être itinérante de multiplier ses publics.

mercredi 6 avril 2016

Mission H : Etre Humain = vivre ensemble !

Ca y est , c'est partit ! Les Petits débrouillards vont faire circuler l'exposition itinérante et de sensibilisation contre le racisme et pour la diversité, imaginé à la demande de la Fondation Thuram et pour lequel le Master Expographie Muséographie a collaboré. Issu d'un projet tuteuré, trois manips sur les douze ont été conçues par un groupe dans le cadre du master. Dupliqué en cinq exemplaires, l'exposition va circuler dans toute la France auprès des jeunes publics pour servir de support d'animation et de débats. Une soirée de lancement à Paris à inauguré ce bel et nécessaire outil.
Voir une vidéo de présentation :
missionH.mp4

lundi 4 avril 2016

Pour un matérialisme de l'archéologie des sens

Avec Matérialité de l'invisible, le 104 s'associe à l'INRAP pour des propositions artistiques sur le thème de l'archéologie. Assez inégales, les installations offrent toutefois de belles situations. Ainsi dix artistes participent à exprimer des concepts et le plus souvent des perceptions sur la trace, la mémoire, l'histoire, les gestes, la fouille, l'environnement... Si nous avons apprécié particulièrement les installations de Agapanthe, alias Konné et Mulliez, qui attrapent leur monde avec du sucre, nous n'avons en revanche pas pu découvrir les installations de Johann Le Guillerm, puisqu'elles n'étaient pas accessibles, ceci sans qu'aucune information ne prévienne du reste le public en amont à la billetterie... Quand à Anish Kapoor, c'est une magnifique tornade que nous avions déjà admiré lors de l'exposition précédente ! José-Manuel Goncalves qui signe le commissariat offre ainsi une originale exploration par regards décalés d'une approche qui pour être scientifique n'est pas pour autant dénuée d'imaginaires et de poésies.

samedi 2 avril 2016

Un nouveau lieu pour la ville durable : La Halle aux sucres

L’exposition permanente de la Halle aux sucres à Dunkerque a ouvert et nous ne pouvons que nous réjouir de ce nouvel outil de sensibilisation à la ville durable. Les problématiques sont nombreuses et l’exposition permet une synthèse qui devra trouver ses prolongements désormais avec des animations, des actions participatives auprès de la population, en impliquant les acteurs du territoire. Bel écrin, les contenus pourront suivre l’actualité et être enrichis par les évolutions que l’on espère positives puisque les villes vont accueillir à l'avenir de plus en plus d’habitants sur le globe. Le Learning center, avec sa médiathèque, ses archives et ses salles de travail, est un très bel outil pour développer des projets, espace de coworking et d’invention de l’avenir, nous espérons qu’il contribuera aux changements urgents qui s’imposent dans nos modes de vie et pour nos sociétés. 

jeudi 24 mars 2016

L'Asymétrie des cartes

Le Grand Café à St Nazaire est un beau lieu qui propose régulièrement de très belles expositions. C'est le cas avec l'Asymétrie des cartes, même si certaines oeuvres demeurent complexes à aborder seul, et qu'une médiation est nécessaire pour les décrypter ! Le travail de Lawrence Abu Hamdan sur les méthodes criminalistiques d'analyse d'expression du langage pour évaluer la validité des demandes d'asiles laisse particulièrement songeur, de même que l'installation vidéo de Mark Boulos qui fait froid dans le dos. Deux mondes aussi débiles et barbares l'un que l'autre se font face, des croyants révérant la bourse de Chicago d'un côté, de l'autre des types laissés pour compte qui sombre dans la vengeance décérébré. La seconde partie de l'exposition est présentée au LIFE dans la base sous-marine et s'avère davantage documentaire, avec des vidéos comme autant d'histoires de vie de destins d'immigrés. A voir jusqu'au 10 avril.

lundi 21 mars 2016

Appel d'air : deuxième édition

Une fois de plus, me voici super fier de mes étudiantes, elles sont formidables ! Cette deuxième édition d'Appel d'Air, événementiel art contemporain en espace public au coeur d'Arras, a été un succès indéniable. Intime, participatif et éphémère, durant plus de 3 jours, la ville a été investi par onze artistes aussi remarquables que généreux, mais surtout les publics ont répondu présents, et il était touchant de voir une vraie démocratisation en acte, avec des habitants découvrant les oeuvres et s'intéressant, s'émerveillant grâce aussi aux médiations conduites par l'ensemble des étudiants du master. Beaucoup de travail, mais aussi beaucoup de plaisirs, et de merveilleux souvenirs. L'équipe Appel d'Air numéro 1 est venu au grand complet, de Lyon, de Paris, de Reims ou de Lille, c'était sympa. L'événement a été remarquable et le public y prend goût. Bravo à tous et merci aux partenaires. 
Vendredi, nous inaugurons le résultat d'un autre projet tuteuré au PLUS de Dunkerque. Nous en reparlerons. 

samedi 12 mars 2016

Tromelin, l'ile des esclaves oubliés


 Etonnante histoire, véritable scénario pour un film hollywoodien que les esclaves oubliés sur cette île perdue au bout du monde, qui survécurent de 1761 à 1776 et dont un passionné d'archéologie réscucite l'histoire. Croisant archives et missions de terrain, les preuves sont accumulées, permettant de reconstruire une fabuleuse histoire. L'INRAP et le musée du château des ducs de Bretagne se sont associés pour produire cette exposition qui voyagera certainement dans de nombreux sites dans les années à venir.
Notons la très belle astuce scénographique proposée par Pascal Payeur pour répondre à la commande d'une itinérance dans des lieux aux surfaces variables. Des coffres de voyage socle qui permettent de faire voyager des panneaux d'exposition, que l'on peut présenter à l'horizontale ou à la verticale selon les configurations. Les textes de l'exposition sont d'une belle et agréable facture, efficaces pour la compréhension du récit, et un petit journal à emporter complète avantageusement le dispositif. A voir avant le 30 avril et ensuite en itinérance.

vendredi 11 mars 2016

Tous à Cherbourg !

Le musée d'art de Cherbourg , le musée Thomas-Henry, était en chantier de rénovation et a depuis quelques années conduit des actions assez drôles et efficaces en hors les murs. D'abord en placardant des reproductions d'oeuvres dans la ville, après des choix participatifs fait par exemple avec les maisons de retraite, les associations de quartier, etc.
Pour la réouverture prévue le 18 mars prochain, un petit clip est proposé, à la manière de ce qu'avait fait le musée de Boston ou le Rijkmuseum pour leur réouverture. On voit que les musées changent de style et d'image, pour notre plus grand bonheur, l'humour entre et sort du musée pour irriguer la ville !



jeudi 3 mars 2016

Les Savanturiers

Découvrir la manière dont les collections d'un muséum se sont constituées depuis l'origine du lieu, les personnalités qui ont permis d’enrichir les collections, et le faire au travers d’une découverte de l’histoire des sciences replacée dans le contexte historique et sociologique, comprendre l’organisation et la construction des collections d’un muséum, voilà ce que propose l’exposition Les Savanturiers, au Muséum de Toulouse, ceci de manière ludique et décalée en invoquant l’univers de Jules Vernes. Belle exposition, fort sympathique, avec des dispositifs amusants, que ce soit audiovisuels ou interactifs. Un dispositif participatif est également proposé au public pour l'inviter à apporter des objets témoins pour les futures générations. Le prochain équipement de culture scientifique qui doit voir le jour à proximité du muséum dans les semaines qui viennent permettra à la ville et à la population de disposer de très beaux outils pour diffuser l’amour des sciences.  

dimanche 21 février 2016

La culture pour tous. Quelle solution ?

La question de la démocratisation se pose et se repose depuis que les politiques culturelles existent. Même si les mots ne sont pas les mêmes, depuis la création du ministère de la culture, les recherches pour élargir le spectre d'influence et permettre la démocratisation n'ont pas donné les résultats escomptés et la constatation d'une persistance des inégalités est un leitmotiv. Ce qui est nouveau c'est que depuis dix ans ce souci ne semble plus animer les convictions des acteurs de la culture et du monde politique. Il est donc salutaire que Jean-Michel Tobelem s'empare du sujet et propose de refaire le point. Redire que les inégalités sociales persistent, que les classes ouvrières en pâtissent singulièrement, que les classes populaires n'ont pas disparu du paysage national, et qu'il est possible d'imaginer de nouvelles solutions est indispensable. A l'heure d'une perte des valeurs, et notamment des valeurs de gauche qui fondaient l'action publique, ce petit ouvrage remet en perspective des questions fondamentales.

mercredi 17 février 2016

L'Artothèque, le projet exemplaire de Mons

Intelligent projet comme il en est peu, l’Artothéque de Mons, inauguré dans le cadre de Mons 2015, regroupe les collections du Pôle muséal de la ville, c’est-à-dire de l’ensemble des musées rassemblés en un seul, composé d’antennes. Outre la gestion rationnelle des collections, par matériaux par exemple, et l’outil formidable proposé, la réhabilitation et la réaffectation pour ce nouvel usage d’un bâtiment historique en déshérence, l’artothèque permet de jouer des transversalités et de conduire les institutions à un travail concerté et partagé. Une même équipe intervient sur les différents thèmes : mémoire, ethnographie, histoire, mémoriel, beaux arts, sans renier les compétences de chacun. Des médiations numériques performantes conçues par On Situ permettent au public de s'initier aux collections et un important centre de ressources complète le lieu. C’est un magnifique exemple à suivre pour toutes les collectivités en France. La ville de Montréal va aller chercher à Mons de l’inspiration, espérons que les français fassent de même pour imaginer de nouvelles réserves mutualisées sur le territoire.
Signalons l'article de Xavier Rolland dans l'avant-dernière Lettre de l'OCIM qui présente en détail la démarche. 

samedi 13 février 2016

La petite boite à Chagall

Joli et délicieux travail réalisé par le service culturel de la Philarmonie pour l’exposition en relation avec Marc Chagall et la musique. Exposition pour enfants présentée dans l’ancien espace d’exposition temporaire de la Cité de la musique, qui offrent de nombreuses manips et propositions ludiques permettant aux enfants d’expérimenter, de créer, de percevoir des aspects de l’oeuvre de Chagall et de son rapport aux instruments de musique. De très beaux multimédias, des idées ingénieuses, des animations sympathiques… Entendre un enfant de 6 ans chantonner l’air de la Reine de la nuit tout en dessinant, juste par imprégnation, a quelque chose de magique et d’inoubliable ! Les enfants ont jusqu’au 6 mars pour en profiter, et il serait souhaitable que l’espace puisse pérenniser le principe d’actions et d’expositions à destination de ce public. Bravo à la chargée de projet de cet espace car elle signe là un très beau travail et aux médiatrices qui le font vivre.

mardi 9 février 2016

Ceci n'est pas un portrait

Remarquable exposition présentée au musée des Augustins de Toulouse, avec Ceci n’est pas un portrait. Malicieux titre qui cache une exposition exemplaire : parce que l’exposition développe une thèse originale, simple, compréhensible, qui fait réfléchir le visiteur. Il y a derrière la représentation d’un homme ou d’une femme volonté de portrait ou bien recherche d’autre chose, par exemple de donner à voir un sentiment, une émotion, une symbolique, davantage qu’une personne précise. 
L'exposition est remarquable aussi parce que les textes sont clairs et bien organisés, que la scénographie développe un parcours en cohérence avec le contenu du programme muséographique, mais surtout que les médiations proposées sont remarquables. Cela fait plaisir de voir enfin une exposition d’art en France qui fasse preuve de l’inventivité que l’on connait au Victoria & Albert Museum par exemple. Est-ce que le co-commissariat de Axel Hémery, avec une chercheure anglaise, Mélissa Percival, qui rend possible ce qui est si rare ailleurs ? Le service culturel du musée des Augustins a réalisé ici un travail remarquable, aux multiples facettes. Les jeux s'adressent à tous, enfants, adultes ou publics en situation de handicaps, et pour cela sont efficaces. Dommage que cette exposition ne soit pas présentée ensuite dans d’autres établissements. 

samedi 6 février 2016

Lendemain chagrin

Ce n'est sans doute pas pour visiter l'exposition des 4 photographes taïwanais que la foule piétine des heures durant devant la MEP, la Maison Européenne de la Photographie à Paris, et pourtant cette petite exposition nous touche davantage que les portraits certes travaillés, mais un peu trash et people de Bettina Rheims. Yang Shun-fa, Hung Cheng-jen, Chen Po-i, Yao Jui-chung proposent des visions subjectives et très différentes de l'ile. Ainsi, le photographe YAO Jui Chung explore les ruines de Taiwan et Chen propose de curieuses présences fantomatiques accrochées aux rochers des plages... Car c'est sans doute une forme de mélancolie et de présences irréelles qui rassemblent les oeuvres forts différentes de ces quatre artistes. Les papiers froissés de Hung Cheng-jen sont très surprenants, puisqu'ils font l'effet d'une vitre brisée sur le paysage, pour ré-inventer la photographie en relief.

mercredi 3 février 2016

Bénéfices de guerre, guère de bénéfices ?

Intéressante exposition au Musée d’art et d’industrie de Saint Etienne pour aborder les commémorations de la première guerre mondiale, qui le fait en interrogeant la participation stéphanoise à l’effort de guerre. Bassin de production ancestrale d’armes et d’outillages militaires, Saint Etienne a évidemment été aux premières loges pour accompagner les horreurs que l’on sait. En proposant aux visiteurs de suivre l’exposition au travers de portraits et par conséquent d’histoires individuelles, le musée suit une veine utilisée autrement dans d’autres lieux de guerre : In Flanders Fields à Ypres ou le musée de l’Holocauste de Washington. En le faisant avec des moyens plus modestes et plus classiques, le musée de St Etienne parvient à humaniser un sujet qui demeure sinon aride et inhumain.

mardi 12 janvier 2016

Le Doudou comme si vous n'y étiez pas

Le musée du Doudou (qui est plutôt un centre d’interprétation) prend place dans l’ancien crédit municipal de Mons, et met en scène la Ducasse, combat de St Georges et du dragon, rituel fondateur qui ponctue chaque année  la vie montoise. Il y est évoqué aussi les formes récurrentes de par le monde avec des animaux féériques similaires complétés d'interprétations de spécialistes. On regrettera toutefois que le sujet ne soit traité que de manière superficielle et que ce lieu qui est d’abord un produit touristique soit aussi mal conçu que peu convaincant sur sa forme. Le parcours est typique d’une démarche d’historien qui pense chronologie plutôt que de penser au public, alors que celui-ci voudrait participer de la foule et de ses convulsions avant que de s’intéresser aux questions religieuses qui justifient la fête. L’approche sociologique est absente, ainsi la population pourtant actrice de la fête n’est pas interrogée et l’on ne développe aucunement la manière dont les choses se préparent. La vision est celle d’un dépliant touristique. La scénographie de Tempora est aussi lourde et indigente que peu soignée dans son exécution. Des manips prétextes ne sont guère convaincantes et les textes aussi ennuyeux que leur graphisme est rébarbatif. Bref, il est bien dommage d’avoir loupé un si beau sujet. 

lundi 11 janvier 2016

Mapping Knowledge

L’exposition Mapping Knowledge présentée jusqu’au 29 mai 2016 au Mundaneum à Mons s’intéresse à la catégorisation, à la collecte des données et à ses représentations visuelles. Depuis la cartographie du XVIème siècle jusqu’aux créations contemporaines puisque les artistes déclinent désormais également des propositions de mise en ordre du monde. Ce sont évidemment les fondateurs de ce Google de papier, comme est surnommé désormais le lieu, Paul Otlet & Henri La Fontaine qui sont au coeur de la démonstration. Leurs efforts de classement et de rationalisation demeurent exemplaires. Les schématisations et modélisations qu’ils produisent alors sont impressionnantes, notamment cette carte de l’industrie de la guerre des années 30 qui mériterait d’être produite à nouveau aujourd’hui. Si la scénographie de l’exposition n’est pas extraordinaire, le contenu est lui assez étonnant. On pourra poursuivre la réflexion prochainement avec l’exposition sur le big data qui se prépare à la Cité des sciences pour la fin d’année. 

mardi 5 janvier 2016

Bonne nouvelle pour démarrer l'année

C'est enfin officiel, le  Louvre Lens accueillera un nouveau directeur ou une nouvelle directrice, voilà qui permettra peut-être une véritable renaissance pour l'institution et surtout un nouvel élan dans sa relation au territoire. Espérons que la sensibilité au public ne sera pas feinte et rêvons même que l'on trouve un directeur sensible à l'action culturelle, il en existe, même s'ils ne sont pas légions dans les cohortes que forment l'Institut National du Patrimoine. A l'heure où les extrémismes gagnent de partout, où le territoire du bassin minier a connu des résultats détonnants aux dernières élections, il serait temps de s'interroger sur le sens de la culture, de ceux à qui elle s'adresse, pour ne pas cliver davantage et ne pas poursuivre dans les impasses engagées jusque-là. Qu'on s'en souvienne, le 104 a connu des débuts catastrophiques avant que de se ressaisir et de devenir le succès que l'on sait, espérons que le Louvre Lens connaisse le même sort.

lundi 4 janvier 2016

Une brève histoire de l'avenir

Une brève histoire de l’avenir, l’exposition présentée au Louvre est tirée de l’ouvrage de Jacques Attali, et elle est à son image, très belle prose dans une belle scénographie, avec de belles oeuvres, mais assez insipide dans son propos. Les liens entre les oeuvres ne coulent pas de source pour le visiteur n'en déplaise à l'analyste. Cependant que le Louvre fasse des expositions thématiques, avec un discours, même simple, est déjà pas si mal. Et le mélange d’expôts venus de tous horizons montre le chemin parcouru depuis l’exposition Les Magiciens de la terre. Alors que Le Pavillon des Sessions faisait encore débat quand il s’agissait de montrer de l’art africain au Louvre, c’est à présent normal, comme en atteste également La Petite Galerie. Cette exposition est donc une nouvelle étape, qui vient confirmer une tendance déjà à l’oeuvre dans l’exposition de Le Clezio, Les Musées sont des mondes, vue il y a quelques années. L'art contemporain y est bien intégré et assez stimulant. 

dimanche 3 janvier 2016

La Fabrique des Héros

L’exposition réalisée par Chloé Colpé pour accompagner la démarche Wajdi Mouawad s’avère intéressante pour rendre compte d’une expérience singulière. 50 adolescents ont participé durant cinq années durant à des camps de vacances aux cinq coins du monde pour grandir ensemble, c’est-à-dire en développant leur sens critique et leur éveil au monde. Chloé Colpé a de son côté réalisé des interviews de dix jeunes belges participants au dispositif pour les voir grandir. Une réflexion sur l’adolescence est ainsi proposée à travers de séquences vidéos, avec les surprises des tours et des détours que la construction de soi induit. Sous le titre de La Fabrique des héros, l’exposition présentée aux Abattoirs dans le cadre de Mons 2015 est aussi une explication des phases récurrentes de l'adolescence. Même si l’introduction de l’exposition et la mise en relation entre la démarche conduite par l’artiste et  celle qui l’accompagne par la sociologue n’est pas toujours très explicite et compréhensible. 

vendredi 1 janvier 2016

Verlaine, Cellule 252

Une belle année qui commence, car même si Mons 2015 se termine, de beaux lieux et de très belles expositions sont encore visibles ! C'est le cas notamment de la magnifique exposition Verlaine, Cellule 252, présentée au BAM de Mons. Cette exposition résulte d’un travail minutieux sur le fond et d’une parfaite adéquation sur la forme. Exemple magnifique d’une alchimie rare entre la scénographie signée par l’Agence Kascen et la muséographie. Notons aussi le travail très précis et original du graphisme qui donne beaucoup de force et de présence à l’exposition. Les étapes sont écrits avec talent et style, tout en demeurant lisible et compréhensible. Le visiteur est conduit en douze étapes à découvrir le poète, sa vie  et son oeuvre. C’est un très bel exemple d’exposition réussie, sur un sujet pourtant peu simple, puisque ce sont principalement des manuscrits et des ouvrages qui sont présentés. On découvre des choses surprenantes, comme la recherche d’une prison modèle au XIXème avec des expérimentations étranges. Il faut se précipiter à Mons pour visiter l’exposition avant de se rendre en 2016 à Charleville voir le nouveau musée Rimbaud.  

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