CayVpNAT7ml2gRzbwqbd/1MvPCt81BAtirczG/NTy3s= MuséoGraphie-MuséoLogie: novembre 2012
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vendredi 30 novembre 2012

Plonk et Replonk se plankent au musée de la poste

Ballade urbaine au musée de la poste avec cette nouvelle exposition de Street Art. Intitulée Au-delà du Street art, elle découpe dans le réel de la ville des tableaux qu'elle emporte dans la galerie d'exposition. Peut-être est-ce pour cette raison qu'il est interdit de photographier dans l'exposition ? Car il est pour le moins paradoxal de pouvoir photographier une "oeuvre" de Miss.Tic ou de Invader dans la rue, d'en regarder à profusion sur internet mais de ne pas pouvoir dégainer son appareil sous prétexte que nous sommes au musée ! Il est où l'espace public ? ! Bref, peu importe, l'exposition est toute en contraste, montrant les travaux les plus classiques depuis Ernest Pignon-Ernest jusqu'à Banksy pour les plus connus. De belles découvertes aussi...

Puisqu'il n'est pas possible de montrer l'exposition temporaire, signalons surtout les ingénieuses interventions de Plonk et Replonk dans les collections permanentes du musée. Ce musée trop peu connu, mérite pourtant davantage de renommée, tant son approche comme musée de société est originale. Bien que la rénovation du lieu soit en marche, les présentations demeurent attractives et des interactifs souvent originaux sont présents. L'idée de l'invitation des deux humoristes est ingénieuse, elle permet un second degré qui sied parfaitement à la collection. Même si l'on peut regretter que les interventions soient restées dans le genre déjà connu de la carte postale - ce qui va évidemment bien dans le ton du musée - et que Plonk et Replonk n'aient pas davantage présentés des objets décalés et des petites installations comme cette Gastéropostale. Mais on se régalera avec les six petits films à la fin...

jeudi 29 novembre 2012

Dieu(x) suite...

Voilà qu'après Bruxelles, Madrid, Ottawa, Québec..., l'exposition arrive à Paris où elle est présentée au Petit Palais. Dieu(x), mode d'emploi refait parler d'elle ! Nous l'avions vu à Québec au musée de la civilisation et nous en avions fait une critique en mai 2011 sur ce blog, disant combien elle était convenue et lisse. Noémie Drouguet avait signé un article très critique après l'avoir vue à Bruxelles, y dénonçant les idéologies qu'elle contenait. Et bien ce n'est pas du tout la même exposition qui est aujourd'hui présentée à Paris ! Comme quoi, il faut se méfier des expositions itinérantes. Car l'exposition montée à Paris est tout à fait honorable et même très belle. Non seulement les objets de collection y sont magnifiques, et l'on y voit des créations contemporaines remarquables, dans une scénographie soignée, mais le propos est moins convenu et plus ouvert. En mettant en regard les religions de cette façon, l'exposition permet de développer un discours relativiste qui lamine de ce fait tout prosélytisme. Certes, on peut regretter que les abus et les effets abrutissants des religions ne soient pas davantage dénoncés, mais malgré tout, le fait de les mettre sur un même plan a pour effet de les rendre toutes aussi ineptes, ce de manière malicieuse, et c'est peut être le plus efficace au bout du compte. En ces temps d'inflations intégristes, insistons sur l'urgence qu'il y a à dépasser les lectures simplistes du monde, unilatérales, et si cette exposition peut y contribuer, nous ne pouvons que nous en réjouir.

mercredi 28 novembre 2012

AJAP 2012

Scénographie originale pour cette exposition présentée à la Cité de l'architecture de l'AJAP 2012 : Association des Jeunes Architectes et Paysagistes. Même si on pourra déplorer une présentation un peu caricaturale des architectes où la forme semble plus compter que le fond..., cependant les propositions sont amusantes. Placés sur des panneaux roulants, les textes et l'iconographie de l'exposition apparaissent et disparaissent, puisque les panneaux sont cadencés et le temps de lecture est ainsi minuté. Cela provoque un léger stress chez le visiteur lorsqu'il entre vraiment dans un propos qu'il sait voir disparaitre quelques minutes plus tard ! Les jeunes talents se mettent en scène de façon originale au travers de petits films dont certains sont assez éloignés des projets, mais qui entendent transmettre un esprit et un rapport aux projets. Plus loin, des fiches absolument irregardables flottent dans l'espace dans un très bel effet visuel, et tant pis pour l'information qu'elles comportent ! Bref, on a un peu l'impression que les architectes se caricaturent eux-mêmes ! Mais ne boudons pas notre plaisir l'exposition est plaisante parce que l'on y découvre la jeune création et des projets contemporains.
Pour les amateurs d'histoire, on pourra voir à proximité l'exposition Labrouste, dans une scénographie moins convaincante de Manuelle Gautrand, et une exposition de photographies assez étranges de Chantal Stoman, dont on ne peut pas dire que les clichés soient beaux, mais qu'ils dégagent une impression étrange sur les villes traversées depuis l'autoroute. La présentation y est aussi intéressante.

samedi 24 novembre 2012

Cheveux chéris. Frivolités et trophées

Quelle drôle d'exposition, quelle exposition bizarre ! A partir d'un sujet futile, dont on croit d'abord qu'il a pour ambition de venir en aide une fois encore à L'Oréal (puisque Universciences ne peut pas décemment le faire en permanence), en réalité le Quai Branly arrive à nous faire frissonner et ressortir très dubitatif. Cela commence par une entrée d'exposition (au demeurant très belle) où bustes blancs et noirs se regardent en chiens de faïence, et si quelqu'un a compris cette symbolique pour le propos de l'exposition, nous sommes preneurs de l'explication... Ensuite on se délecte de sujets et d'objets plus ou moins légers et délicats (les frivolités) avant que de se faire assommer une première fois par la perte des cheveux et par un film choc balancé en plein écran sans aucune prévention. Et puis une fin d'exposition qui semble avoir été conçue pour un autre sujet... Car on dépasse largement la seule question des trophées, pour finir en queue de poisson... Cela fait sensation et peut-être est-ce là l'effet recherché pour faire recette ? Mais n'en dévoilons pas trop, on ressent surtout un peu d'énervement à voir un musée d'ethnologie passer une fois de plus à côté des problématiques contemporaines : car si il y a un sujet sur lequel on peut porter son analyse de l'interculturel, c'est bien celui là, alors que les asiatiques se teignent en blonde et que les femmes africaines se font défriser... Mais de cela pas un mot dans l'exposition... 

mercredi 14 novembre 2012

Bêtes de sexe

Exposition itinérante conçue par le muséum de Londres, et présentée au Palais de la découverte, où l'on ressent sous-jacente l'approche socio-biologiste anglo-saxonne, même si le trait n'est pas appuyé. Toutefois, le glissement de la dernière salle qui conduit à passer de la sexualité animale aux questionnements sur les humains est quelque-peu discutable. De plus on passe d'une approche sur les sexualités à des dimensions qui concernent davantage la séduction et la construction sociale du couple... Car même si Bêtes de sexe est sous-titrée La séduction dans le monde animal, c'est largement la question sexuelle qui est investie dans le parcours. Une des questions posées à la fin au visiteur est si alambiquée que nous parions que la moitié des personnes la comprennent de travers : "L'amour sans sexe vaut-il mieux que le sexe sans amour ?" Ce à quoi une majorité de visiteurs répond non... En ces temps d'hystéries intégristes anti-mariage pour tous, les cathos apprécieront l'évolution !
Les niveaux de texte et le graphisme de l'exposition ne sont pas toujours convaincants, cependant, les audiovisuels sont magnifiques et pas seulement ceux ingénieux d'Isabella Rosselini. Mais notre objet préféré, ce sont ces bois de cerfs inextricables qui valurent à leur porteur rivaux de devenir inséparables dans la mort ! Belle symbolique de la connerie du mâle, et l'on ne peut pas s'empêcher de penser au tiers qui a du bien rigoler en s'envoyant en l'air ! Bref, inévitable anthropomorphisme... Les spécimens présentés sont en effet étonnants, et nous ne savions pas que l'Angleterre victorienne avait ainsi naturalisés tous ces animaux en plein coït ! Il est bien que de pareilles expositions puissent avoir lieu, quel chemin parcouru en un siècle !

lundi 5 novembre 2012

Cas Oorthuys

Riche idée, assez simple au demeurant, mais à laquelle il fallait penser, que d'accompagner une exposition de photographies de témoignages audio. Le Bruxelles de l'après-guerre est ainsi documenté par des récits de vie, souvent amusants et qui viennent prolonger efficacement les clichés de cet artiste néerlandais, Cas Oorthuys. Certes, les récits sont souvent trop longs et une sélection plus rigoureuse aurait permis à l'exposition de gagner en force, mais chacun vient picorer ce qui lui convient. Ainsi, il n'y a véritablement aucune visite qui ressemble à une autre. Le système d'audioguide transforme cependant la visite qui pourrait être conviviale en visite solitaire, c'est là le seul regret.
On reverra aussi avec amusement au même étage du musée de la ville de Bruxelles la collection liée au Manneken-Pis, du kitsch assuré !

Sur Cas Oorthuys.

samedi 3 novembre 2012

Adel Abdessemed Je suis innocent

Avions tressés comme des guimauves au coeur du Centre Pompidou, mais aussi cercles de lames acérées, série de christs en fil de fer barbelés (est-ce là un blasphème ?...) ou encore performance co itale comme aux plus belles heures de la contre-culture, mais ici en vidéo, voitures moulées, Adel Abdessemed dans son exposition Je suis innocent, propose sans hésiter des images chocs et souvent dérangeantes. Comment aborder par exemple ce tableau de chasse d'un genre si curieux, entre collage surréaliste et compression à la César ? La violence et la cruauté de notre civilisation s'y exprime et rend mal à l'aise. Nous ne sommes pas toujours convaincus par les soit-disants rapprochements avec les oeuvres classiques affirmés par la présentation de l'exposition, mais peu importe, les oeuvres n'ont pas besoin de trouver une justification, même si elles sont parfois assez énigmatiques à interpréter, ce qui participe de leur mystère. 

jeudi 1 novembre 2012

Terres cuites, Hommes du cru

Curieuse petite exposition, fort sympathique présentée à la Chapelle St Pry par le musée d'ethnologie régionale de Béthune. Les très beaux bustes de Louis Delaville, mais aussi ses personnages historiques, mythologiques, ses oeuvres religieuses ou encore ses figures allégoriques, sont mis en regard de créations contemporaines signées par François Dufour. A défaut de l'esthétique, les deux approches partagent les mêmes techniques et c'est ce contraste qui est intéressant et fait ressortir l'un par l'autre. Une même satyre sociale anime les deux approches à deux siècles de distance. Delaville a travaillé à Lens, Dufour est né à Valenciennes, le musée de Béthune leur rend hommage dans une petite exposition soignée et de belle tenue.

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